triton95

un regard sur le monde

Archive for octobre 2010

Le cygne noir de Nassim Nicholas Taleb

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Ces deux livres nous racontent la même chose, mais différemment, à savoir que la plupart des prévisions utilisent un modèle de courbe de Gauss -en cloche-alors que la réalité peut nous montrer des exemples extrêmes. Dans son style érudit, Taleb nous raconte une série d’anecdotes, dont beaucoup concernent des penseurs français méconnus, ou antiques. Il nous montre que les experts dans certains domaines n’ont aucune capacité de prévision d’un futur infiniment complexe, de même les historiens ne peuvent expliquer le passé par des causalités. Cet un livre distrayant sans mathématiques. L’ouvrage de Zajdenweber est plus dense et explique en un minimum de pages cette situation des extrêmes, où le gagnant concentre tous les gains, comme en matière pétrolière, de cinéma ou d’édition. Certains métiers ont un revenu non scalable, mais présentent peu de surprises, comme le comptable ou le médecin, d’autres sont scalables, sans limites vers le haut, mais la plupart de leurs membres ont un autre métier alimentaire. Ce sont des livres sur l’impossibilité de planifier le futur, ce que Hayek disait de la planification, impossible selon lui, et plus confiant en la multitude des ajustements individuels. Taleb préconise une méthode par tâtonnements, sans approche « platonicienne » théorique. Notre tendance naturelle est de juger, de prévoir, suspendre cette tendance demande un effort certain. Il montre que l’on ne prévoit pas plus en travaillant plus, ni en disposant de plus d’informations. Il a renoncé à la télévision à la lecture des blogs et à celle des journaux, pour dégager un temps supplémentaire pour la lecture, seule à même de lui permettre de mieux réfléchir à sa recherche.


Je n’ai pas pu trouver de video de lui en français, mais cela semble spectaculaire quand il passe à la télé.

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31 octobre 2010 at 19:39

le jour où la France dit non à la guerre

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Je n’ai pas trouvé beaucoup d’éléments sur l’histoire, vieille de 7 ans, du non de la France et de l’Allemagne à l’accompagnement de la guerre d’Irak. D’une part nous étions logiques avec nous-mêmes, puisque l’ONU n’avait pas validé cette guerre au contraire de 1991, et nous n’y avions pas d’intérêt. Quand on lit ce qu’a écrit Naomi Klein, on voit à quoi on a échappé. D’une certaine manière l’europe politique a cessé d’exister ce jour-là, car cela a mis en évidence qu’il n’existait que deux vrais états en Europe, d’une taille critique leur permettant de dire non, les autres étaient des états-croupions. Les USA voulaient nous imposer le rattachement de la Turquie, qui est une question européenne, et la participation à une opération critiquable. Je ne parviens pas à trouver un récit des évènements, de savoir si la France a entraine l’Allemagne ou l’inverse, et ma mémoire n’est pas claire sur ce point. On a comparé cette attitude avec Munich 1938, mais elle lui est antinomique. Je crois que c’est un des grands évènements de notre histoire après-coup. Je vois quelqu’un comme Romain Goupil expliquer qu’il a soutenu cette action parce qu’il ne pensait pas que cela se terminerait ainsi. Je ne suis pas convaincu de sa sincérité, ce que nous savons des guerres coloniales et de la guerre d’Algérie nous a bien montré qu’il ne pouvait s’agir d’une promenade de santé, et que nous ne pourrions dominer et occuper ce pays.

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31 octobre 2010 at 14:47

Publié dans armée, économie, politique

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Sans mémoire le présent se vide, de Bruno Le Maire

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Bruno Le Maire sort un nouveau livre chez Gallimard.

J’avais apprécié « des hommes d’Etat », pour son style simple et accessible, qui décrivait le période Villepin, et certains conflits sociaux (cpe, émeutes de 2005), et des conflits personnels (Sarko/Villepin, la fatigue de Chirac).

Il est un pur produit des élites françaises, un tout autre versant que Sarkozy, qu’il a pourtant rallié. Il déclare que le peuple a voté la réforme des retraites, par l’intermédiaire du Parlement,cela me semble un peu excessif, car un gouvernement doit faire ses preuves tous les jours comme le souligne Rosanvallon dans « la légitimité démocratique ». Je crois qu’à travers cette affaire des retraites sur laquelle il a du monter au filet, il a surtout apporté des gages pour sa progression de carrière en politique.

Il raconte son expérience par le haut dans son livre, je la raconte par le bas. Il revient sur la fracture de Vichy, mais pour moi elle fait partie de l’histoire, le futur n’en dépend pas. Elle correspond à une période très particulière, et on ne peut tout à fait tirer des leçons de ce passé pour affronter l’avenir.

http://www.radioclassique.tv/swf/player_v2.swf

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31 octobre 2010 at 10:59

Editer ce que l’on écrit

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Le livre Un blog au fil du temps

Acheter Un blog au fil du temps

J’ai voulu conserver une trace de ce que j’ai écrit au fil de la plume, au cas où la fragile trace informatique disparaitrait. Les moyens techniques actuels le permettent, à moindre coût. C’est un essai pour moi.

