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un regard sur le monde

Archive for janvier 2011

HADOPI, un modèle orwellien pour contrer l’économie sociale ?

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Je remarque souvent que l’on fait désormais moins d’efforts pour assurer la sécurité des personnes que l’on est en train d’en faire pour surveiller le téléchargement. Il semble que les trafics de nos banlieues intéressent moins de gens que le téléchargement de la musique de Justin Bieber. Comment en est-on arrivé là ?
Le sens de l’économie est de tout faire rentrer dans le domaine du marché, en privatisant l’eau, l’air, la santé. Avec le téléchargement, on a assisté au phénomène inverse, car l’échange, le troc, le SEL, se sont substitué à l’économie marchande. Une atteinte à la règle de l’extension du champ du commerce en quelque sorte. Le troc de fichiers sur le net, comme on le ferait dans certaines organisations sociales, où chacun vide son grenier et échange ses objets, s’est avéré plus efficace que les systèmes marchands. Personne n’a réussi à mettre en place un dispositif de VOD aussi efficace que celui du peer-to-peer. D’une part les dispositifs offerts sont peu pratiques, on le voit lorsque l’on essaie de télécharger un documentaire de l’INA,mais en plus le prix élevé montre bien que le marché n’a pas été compris. Il n’est pas possible de maintenir des prix aussi élevés, des systèmes aussi contraignants, alors que la dématérialisation est totale. La plupart des gens visionnent les films sur leur ordinateur, ils ne sont pas prêts à payer un prix aussi élevé qu’au cinéma pour une consommation de plus basse qualité, destinée aux connaisseurs qui visionnent différemment d’un simple spectateur passif. On revient en arrière, on avance, on parcourt, ou alors on ne visualise qu’une partie du film qui nous a marqué. On revoit des vieux films, passés à la télé, mais en en conservant la possibilité de les voir quand on le souhaite. C’est donc la disponibilité, la simplicité, la modicité des prix, la quantité, que l’économie sociale du peer-to-peer permet. La privé ne parvient pas à cette efficacité d’un « marché » qui s’installe spontanément, par le service mutuel. Il y a une sorte d’escroquerie de la part des artistes de croire que la video peut rester un pont d’or, et qu’un système orwellien, destiné à cadrer toute la société, véritable police secrète, va pouvoir être moralement accepté par la jeunesse. Autrefois on se prêtait les livres, les disques que l’on enregistrait sur des cassettes au prix raisonnable. Qui pourrait imaginer que l’on pourrait trouver quelque part le pouvoir d’achat permettant de transformer tout téléchargement en paiement plein pot ? qui peut croire à cette fable ? Il est étonnant de constater la disproportion des moyens utilisés, alors que l’on supprime des enseignants dans le primaire, est-ce vraiment une allocation optimale des finances publiques ? Il y a un choix de société significatif et marquant, que l’on ne manquera pas d’analyser avec recul un jour. On a une ressource abondante comme l’air, on ne pourra obliger les gens à porter un masque. Si l’on ne développe pas une offre adaptée, permettant une large diffusion des œuvres et leur rémunération, je ne pense pas que l’on puisse continuer ainsi avec un tel outil qui consiste à effectuer des écoutes sans couverture légale claire. C’est peut-être aussi le modèle économique de l’œuvre qui n’est pas viable, et qui peut-être ne l’a jamais été sans mécène public ou privé.

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30 janvier 2011 at 17:16

Pascal Aubry interprète les lacs du Connemara

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J’aime ces gens qui tentent l’expression sur le net

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29 janvier 2011 at 11:26

L’avenir d’Argenteuil réside-t-il dans l’organisation de pèlerinages ?

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Je me suis souvent demandé pourquoi les gens n’utilisaient pas davantage le net et surtout youtube pour faire passer leurs messages. Je trouve, en recherchant Argenteuil sur youtube, au milieu de centaines d’annonces immobilières, le message de ce politicien démocrate-chrétien, formateur en ressources humaines. Le décor est un peu foutraque, mais peut-être veut-il expliquer qu’il travaille, lui, pendant que la municipalité de gauche organise des fêtes dispendieuses ?

Très drôle cette idée m’aussi traversé l’esprit, je pense à la Ricamarie près de Saint-Etienne, une jeune fille pensait y voir la vierge et les italiens commençaient d’organiser d’immenses pèlerinages. On pense aussi au péplum « la tunique », on pourrait aussi imaginer un roman de Dan Brown passant par Argenteuil.

