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Ce qui pèse sur nous

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Le french bashing, que certains journaux complaisants relaient, est une attaque organisée contre ce qui reste d’un contre-modèle au modèle dominant, le modèle français, tissé de puissantes solidarités publiques. D’où l’impuissance de Hollande, qui ne peut jouer qu’en défense, pour essayer de sauver des acquis sociaux et la protection d’un peuple, à qui d’autres font payer le coût social de la mondialisation. Cette offensive idéologique, organisée, multiformes : est-ce que cet économiste qui a peu écrit en français et issu de l’école de Toulouse, école puissamment impliquée dans ce combat idéologique, n’a pas été récompensé du prix de la banque de Suède, pour ouvrir un contre-feu à la diffusion des oeuvres de l’autre économiste français, Thomas Piketty ?

La sortie du système social est si difficile par la démocratie, que seule l’installation du contre-modèle au niveau européen, hors de portée du vote, a permis de l’imposer aux peuples. N’est-il pas significatif, et posant des interrogations, que le dirigeant d’un pays qui a organisé l’évasion fiscale, et aidé ainsi des grandes entreprises à devenir des embusquées du combat actuel, soit aujourd’hui à la tête de la commission ? Ce n’est pas un hasard, pas une contradiction, mais le résultat parfait du système mis en place. N’avions-nous pas d’autre dirigeant à proposer aux jeunesses européennes ?

L’imposition du néo-libéralisme en Europe nécessite de détricoter les dispositifs sociaux, et même les nations, puisque l’on parle d’une « Europe des régions », ce qui viserait à rendre impossibles les solidarités larges actuelles, et les remplacer par des zones de richesse économique différente libérée du poids des solidarités territoriales.

De même, en matière de retraite, on prône un dispositif par capitalisation, véritable ligne Maginot, comme si l’on avait jamais vu une société fonctionner correctement avec une vieille génération vivant derrière un tel rempart, coupée du monde réel, dans une rente perpétuelle.Aux Etats-unis, pays chantre de la retraite par capitalisation, on voit ainsi des nonagénaires travailler encore à leur âge, en raison de l’insuffisance de leurs pensions, belle preuve s’il en fallait de l’inanité du système.

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Written by Le blog de Jean Trito

16 novembre 2014 at 07:26

L’essayiste du déclinisme

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Une nouvelle espèce d’essayistes a prospéré en France, celle des déclinistes. C’est une variété d’essayiste qui va prôner que l’on adopte tout ce qui ne fonctionne pas aux Etats-unis, et dont les américains se plaignent. c’est un peu l’antithèse de l’essayiste américain qui lui va proposer que l’on adopte ce qui fonctionne bien en Europe, et que les américains n’ont pas. Ainsi, Paul Krugman, le prix nobel d’économie américain présente la France comme un paradis en raison de la qualité de son système social. Rifkin présente l’Europe comme un modèle en matière de mise en place de nouvelles énergies, alors que l’Amérique croule sous le poids des lobbys qui empêche l’innovation.

L’essayiste décliniste a sa photo en noir et blanc, un cv bourré de diplômes, et va vanter un système dont personne ne veut plus même aux Etats-unis. L’essayiste décliniste pense avoir un temps d’avance parce qu’il lit les journaux anglais, un peu comme Johnny, qui faisait traduire les tubes et semblait ainsi à la pointe de la mode d’outre-atlantique.

L’essayiste décliniste trouve que les salaires sont trop hauts, s’effraie que l’on ne fasse que 35 heures plus 20 heures de transport pour le SMIc, et trouve que décidément, tout cela est insoutenable pour la compétitivité de notre économie.

Mais l’essayiste parisien a ses petits plaisirs, on le voit rentrer dans des restaurants, où le premier prix en menu est à 300 €. On n’a que l’austérité que l’on peut.

Written by Le blog de Jean Trito

16 septembre 2012 at 21:42

Au coeur du pouvoir de Bercy

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C’est une grande enquête sur le fonctionnement de Bercy, que j’ai feuilletée, pensant y retrouver certaines choses connues. Je ne me suis pas intéressé aux batailles de ministres dans un ministère coupé en deux, mais aux notations sur l’ambiance générale. On travaille à Bercy, les journées y sont interminables, à un tel point que cela pose un problème de gestion des ressources humaines, les candidats ne sont pas forcément des stakhanovistes désireux de découvrir une « no life », où le travail sera l’essentiel du temps, et où tout le reste sera sacrifié. On peut aussi se demander si tout ce temps passé au travail est vraiment nécessaire ou s’il s’agit d’une posture, d’une manière d’être, d’une culture à laquelle le nouveau venu devra s’assimiler. Cette quantité de travail, donne droit aux meilleures rémunérations de la fonction publique, mais aussi au droit d’être arrogant, y compris avec les ministres que l’on fait patienter longtemps.

Bercy est le temple de l’économie libérale, dont le credo est la concurrence et le libéralisme, mais c’est une sorte de pensée unique, car un économiste universitaire (ils sont rarissimes) se plaignait que la culture économique n’y était formée que de clichés, et de lieux communs, sans vraie réflexion.

Un candidat comparait le bâtiment à l’hôtel du « Shining », et Laurent Wauquiez s’est enfui quand il a découvert l’ambiance. Là on pense à Romain Duris dans « l’auberge espagnole ».