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31 octobre 2010 at 00:16

Publié dans littérature

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Une réflexion de Jacques Attali sur la vieillesse

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Extrait de « l’avenir de la vie »
« Dès qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. »

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30 octobre 2010 at 07:27

Samantha Mumba

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c’est une chanteuse irlando-zambienne, qui a connu un gros succès. Elle tient vraiment bien la scène, même si c’est loin de mon genre de musique cantonné aux chanteurs-à-texte-morts-il-y-a-trente-ans.

Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah

Your love for me came as a waterfall
Flowing inside me like never before
Your love for me, something I didn’t see
But baby, I know better now
When you walked in the room that very night
A special feeling just burst inside
It was only you, nobody else
But baby, I know better now

Don’t wanna love you if you don’t love me
Don’t wanna need you when you won’t need me too
Don’t wanna tell you this now
But it wouldn’t be right if I (If I)
Didn’t tell you this tonight

Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah

And now you’re back inside my house again
I’m trying deeply to explain
‘Cos baby, I wanna get it on
And baby, you’re the one for me (woah, woah, woah)
And now that I have got you all alone
After all this talking on the phone
I should be strong
There’s nothing wrong
I’ll tell you this is where you belong (Where you belong)

Don’t wanna love you if you don’t love me
Don’t wanna need you when you won’t need me too
Don’t wanna tell you this now
But it wouldn’t be right if I (If I)
Didn’t tell you this tonight
Don’t wanna love you if you don’t love me (If you don’t love me)
Don’t wanna need you when you won’t need me too
Don’t wanna tell you this now
But it wouldn’t be right if I (If I)
Didn’t tell you this tonight

It was just something in your eyes
That made me realise
Now I hear voices deep inside
Telling me, telling me it’s you and I

Don’t wanna love you if you don’t love me
Don’t wanna need you when you won’t need me too
Don’t wanna tell you this now
But it wouldn’t be right if I (If I

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30 octobre 2010 at 06:57

Publié dans musique, rock

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Le succès de la presse radicale

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Radical, ce n’est pas extrémiste, se perdre dans un absolu qui perd tout intérêt pratique. Être radical, c’est remettre son budget en base zéro, et ne pas considérer comme acquis les clichés journalistiques, et les fruits de la pensée unique.

Je constate que l’on s’intéresse de plus en plus à la presse libre, celle qui ne comporte pas de publicité, comme le canard enchainé, le monde diplomatique, Marianne, alternatives économiques, aux livres de la collection « la découverte ».

La plupart des revues sont davantage financées par les annonceurs que par les lecteurs, ce que dénonçait déjà Deleuze dans l’abécédaire, et l’on peut se demander avec lui si elles écrivent pour leurs lecteurs ou leurs annonceurs.

Le système fait beaucoup de déçus, y compris chez les cadres, qui sont en train de renoncer aux éditoriaux de Christophe Barbier dans l’express. Le néolibéralisme domine tellement nos vies que nous avons besoin d’un autre message, comme des poissons manquant d’oxygène. La radicalité permet d’envisager une autre vie, une autre approche, moins consumériste, moins marquée et dominée par la pub, qui ne relèverait pas d’une pensée unique.

Le communisme a du représenter cette radicalité, tout autant politique que sociale à une époque, dont je parviens avec difficulté à me souvenir. Il représentait aussi une identité, une contre-culture prolétaire, ce que peut représenter la religion musulmane pour certains aujourd’hui.

Il ne peut ressurgir de ses cendres, c’est plutôt une sorte de social-démocratie, tombée avec le mur de Berlin que l’on cherche à reconstituer, même à travers cette pensée radicale. Elle n’est pas révolutionnaire, elle cherche seulement à prendre du recul, à essayer d’augmenter la cohésion de la société, en refusant l’enrichissement d’une oligarchie réduite, et la destruction des acquis sociaux et du système social. Peut-être les collectivités territoriales contribuent -elles à ce mouvement, en essayant de préserver un tissu social face aux destructeurs du collectif.

les droits des femmes, des homos, etc, une diversion pour les bobos ?

