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un regard sur le monde

Archive for the ‘cinéma’ Category

Argenteuil, ville d’épouvante

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Chaque fois que les gens autour de moi entendent parler d’un évènement horrible survenu dans ma ville, ils m’en parlent. Il y a eu la quête du chat enragé, l’histoire de cet homme décédé dont le chien a dévoré le visage, ou de ces colocataires qui se sont entretués à l’arme blanche, l’un d’eux ayant été retrouvé décapité. Cette ville est peut-être un lieu d’inspiration pour des Stephen King qui s’ignorent, et peut-être faut-il écrire ici des histoires d’épouvante qui feront le tour du monde, et que des cars de touristes viendront vérifier sur place ?

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28 août 2014 at 20:48

Publié dans argenteuil, cinéma, littérature

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Abélard et Héloïse à Argenteuil

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Dans le film « dans la peau de John Malkovitch », le marionnettiste interprète Abélard et Héloïse dans la rue, ce qui est une reconnaissance du mythe par le cinéma américain, qui prouve ainsi qu’il connait également la légende d’Argenteuil.

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17 décembre 2013 at 22:09

Thérèse Desqueyroux, de François Mauriac

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La sortie du film m’a poussé à lire le livre. François Mauriac est un prix nobel un peu oublié, teinté de catholicisme et de provincialisme, du moins c’est comme cela qu’on le présente. Je connaissais le « noeud de vipères », vu sous forme de « dramatique » avec Pierre Dux, et dont la qualité m’avait touché. C’est en pensant ne rien découvrir de bien spécial, qu’un vieux classique poussiéreux et hors d’âge que j’ai lu ce « Thérèse Desqueyroux ». J’ai été surpris par la qualité du style original, qui claque, et nous transmet une psychologie profonde, celle d’une femme, qui est aussi Mauriac que Mme Bovary est Flaubert, inadaptée à son milieu provincial étroit, où un mariage de raison est arrangé. Elle va tenter d’empoisonner son mari, qui sans comprendre le fondement de son geste, va organiser les apparences autour d’elle pour ne pas tacher l’honneur de la famille. C’est un thème que l’on pourrait comprendre d’un bout du monde à l’autre, surtout en notre temps, cette incarcération.

Mauriac disait « Paris est une solitude peuplée, la province un désert sans solitude ». Ce qu’il nous démontre dans ce livre.

Il s’est inspiré d’une histoire vraie, mais on sent qu’il y a surtout projeté ses sentiments les plus cachés. Cette femme, plutôt jalouse des amours de sa belle sœur, et inapte au mariage, finira par se réfugier à Paris, où les gens sont comme les arbres de la lande. Mauriac ne décrit pas une féministe, mais une personne inadaptée au monde qui se présente à elle.

Je ne sais pas ce que vaut le film, mais peut-il traduire toute la complexité d’une telle oeuvre ? je n’en suis pas bien certain, et c’est pour cela que je conseille la lecture de ce véritable chef d’oeuvre, peu connu en fait. Tout comme « la chute » pour Camus, ce n’est pas toujours le livre le plus connu d’un auteur qui m’aura le plus marqué.

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1 novembre 2013 at 12:53

L’ardente obligation de la critique

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Le constat aujourd’hui, c’est que la moitié des films ne font plus l’objet d’aucune critique, d’aucun commentaire. Autrefois, un journal comme « cahiers du cinéma » avait des critiques qui pouvaient visionner tous les films et en faire la critique, et ce n’est plus possible maintenant. La difficulté est d’être vue, un peu comme pour les 400 romans de la rentrée, et les millions de livres à compte d’auteur, ou ces films jamais diiffusés.

Nous, blogueurs, nous avons l’ardente obligation de fouiller tout ce qui existe et de le relater sur nos blogs, nos pages facebook. Ecrire sur les oeuvres, c’est leur permettre d’exister de laisser une trace et peut-être de trouver leur public. N’oublions jamais que Gallimard a raté Proust et Céline, les deux plus grands écrivains de leur siècle.

Il nous faut sans cesse chercher le diamant dans la tonne de boue peut-être que nous allons remuer, partager, à tout prix. LA plupart des œuvres ne correspondent qu’à des besoins commerciaux, et il nous reste à découvrir l’essentiel.

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6 août 2013 at 20:05

Publié dans cinéma, cinéma, littérature

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World war Z, un roman d’anticipation intelligent

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La différence entre l »horreur et la science-fiction, c’est que l’histoire d’horreur va jouer sur l’épouvante, quitte à demander une suspension du jugement jusqu’à accepter le surnaturel, alors que le livre de science-fiction essaie de voir tous les impacts sur une société d’une technologie ou d’une situation nouvelle.

World war n’est donc pas un simple livre de zombies, mais une interrogation sur ce que deviendrait notre monde en cas de crise majeure, comme celle provoquée par l’irruption d’une maladie qui transforme les humains en zombies.

Il montre le bouleversement géopolitique, le bouleversement des hiérarchies, y compris sociales, et le retard d’une guerre du militaire en raison d’une trop grande sophistication des armes et des liaisons.

