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un regard sur le monde

Archive for mai 2011

Deux livres sur la culture américaine et ses rapports avec la nôtre

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Ce sont deux pavés, mais passionnants pour qui s’intéresse au domaine de la culture, et notamment américaine dans ses rapports avec le reste du monde. Marc Fumaroli, spécialiste du XVIIème siècle , et plutôt des anciens que des modernes, a quelque chose de Roland Barthes dans ses analyses des mythes de notre temps, il en est le vrai successeur. Il part de ce crystal palace de rues que sont les les abribus, pour évoquer l’art moderne américain dont il nous montre la filiation avec …Barnum. Frédéric Martel, nous décrit à travers des entretiens combien la culture de divertissement est importante pour les américains, et stratégique, puisque leur combat consiste à empêcher l’émergence d’une concurrence autre, par le lobbying incessant, et la demande d’ouverture des frontières (dans un seul sens apparemment). Je les déguste lentement en soirée, ou au cours de mes déplacements interurbains.

Balade dans les rues d’Argenteuil, ce joli jour de mai 2011

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Comme il faisait très beau, je me suis baladé dans ma ville avec un appareil photo lumix z1. Je ne vais pas très loin le week-end, me bornant souvent à ce genre de balade. Pourtant, en levant les yeux, on peut noter beaucoup de choses singulières à partager avec le reste du monde. Comme ce monument aux morts qui me fait penser à un tableau de Cole.

Nous avons souvent des fêtes, dont un concert annuel gratuit, cette année ce sera Yannick Noah.

Je suis passé au bord de la Seine, et j’ai pensé qu’ici autrefois Monet avait peint ce paysage. C’est le fantasme électoral de toutes les mairies successives, de droite ou de gauche, que de pouvoir un jour reconstituer le site.

Par contre, cette Seine là fait rêver.

Les vitrines de Babou, à l’approche de l’été, ressemblent à des œuvres de pop art.

La lutte est sévère pour garder certains services publics en banlieue.

Ne dirait-on pas une rue ailleurs et partout dans le monde ?

En levant les yeux, on peut remarquer des choses anciennes, et d’un autre temps, celui où la religion catholique était omniprésente, avant les enseignes des fast-foods.

Certains jugent cette entrée de ville peu sexy, avec cette station-service, et la fresque d’Ernest Pignon de « l’homme moderne », qu’il est parfois question de supprimer.

Argenteuil, la statue d’hommage à la résistance et à Gabriel Péri de Antoine Rohal

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Je continue mes pérégrinations au milieu des statues inconnues, et qui gagnent tant à être filmées. Par rapport à un tableau, une statue peut être filmée sous différentes angles, et ses trois dimensions permettent de la rendre ainsi vivante et plus impressionnante en lui restituant la vie du regard, ce qu’une photo ne permet pas.

Sur le cours Gabriel-Peri, les passants passent indifférents devant cette statue d’hommage à Gabriel-Péri, héros de la résistance, fusillé au mont Valérien. Elle relève d’un style communiste municipal. En 1970, pour rendre hommage au premier député communiste d’Argenteuil, la ville érige un monument commémoratif, œuvre du sculpteur Antoine Rohal.

J’ai recherché d’autres oeuvres du sculpteur Rohal, j’ai trouvé cet hommage à Guy Môquet.

Citizen Kahn à Xanadu

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Strauss-Kahn a choqué les américains par ses mœurs, il vient de choquer les français par son niveau de vie. Sa prison est une prison modèle. C’est Xanadu dans laquelle s’est réfugié Citizen Kahn. Un véritable palais, sans souci du Kahn dira-ton. Sarkozy s’amuse, le Fouquet est relativisé au niveau d’une cantine. La gauche caviar est démasquée et ridiculisée. On vante la modestie du look de Hollande et Aubry. L’autre Kahn, Jean-François, vient de renoncer au journalisme, comme Jospin s’était retiré de la vie politique le 21 avril 2002, devant le ridicule de ses déclarations publiques.

Les fans de DSK sont désespérés, comme Romain Blachier. Il est peut-être urgent de mettre en place une cellule de soutien psychologique.

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27 mai 2011 at 22:03

Le conseil, un art de la condescendance ?