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Je m’étonne de la manière dont certains thèmes sont martelés, à me demander s’ils ne cachent pas la forêt, et cantonnent la radicalité à des sujets marginaux. Je vois de nombreux articles sur l’accession des femmes aux carrières de directeur d’administration centrale, de dirigeant d’entreprise, mais quel est le public concerné par cette antienne : la plupart des hommes déjà ne sont pas à ce niveau, et le débat leur parait un débat sur le sexe des anges. Il me semble d’ailleurs que cela concerne une très petite quantité de milieux, ceux des quartiers aisés. Est-ce que l’accession des femmes à ces carrières va améliorer la société d’ailleurs : on concentrera ainsi davantage chez certains couples aisés un maximum de cartes, car on peut imaginer que si Madame siège au conseil d’administration, Monsieur ne sera pas technicien de surface. Voir l’affaire Woerth où l’on a osé justifier le poste donné à Madame Woerth par le droit des femmes à travailler. Je ne vois aucun article pour dénoncer la densification du travail à l’hôpital en raison des suppressions de postes, ou les difficultés de l’enseignement, qui me semblent concerner beaucoup plus les femmes que l’accès aux conseils d’administration. Je me souviens d’un article du monde diplomatique assez choquant, qui préconisait, afin que les femmes puissent accéder aux postes de directeurs d’administration centrale, que l’on réduise les journées de travail, et qu’on puisse mettre fin à la réunionnite de fin d’après-midi pour qu’elles puissent s’occuper des enfants. On imagine une direction dans laquelle le directeur s’arrêterait à 17h, et où l’encadrement intermédiaire accomplirait des journées de 12 heures, cela ne serait pas ressenti comme très équitable ? Comme pour les homos, dont on nous fait croire que leur seul désir serait de constituer un couple petit-bourgeois, un modèle en voie de disparition, on peut se demander à quel besoin social correspondent ces polémiques. Je crois que l’on nous amuse avec des questions marginales, orthogonales à toute recherche de justice sociale, ou de cohérence et d’équité de la société. Il s’agit donc d’un divertissement, d’un spectacle.

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30 octobre 2010 at 05:03

Publié dans politique, sociologie

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L’affaire Tapie pour les nuls

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J’ai essayé de comprendre cette affaire, du moins ses tenants juridiques, en lisant les journaux. Le juridique c’est toujours un peu effrayant, on joue un peu sur les mots.
Le premier élément, c’est qu’il a perdu son procès, qu’il a poussé jusqu’en cassation. Donc pour le commun des mortels, même celui qui a les moyens d’aller en cassation, la procédure juridique a été menée à son terme, et aurait dû s’arrêter là. Dans certaines affaires on peut encore saisir la cour des droits de l’homme européenne pour continuer, mais je pense que dans ce cas ce n’était pas possible.

Le gouvernement a décidé de rajouter une nouvelle procédure, celle de l’arbitrage. On ne peut pratiquer l’arbitrage lorsqu’une entité publique est concernée, c’est interdit. Dans le cas présent, on a pu considérer que l’arbitrage était autorisé juridiquement parce qu’il s’agissait du CDR (consortium de réalisation) du Crédit lyonnais. Cette structure, chargée de rassembler le passif du crédit lyonnais pour qu’il ne figure plus au bilan, a été liquidée en 2006, et la caisse des dépôts a conservé les pertes finales à hauteur de 16 milliions d’euros.

Notez l’astuce : l’arbitrage est autorisé pour le privé, le CDR est privé, donc c’est légal, mais c’est …le public qui a payé.

Written by Le blog de Jean Trito

30 octobre 2010 at 04:51

Publié dans finances publiques

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La position du front national

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Le front national est un parti qui, marginal dans les années 70, est devenu un épouvantail utilisé par Mitterand contre la droite, et qui finit par anéantir la gauche en avril 2002, ce dont elle ne s’est jamais remise.

Le fond de commerce initial, celui de la nation, une vieille notion éculée et démodée, le remet actuellement dans le sens de l’histoire.

Je me souviens d’un débat avec Malek Boutih, où Le Pen est resté scotché, presque émerveillé et surpris par le discours de ce jeune homme. A la fois il reprenait une partie de son discours, mais en le dépoussiérant de ses côtés xénophobes. Ce soir là, le front a retrouvé une nouvelle jeunesse. Je m’étonnais parfois de discuter avec des maghrébins et des africains pour qui Le Pen n’était qu’un nationaliste, dont il possédait des exemplaires bien pires chez eux, et qu’ils étaient moins critiques que les bien-pensants de chez nous.

Dans la mondialisation, la nation est perçue comme le dernier rempart contre les assauts du néolibéralisme, le démantèlement des systèmes sociaux, la concurrence des travailleurs par la moins-disance salariale. Pour ces raisons, même un fossile comme le front parait rajeuni et protecteur, notamment dans les milieux populaires. On passe d’un pouvoir fort à un autre pouvoir fort, sans passer par la gauche bourgeoise. D’une certaine manière, après avoir mangé la droite sur sa droite et même obligé Sarkozy à dépasser par des actes ce qui était verbal et parodique, il pourrait bien menacer la gauche, notamment si elle présentait « le candidat du FMI » aux élections présidentielles. Il a même pu se permettre de venir à Argenteuil sur le lieu mythique de la dalle, ayant perçu que même dans les milieux défavorisés, son discours, une fois réajusté, pouvait passer. On retrouve cet étonnement lié à cette divine surprise, comme le soir du débat avec Malek Boutih, et le vieux tribun maurassien devint le tribun de la plèbe.

Le poids de la mondialisation, et d’une bureaucratie destinée à l’imposer aux peuples, dont malheureusement l’union européenne, lui ont procuré une étonnante source de jouvence.

Written by Le blog de Jean Trito

29 octobre 2010 at 09:18