World war est constitué d’une série de chroniques courtes, ou un représentant de chaque peuple intervient et raconte sa guerre, dans un style réaliste et journalistique qui fait sa force.

Au contraire de Globalia, dystopie qui m’a déçu, c’est un livre qui restera dans les annales comme d’autres tels que 1984, un bonheur insoutenable ou fondation.

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5 août 2013 at 21:17

La vieillesse est-elle le musée de notre vie ?

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J’entendais ce matin Frédéric Vitoux, un écrivain dont je crois n’avoir rien lu, expliquer, lors de cette plaisante émission de « la grande librairie », que l’on pouvait devenir plus sensible à la mort d’Athos dans les trois mousquetaires, qu’à la mort d’un inconnu réel, celui-ci. Avec le temps, on s’enferme dans des relations virtuelles, sans surprises, esthétiques, nostalgiques, magnifiées, plutôt que d’affronter la banalité, les relations vraies avec les autres.

Il m’a rappelé le personnage joué par François Cluzet dans « intouchables », muré dans son corps et dans une haute culture, qui semble morte, et toute de distinction bourdivine.

Je crois que l’on est tous ainsi, on vit dans un pays de la mémoire, idéalisé, et intangible, et pour certains nous avons des difficultés à affronter la réalité actuelle, c’est un monde de mots et d’images, aussi virtuel que le net finalement. On n’a pas eu besoin de son invention pour vivre ailleurs l’instant présent.

La vie devient plus difficile, nous ne pourrons reproduire les mêmes choses, avec la même intensité, et comme le dit Freud dans son autobiographie, la puissance de la pensée est plus forte que les choses, nous nous réfugions vite dans le fantasme de cette puissance, pour quitter la résistance et la difficulté des choses concrètes.

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19 février 2012 at 11:56

Lire Giorgio Bassani

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Je ne sais si j’aurais autant apprécié ce livre, s’il ne m’avait couté autant d’efforts pour le lire en italien avec l’assistance de la traduction en vis-à-vis. Peut-être que le vrai effort à déployer, quand on est un grand lecteur n’est pas de se soigner, mais de lire plus lentement certains livres. L’institution scolaire nous a laissé certaines connaissances, et certain capital en friche, dont celui des langues. Je pense que beaucoup de gens, tout comme moi, n’ont su quoi faire de leurs heures passées à apprendre les langues dans le second degré, et n’ont guère voyagé dans les pays où on les parle.

Ce qui ne m’a pas servi s’est transformé en une sorte de jeu, je tiens sur ma table de nuit des éditions bilingues diverses. Je croyais avoir tout oublié de l’allemand, je me suis rendu compte qu’à la fois je n’en savais plus rien, et tout ce qu’il fallait pour pouvoir le lire avec l’aide d’une traduction, déchiffrer ses constructions complexes, où l’on cherche le verbe, et pouvoir ainsi me l’approprier. Bernard Schlink est plus touchant dans sa langue originelle, même si j’ai apprécié plusieurs de ses livres en français. Il y a quelque chose de plus direct, sans médiation. De même, après avoir étudié l’italien par moi-même avec des cassettes, j’ai lu Pavese, le bel été, le livre préféré de Annie Ernaux, et les lunettes d’or de Giorgio Bassani.

C’est une lecture lente, à raison d’une page par jour, mais qui permet d’arriver au bout de romans courts dans un temps raisonnable. Comme une goutte qui creuse la pierre, on peut ainsi découvrir, et dans leur langue, 4 écrivains par an, ce qui est considérable compte tenu des capacités de lecture réelles de mes contemporains.

Bassani, c’est un peu Proust, mais il est moins « précieux » et son style est quand même plus simple. Les lunettes d’or, c’est l’histoire d’un vieil homosexuel, le docteur Fadigati, dont le célibat interroge la société ferraraise, avant qu’il ne finisse par être complétement rejeté, et connaisse une issue tragique. Contrairement à l’adaptation cinématographique avec Philippe Noiret, l’homosexualité de Fadigati n’est pas le vrai sujet principal, elle sert de contrepoint au traitement des juifs dans la société fasciste, et le narrateur fustige ses parents de ne pas voir venir les lois raciales, le rejet dont ils vont faire l’objet. Bassani présente cet aveuglement et ce manque de lucidité. Bassani, tout comme Proust, a côtoyé les milieux culturels, il fut ami de Pasolini et d’Antonioni. Son univers est celui de Ferrare, décrite tellement en détail, et dans tous ses quartiers, que l’on a le sentiment d’y avoir vécu un moment après avoir fermé le livre. Il reprend des éléments de biographie personnelle, comme le voyage du soir en train, qu’il effectua dans sa jeunesse pour suivre des études. Fadigati est inspiré par l’un de ses enseignants d’histoire de l’art. C’est un monde bourgeois, dont la quintessence est représentée par les Finzi-contini, repliés dans leur palais viscontien. La grande cassure pour Bassani, ce fut le fascisme, contre lequel il s’est engagé, et qui est en arrière-plan de son oeuvre. On le dit bien oublié, mais à le lire, je considère que si c’est vrai, c’est injuste, et qu’il est au contraire l’un des plus grands écrivains italiens.