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un regard sur le monde

Archive for the ‘Ecole’ Category

Reproduction

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Il est curieux que l’on entende tant de gens se réclamer de telle école, de tel lycée, et pourquoi pas de telle maternelle, comme d’un gage de qualité personnelle, alors que le système scolaire, qui fut partiellement méritocratique, semble avoir dépassé les pires prédictions des sociologues, et être devenu intensément reproductif. Paradoxalement, on ne voit personne se réclamer de son intelligence naturelle, de quelque chose d’inné qu’il ne devrait pas au système, parce que sans estampille officielle, l’inné manquerait de légitimité/. Pourtant, cette revendication de sortir de telle ou telle école a quelque chose d’un peu ridicule, comment peut-on se considérer comme la simple production d’un photocopieur même doré, et en être fier ?

Written by Le blog de Jean Trito

21 mai 2018 at 14:03

Publié dans Ecole, enseignement, sociologie

De l’école et des inégalités

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On découvre que l’école « amplifierait » les inégalités, pourquoi le mot amplifier, on a toujours su qu’elle les reproduisait ?
Ce serait plus marqué en France, mais c’est sans doute parce que la position professionnelle y dépend davantage du diplôme qu’ailleurs, et que donc, l’investissement des parents y est d’autant plus important. C’est le taux du retour sur investissement qui explique l’importance de l’investissement justement.

Written by Le blog de Jean Trito

29 septembre 2016 at 20:16

Laïcité, et école privée

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Finalement, nous « prêchons » la laïcité, mais nous mettons nos enfants à l’école privée catholique, parce que, compte tenu du système de reproduction, nous ne pouvons plus les inscrire à l’école publique.

Written by Le blog de Jean Trito

31 janvier 2016 at 11:46

Le dérisoire qui dure

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Il semble que la tactique utilisée pour la défense de la « réforme » du collège, ce soit celle d’exposer des critiques si dérisoires, avec des réponses si polémiques, et tout aussi absurdes, qu’elles en occupent tout l’espace médiatique et empêche l’exposition de tout argumentaire construit et traitant des vraies questions. Les programmes constituent un sujet contingent, parce que ce n’est pas le texte du programme qui fait le cours, mais l’art et la formation de l’enseignant, ce n’est pas le manuel d’arbitrage qui crée le football, mais le jeu de Messi.

Chaque enseignant s’en accommodera, tout en conservant de larges marges d’interprétation de l’histoire. Une historienne avait écrit, on réforme les programmes d’histoire pour les adapter au goût du jour, mais ils ne sont pas plus vrais, seulement plus en phase avec leur époque.

Cette réforme est une mesure d’austérité, elle parle de l’égalité, mais au sens orwellien, car elle aboutira finalement à renforcer cette société scolaire séparée que nous vivons déjà, et qui est comme une dystopie d’anticipation pour ceux qui ont un peu d’ancienneté dans la vie.

Written by Le blog de Jean Trito

14 mai 2015 at 11:40

Encore la réforme du collège

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Je suis plus circonspect sur ce point d’histoire, sur lequel les medias insistent beaucoup trop. A notre époque, nous apprenions aussi l’apparition de l’islam en 5ème, et il me semble important que les élèves connaissent la colonisation arabe, puis ottomane, qui précéda celle des français et des anglais. Ces deux empires immenses et qui ont duré doivent être mieux connus. On apprend de toute façon le christianisme en 6ème : lors d’une réunion de classe de ma fille, un prof avait expliqué aux parents que les enfants allaient étudier le christianisme et la bible, et un père arabe s’en était ému, mais le prof lui avait expliqué que l’on étudierait ensuite l’islam et le coran dans le cours du collège.

Ce que je trouve beaucoup plus grave, c’est la suppression des classes européennes et bilangues, qui permettaient de sauver l’école publique. Ce que montrent les statistiques de Ménard, maire de Béziers, ce qu’il a sous les yeux, ce qu’il ne sait pas lire de ces statistiques sur la fréquentation de l’école publique, c’est que s’il y a 60% de musulmans dans le public (il n’a pas étudié le privé, où 50% des élèves vont à Béziers), c’est parce que l’école publique n’accueille plus que les enfants pauvres, et les classes moyennes vont dans le privé.