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29 janvier 2011 at 10:52

Raymond Boudon se trompe-t-il en analysant l’ancien régime et la révolution de Tocqueville ?

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l’ancien régime et la révolution

S’il est un livre à lire et à relire, c’est bien celui-ci. Il est fascinant par la capacité de Tocqueville à analyser les erreurs d’une classe sociale, l’ancienne noblesse, qui perdit son caractère aristocratique, en cessant d’occuper les fonctions qui étaient les siennes, et en perdant tout contact avec le peuple qu’elle dirigeait. Ayant perdu ce pouvoir, elle devint plus pesante, et moins acceptée. Tocqueville possède une clarté d’expression extraordinaire, il peut exprimer en une phrase ce que d’autres ne diraient pas en un livre.
« Du moment où l’impôt avait pour objet, non d’atteindre les plus capables de le payer, mais les plus incapables de s’en défendre, on devait être amené à cette conséquence monstrueuse de l’épargner au riche et d’en charger le pauvre ».
« Quand les différentes classes qui partageaient la société de l’ancienne France rentrèrent en contact, il y a soixante ans, après avoir été isolées si longtemps par tant de barrières, elles ne se touchèrent d’abord que par leurs endroits douloureux, et ne se retrouvèrent que pour s’entre-déchirer »

Je me demande si Raymond Boudon n’a pas commis un contresens sur l’interprétation de Tocqueville qu’il fait dans « Tocqueville aujourd’hui »., puisqu’il explique notamment que Tocqueville pratique comme lui l’individualisme méthodologique, c’est à dire explique les mouvements de masse par la conjonction des comportements individuels rationnels, et refuse l’explication par les structures, alors que Tocqueville emploie à de nombreuses reprises le mot « classes » :
« On peut m’opposer sans doute des individus ; je parle des classes, elles seules doivent occuper l’histoire ».

De même il voit en Tocqueville un libéral qui critique le pouvoir des fonctionnaires, alors qu’il me semble critiquer davantage la centralisation et le fait que l’action des fonctionnaires n’a pas de lien avec un pouvoir légitime (ce qui rapproche Tocqueville de Rosanvallon). Par ailleurs, il reprend l’expression de fonctionnaire de Tocqueville avec un sens anachronique.  Je trouve l’analyse de Tocqueville plus impressionnante que celle de François Furet, dont je me demande si elle franchira le temps. D’abord Tocqueville parle sinon de mémoire d’homme ,  du moins de sa mémoire familiale, car il est né  au début du XIXème siècle et a pu bénéficier d’une mémoire orale sur les événements, et je trouve chacune de ses interventions tellement plus percutante .

« Si l’on fait attention que la noblesse, après avoir perdu ses anciens droits politiques, et cessé, plus que cela ne s’était vu en aucun autre pays de l’Europe féodale, d’administrer et de conduire les habitants, avait néanmoins, non seulement conservé, mais beaucoup accru ses immunités pécuniaires et les avantages dont jouissaient individuellement ses membres; qu’en devenant une classe subordonnée elle était restée une classe privilégiée et fermée, de moins en moins, comme je l’ai dit d’ailleurs, une aristocratie, de plus en plus une caste, on ne s’étonnera plus que ses privilèges aient paru si inexplicables et si détestables aux Français, et qu’à sa vue l’envie démocratique se soit enflammée dans leur coeur à ce point qu’elle y brûle, encore. »

« Si l’on songe enfin que cette noblesse, séparée des classes moyennes, qu’elle avait repoussées de son sein, et du peuple, dont elle avait laissé échapper le coeur, était entièrement isolée au milieu de la nation, en apparence la tête d’une armée, en réalité un corps d’officiers sans soldats, on comprendra comment, après avoir été mille ans debout, elle ait pu être renversée dans l’espace d’une nuit. »

« Les fonctionnaires administratifs, presque tous bourgeois, forment déjà une classe qui a son esprit particulier, ses traditions, ses vertus, son honneur, son orgueil propre. C’est l’aristocratie de la société nouvelle, qui est déjà formée et vivante : elle attend seulement que la Révolution ait vidé sa place. »

« Chacun de ces privilèges, une fois obtenu, adhère au sang, il en est inséparable. Plus cette noblesse cesse d’être une aristocratie, plus elle semble devenir une caste. »

« Si les classes moyennes d’Angleterre, loin de faire la guerre à l’aristocratie, lui sont restées si intimement unies, cela n’est pas venu surtout de ce que cette aristocratie était ouverte, mais plutôt, comme on l’a dit, de ce que sa forme était indistincte et sa limite inconnue; moins de ce qu’on ‘pouvait y entrer que de ce qu’on ne savait jamais quand on y était; de telle sorte que tout ce qui l’approchait pouvait encore en faire partie, s’associer à son gouvernement et tirer quelque éclat ou quelque profit de sa puissance. »

Je recommande ce site québécois qui offre en ligne tous les classiques.

http://classiques.uqac.ca/classiques/

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23 janvier 2011 at 10:33

Vers la suppression du statut de fonctionnaire ?