Bercy a une influence énorme sur les décisions économiques, à tel point que l’on apprend que pour mettre fin au projet d’un ministre dont on ne veut pas, il suffit de rajouter un zéro au chiffrage de la mesure, pour la rendre rédhibitoire, et qu’elle ne puisse jamais voir le jour. On appréciera la finesse des prévisions…si l’inflation et le taux de chômage sont estimés de la même manière….

La hausse de l’immobilier rend l’économie moins performante

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Au détour d’un article, on découvre que la modération du prix du logement en Allemagne pourrait être une des raisons de son dynamisme économique. On le remarque avec les villes chères, comme Nice, où personne ne veut aller pour cette raison, et qui ont du mal à recruter les fonctionnaires et employés dont elles auraient besoin. De même, l’accès à la propriété freine les possibilités de mobilité, ne serait-ce qu’en région parisienne. Une fois propriétaire, il est plus difficile de déménager, et de perdre à nouveau les frais d’installation investis. Les débuts dans la vie sont difficiles non seulement en raison du travail, mais aussi des difficultés à trouver un logement décent, et pas trop éloigné du lieu de travail. Un logement meilleur marché dynamiserait la société.

Written by Le blog de Jean Trito

8 mars 2011 at 05:14

Publié dans Non classé

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Le commerce des promesses, de Pierre-Noël Giraud

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Il est très difficile de trouver un tel livre d’économie, clair et limpide, sans pathos, sans obscurité volontaire ou involontaire. Non seulement ses explications sont lumineuses, mais elles sont compréhensibles et expliquées sans chercher un au-delà du sens. Il nous permet de penser librement, après avoir compris des mécanismes que l’on nous présente habituellement sans cette objectivité. On comprend le rôle de la titrisation, puisqu’il s’agit d’abord de permettre aux banques, qui détiennent des dépôts à court terme pour les transformer en emprunts à long terme, de rendre ces derniers plus liquides. Il rappelle le rôle chamanique du banquier central, qui doit demeurer imprévisible pour ne pas permettre d’anticipation de la part des marchés, car une anticipation est autoréalisatrice. Il montre au passage la difficulté de dégager des valeurs « fondamentales » vers lesquelles le marché tendrait spontanément après une bulle. L’air de rien, il pose des questions sociales. Il y a une question de cycle de vie dans notre situation actuelle. Le travail a été valorisé lorsque la génération dominante, les baby-boomers étaient plus jeunes, aujourd’hui, cette génération investit plus largement grâce à la mondialisation, et pèse plus lourdement politiquement sur la question de l’épargne que sur celle du social et du travail. Il explique que l’achat immobilier est très valorisé, parce qu’il permet de transférer la valeur dans le temps, ce qui se produire à condition que la génération suivante dispose d’autant d’épargne à y investir, sinon le cercle se rompra. En somme, il s’agit d’un commerce des promesses, et si l’on produit trop de promesse, il faudra en faire disparaître par une crise, la vraie question politique étant ensuite de savoir quelle catégorie sociale devra supporter la charge du « mistigri »

Written by Le blog de Jean Trito

14 janvier 2011 at 21:25

John Gribbin, le chaos, la complexité et l’émergence de la vie

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Je suis toujours émerveillé lorsqu’un  scientifique parvient à nous faire entrevoir des choses insondables. Le fil  conducteur du livre, c’est que les systèmes complexes, qu’ils soient cosmogoniques, économiques, biologiques respectent les mêmes règles mathématiques. Leur complexité croit en fonction d’une loi de puissance, et l’on peut mathématiser certaines phases de ces systèmes pour montrer qu’un phénomène correspond à un état théorique. Par exemple, le nombre de cellules différenciées est lié à l’importance de l’ADN d’une espère, et chacune de ces spécialisations correspond à une phase d’équilibre théoriquement prouvée. Il nous montre aussi « l’effet papillon », où l’évolution d’un système est lié aux conditions initiales, des différences minimes entrainant de grosses différences au final. Ce qui est passionnant, c’est cette sorte d’unification vertigineuse du savoir que nous propose John Gribbin, qui va jusqu’à l’explication de la différence de la taille des zébrures selon les espèces de zébre. Je ne résume pas les livres sur mon blog, je laisse juste quelques annotations, et mes impressions personnelles, mais vous voyez que le contenu de ce livre est impressionnant et accessible.

Written by Le blog de Jean Trito

7 novembre 2010 at 11:05

Qu’aurait pu faire l’Etat avec les 200 M€ versés à Bernard Tapie ?

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http://www.performance-publique.gouv.fr/farandole/2010/pap/html/DBGPGMJPEPGM140.htm

ce document abscons, disponible sur le net est le budget de l’enseignement scolaire (appelé PAP, projet annuel de performance). On y apprend que le « schéma d’emplois » (variation des effectifs) a été fixé à -7000, qu’un enseignant en « coût d’entrée » est à 28 000 €. Conclusion, les 200 M€ octroyés généreusement à Tapie représentent le coût de 8000 enseignants du primaire environ. Ce qui lui a été donné représente l’économie faite par l’Etat sur le personnel du primaire en 2010. Plus même, parce que si l’on regarde le tableau qui explicite le calcul de la masse salariale nécessaire en 2010, on constate que ces 7000 suppressions d’emplois permettent d’économiser 156,9 M€ (tableau éléments salariaux)