Les classes bilangues constituaient un moyen de retenir des enfants des classes moyennes dans le public, en leur offrant un enseignement un peu plus soutenu, constituer des « bonnes classes » en quelque sorte. Le collège est le cimetière des enfants fragiles, et ces classes ont été le seul moyen de mettre un peu de qualité dans l’école publique. Les enseignants du public, qui mettent tous leurs enfants dans le privé, ont dénoncé cet élitisme, qui les privait d’une juste répartition égalitaire des bons élèves dans toutes les classes, et ont fini par obtenir la fin de ces classes bilangues, sans être capables de comprendre qu’ils allaient encore accélérer le siphonnage des bons élèves de l’école publique par le privé.

A droite on dénonce la réforme de Vallaud-Belkacem, mais il me semble qu’il y a une plus grande sincérité, moins politicienne, et que l’on a compris l’ampleur des dégâts qu’allait causer à l’école publique,une telle réforme. Casser ce qui fonctionne correctement n’est pas la preuve d’une bonne vision des choses.

Jamel Debbouze, futur prof des nouvelles classes bilangues

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djamel05052015

La situation de porte-à-faux des étudiants en DUT

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C’est au hasard d’une page que Michel Crozier nous explique pour quelle raison le CIP, ce contrat destiné à permettre l’embauche des jeunes 20% en dessous du SMIC a explosé en vol. C’est parce que, selon lui, une main incompétente a intégré les diplômés d’un DUT ou d’un BTS dans le dispositif. Peut-être les autres jeunes auraient été difficiles à mobiliser, mais y insérer la jeunesse la plus qualifiée sortant du système scolaire ne pouvait que mener à l’explosion.

La situation des IUT est singulière, car à la fois ces instituts ne délivrent qu’un diplôme à bas + 2, et ils accueillent par voie de sélection sur dossier les meilleurs lycéens, ceux du moins dont les ambitions en raison notamment de la situation des parents, ne leur permettent pas d’envisager des études longues, ou qui n’ont pas intégré de grandes écoles, notamment parce qu’ils se sont sous-estimés.

De ce fait ces jeunes réalisent très rapidement leur situation dans un système scolaire où leur valeur est plus élevé que le simple titre qui leur est remis, et ils sont de plus en plus nombreux à poursuivre leurs études, et à rentrer dans des grandes écoles et des écoles d’ingénieurs. Les tentatives de les toiser, en restreignant l’accès à ces instituts aux seuls bacs pro et technos a été un échec, en raison notamment de l’existence de cette sélection, unique à l’université.

A la fois on constate une offensive syndicale du supérieur, qui voudrait récupérer ces étudiants plutôt que les bacs professionnels, et une forte résistance de leur part pour conserver le droit d’intégrer des filières à haut niveau de débouché, tout en échappant aux facs pour le premier cycle, et en ambitionnant de continuer jusqu’au master ou devenir ingénieurs.

Il fallait vraiment une très grande méconnaissance de cette population, de ses aspirations, de la prise de conscience de sa valeur à travers un cycle d’études qui n’est pas élitiste, pour commettre une pareille erreur. Cette mesure avait réussi à mettre le doigt sur cette situation de porte-à-faux des Iutiens, non considérés académiquement, mais pourtant, et compte tenu de la situation économique, dans une filière de véritable réussite.

Written by Le blog de Jean Trito

28 décembre 2013 at 20:36

Publié dans Ecole

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Ce que Michel Crozier écrivait sur le système scolaire

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Après Ivan Illich, je relis certains livres de ma bibliothèque, mais toujours plutôt des penseurs que des oeuvres de fiction. Je me suis plongé dans un livre de Michel Crozier, disparu récemment et déjà oublié, « la crise de l’intelligence », écrit en 1995 mais qu’il pourrait rééditer aujourd’hui sans que le fond en soit changé, même s’il n’intègre peut-être pas la RGPP et les décentralisations récentes.

Quel rapport avec Ivan Illich ? En page 38, je tombe sur cette citation extraordinaire pour un sociologue modéré autrement dans ses propos :

l’Education nationale « ne sait que faire de l’intelligence créative des enfants. Sa logique est celle d’un alambic de raffinerie où la distillation se ferait à l’envers. Ses produits nobles sont de plus en plus les grosses têtes chargés des savoirs les plus bitumineux qu’elle draine ensuite vers les grandes écoles pour les empâter encore de paraffines rigoureuses. Ses distillats les moins précieux sont les esprits légers et labiles, mélanges gazeux et essences essentielles, qu’elle a tendance à laisser échapper très tôt, préférant voir leur énergie et leur imagination exploser ailleurs que dans ses cornues. »

Written by Le blog de Jean Trito

28 décembre 2013 at 16:53

Publié dans Ecole, sociologie

Argenteuil, de la reconquista

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la ville d’Argenteuil valorise son patrimoine religieux et moyenâgeux, et va implanter des écoles privées catholiques pour attirer les classes moyennes.