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projet de loi suppression statut fonctionnaires 21012011

Jean-François Mancel
a déposé un projet de loi, qui réserverait aux seuls agents des services « régaliens » de l’Etat (mais il y aura un problème de définition du champ concerné) le statut de fonctionnaire. Cette disposition vaudrait pour l’avenir. On peut s’interroger sur le bien-fondé de cette disposition, qui pourrait sembler couler de source pour certains. Le statut de fonctionnaire comporte des droits et des obligations, on peut aussi imaginer que les futurs salariés sous statut privé pourraient aussi s’affranchir de certaines obligations, et même avoir une utilisation plus cynique de leur statut. On pourrait aussi avoir des difficultés à recruter : on le voit pour les enseignants, je ne sais pas quelle peut être la motivation d’enseignants recrutés à bac + 5 et payés 1 300 €/mois. Par ailleurs, comme Rosanvallon le rappelait dans « la légitimité démocratique », s’il y a une légitimité de l’élection, il y en a également une du concours, du fait que les employés de l’Etat sont sélectionnés par une épreuve objective, ce qui casse le piston à l’entrée dans la fonction publique accessible à tout citoyen s’il en a le talent. Avec un recrutement par contrat, les relations joueront le rôle principal. Woerth a tenté de le faire, en recrutant des consultants au ministère des finances, mais leur action a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment au Parlement, en raison des marchés confiés par eux à des sociétés de consultants au nom anglo-saxon.
Le fonctionnaire détient une légitimité expliquée par Pierre Rosanvallon, en faire un simple employé de l’Etat, lui ferait perdre ce qu’il embarque avec son statut de sens du service public, et d’origine citoyenne.

« Loin de représenter une forme de désengagement de l’État, cette
proposition de loi s’inscrit dans une logique d’égalité et de réconciliation
au sein de la société française à l’heure où les différences entre le secteur
public et le secteur privé apparaissent plus que jamais injustes aux yeux de
nombre de nos concitoyens, particulièrement suite à la grave crise
financière que nous venons de traverser. »

Je note également cette phrase extraordinaire que l’un de mes lecteurs a relevée, où l’on fait un lien entre la crise financière, et les fonctionnaires. Ce qui est quand même fort de café !

Pourra-t-on un jour spéculer sur le prix des billets TGV ?

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Avez-vous remarqué comme le « marché » des prix des billets TGV est variable sur Internet ? On croirait suivre les circonvolutions d’un marché hautement spéculatif. Lorsque vous consultez le prix d’un aller-retour Paris -Londres, le prix augmente de jour en jour jusqu’à quelques jours du départ. Si un internaute habile se lançait dans l’étude des variations de prix par saison, et en fonction de la date d’achat du billet, il découvrirait d’étranges courbes, où le produit peut gagner jusqu’à 50 % en quelques mois. Nous détenons là un potentiel de plus-values impressionnant, créé par l’entreprise publique. Je suis certains que les capitaux sont prêts, et que certains ont déjà imaginé de réaliser de somptueux gains en jouant du système. Il suffirait d’acheter des billets à l’avance, créer la pénurie sur la ligne Paris-Londres pour faire monter les prix, et de tout revendre au bon moment avec un gros bénéfice. Bien sur, la SNCF offre la possibilité de revendre son billet, mais seulement au prix où on l’a acheté. Je me demande d’ailleurs si la SNCF ne spécule pas elle-même : avec internet elle crée une sorte de rareté, qui lui permet de partir du prix réel du billet, pour en faire croitre le prix dans les mois qui suivent. C’est un intéressant mécanisme, dont je ne viens de réaliser que récemment le fonctionnement.

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23 janvier 2011 at 08:00

Le discours de Thomas Sankara sur la dette de 1987

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Célèbre discours sur la dette africaine, de Thomas Sankara.

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22 janvier 2011 at 09:34