Le journal municipal titre sur « la reconquête du centre-ville », une reconquête s’effectue sur un territoire ou des ennemis. Lesquels ? l’article ne le dit pas. Le maire s’est pris de passion pour le côté moyenâgeux et chrétien de la ville. On rénove l’église, son parvis, on crée un « jardin des deux abbés », on va revaloriser l’ancienne abbaye d’Héloîse et Abélard, on a essayé d’accueillir l’école privée alsacienne, maintenant on va essayer, en substitution, de faire venir un lycée privé catholique.

Ne va-t-on pas augmenter le séparatisme social ? ainsi on pourra doubler les effectifs du collège sainte-geneviève, qui en constitueront le vivier naturel. Il s’agit d’attirer vers la ville des classes moyennes, bien utiles désormais pour financer les projets, et les projets augmenteront l’attractivité de la ville dans une boucle vertueuse.

Ces nouvelles classes moyennes auront pour première motivation un centre-ville agréable, et la possibilité de se séparer du reste de la population pour leurs enfants qui iront dans ces écoles privées élargies.
C’est une forme de pragmatisme, bien loin de l’idéologie que l’on pouvait attendre. Mais il est vrai que, je m’en rends bien compte, les « classes populaires », servent de repoussoir, autant en raison du niveau des enfants, que de la peur d’une culture identitaire qui semble aller dans l’autre sens que celui du progrès constant que nos générations ont connu. Quand j’étais enfant, on discutait de la mini-jupe, aujourd’hui, c’est la burka qui est au centre des discussions, mais comme dans le discours inversé de celui qui était tenu dans les années 60.

Est-ce une reconquête, ou une « reconquista » ? ou peut-être un équilibre délicat entre une prise en compte de demandes sociales qui ont abouti à un vote à 50% pour Hollande dans certains quartiers, et la nécessité de retrouver une mixité sociale qui est devenue indispensable à une ville qui ne peut accepter que montent des revendications identitaires, et que le statut de la femme soit en décalage trop important avec la société française.

Les municipalités se succèdent, mais les contraintes demeurent, et l’on cherche la même voix. Ce sont les mêmes projets. On se réveille brusquement dans une ville qui ne ressemble plus à l’idée que l’on se faisait d’une ville française, et l’on constate que certaines classes sociales manquent, bien nécessaires à un rééquilibrage.

Ce dessin m’est venu spontanément, il peut sembler absurde, mais l’absurdité est le propre du dessin d’humour. Je m’étonne parfois de constater combien les dessins traversent le temps, et trente ans après trouvent une étonnante actualité, et ce sont les plus absurdes les plus pertinents, parce qu’ils lèvent notre autocensure habituelle, pour laisser les images s’entrechoquer.

Argenteuil, peut-on rire de la politique locale ?

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Je parcours depuis des années les articles locaux, les journaux municipaux, j’assiste à quelques interventions, je lis les blogs de politique municipale, je m’intéresse et me passionne pour des projets et des luttes très locales, dans une ville que la plupart des français sont incapables de situer sur une carte de France. Pourtant, cette vie politique locale, ses valeurs, ses affrontements, n’est-elle pas tout aussi passionnante que la politique politicienne à la télévision ?

Par ailleurs, je suis presque seul sur ce domaine, bien que j’ai vu quelques bonnes caricatures, mais trop marquées et à sens unique sur un tract de Xavier Péricat, je crois. J’ai assemblé quelques idées, et ce que je sais du passé moyen-âgeux de la ville, au sens très large, pour imaginer ces quelques crobards réalisés de très bon matin, en une demie-heure, après avoir laissé mon imagination défiler.

Je ne suis pas certain que cela me permette de sortir un livre que j’irai dédicacer, comme les grands, au presse-papier, la librairie principale de la ville, mais j’espère au moins vous amuser, même si ces dessins parlent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.