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Pourquoi le conseil est-il si mal ressenti, tombe-t-il si souvent à côté, et les donneurs de conseils ont-ils une image si négative, alors que certains en font profession ?
Celui qui donne un conseil se situe souvent en surplomb par rapport à un interlocuteur en difficulté. Ce que ressent le conseillé, c’est surtout sa position d’infériorité, ou plutôt le fait que l’on essaie de la lui faire ressentir. Il semble alors que le conseilleur profite de la situation pour se mettre en valeur au détriment de l’autre, pour valoriser ce qu’il est comme un exemple à suivre, le conseil est une manifestation accrue d’ego et de mépris vis-à-vis de l’autre. Le conseil abaisse celui qui le reçoit, c’est un acte de condescendance.
Le conseil est souvent à côté de la plaque, donné en méconnaissance du contexte, sans avoir compris la question posée.
Le conseil est souvent teinté d’incompétence : on s’érige en connaisseur du sujet et on administre des leçons catastrophiques, que l’on se garderait bien de s’appliquer à soi-même. C’est peut-être le trait majeur du mauvais conseil, celui qui est bon pour l’autre, mais que l’on se garderait bien de suivre. Le mauvais conseil fait fi de toute complexité des choses, et est un ramassis idéologique de l’air du temps, des clichés de la télévision, et de la bonne image que l’on a de soi.
Le conseil est souvent méchant, il vise à abaisser et à profiter d’une situation d’infériorité pour blesser sous le couvert d’un service rendu.
Le conseil ignore les problématiques de l’autre, il est asséné sans consultation, sans approfondissement, sans rechercher les aspirations de l’autre. Il n’entend pas l’autre, il l’ignore.
Le conseil ne réfléchit pas, il assène.
Il reste toutefois à écrire une sociologie du conseil, j’écris un peu spontanément tout cela, mais il reste à analyser ce qui est en jeu, et qui me semble tellement important et significatif que cela n’a été étudié nulle part à ma connaissance, il resterait aussi, par différence à expliquer ce qu’est le bon conseil, peut-être celui qui ne conseille pas, mais qui accouche l’autre d’une décision appropriée en apportant des éléments utiles, et en l’aidant à réfléchir avec plus de sureté, mais ne suis-je pas là en train de vous donner un conseil ?

Written by Le blog de Jean Trito

22 mai 2011 at 10:23

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La statue de l’éloquence à Beaune

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Je ne sais qui a réalisé cette statue à Beaune, ni pour quelle occasion elle a été installée dans ce jardin. Je n’ai trouvé aucun renseignement sur le net, et je ne peux en dire plus. Pourtant, j’aime bien le mouvement de ses gestes que la video permet de recréer, le regard de la personne qui se saoule de ses mots, la pupille dilatée par le plaisir de la conversation.

C’est l’exemple de ce que l’on peut faire avec un camescope de poche, en se baladant, et en prenant note sans difficulté d’une chose qui nous intrigue. Pour moi, le charme de la photo ou de la video, c’est de pouvoir faire spontané, de cueillir ce qui passe à portée, sans lourd attirail que son esprit ouvert et attentif.

Written by Le blog de Jean Trito

21 mai 2011 at 21:46

la disparition des vidéastes amateurs

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Je m’étonne de constater la disparition d’un loisir populaire qu’était la video. Il me semble que l’on voit de moins en moins d’amateurs filmer les évènements familiaux. De même, si l’on trouve beaucoup de revues sur la photo, il semble que celles consacrées à la video aient totalement disparu du marché. Il faut aussi dire qu’une séance de video était plus ennuyeuse que les antiques séances de projection de diapositives quand l’appareil se coinçait. On assistait à la projection monotone de paysages filmés en tremblotant avec un zoom trop puissant, et des balayages comme si la camera avait servi d’éventail. Certains filmaient des heures sans savoir ce qu’était un cadrage ou même une image. Pourtant le principe est simple, il suffit déjà de bouger l’appareil très lentement comme si l’on tenait un verre trop plein dont on ne souhaitait pas renverser l’eau, et aussi de savoir qu’une courte focale est bien plus utile qu’une très longue sauf pour les animaux et les spectacles.
Je n’avais pratiquement jamais touché à la video avant d’avoir un apn, mais je ne savais quoi faire des clips, alors que quelques logiciels gratuits permettent d‘en tirer quelque chose. De même beaucoup de gens sont passés au numérique sans savoir quoi faire des clips multiples qu’ils ne savent pas assembler si aucun logiciel de montage ne leur est fourni avec l’appareil. La video me semble pourtant présenter un grand intérêt de témoignage et de souvenir. Elle donne davantage une idée de la vraie vie que la photo, elle permet de réaliser de petits reportages, dont le touché amateur parait d’autant plus artistique qu’il s’éloigne du côté trop léché des clips publicitaires. Il produit un effet de réel et de concret plus frappant. Je crois que les gens ont fini par renoncer à leur caméra, comme ils ont renoncé au transistor qui hurlait à plein volume sur les plages, parce que la mode a changé, parce qu’ils n’ont pas acquis les bases minimales, n’ont pas su monter leurs films, les conserver les mettre en valeur.
Avec internet, on dispose de moyens de diffusion avec tous les périmètres de filtrage disponibles. On peut les charger sur youtube
et leur donner une diffusion large, on peut restreindre cette diffusion et n’envoyer l’adresse qu’aux intimes. Les familles sont de plus en plus éclatées, le net est le moyen de garder un lien « de faible intensité » en échangeant des images. Quand je repense au cinéma de Guy Debord, ou des documentaires faits avec presque rien, on se dit aussi que l’on tient ainsi un fabuleux moyen d’expression artistique et autre.
on n’est plus obligé non plus de trimbaler un instrument lourd et encombrant, il existe de petites cameras, et les APN permettent de filmer en HD, ils peuvent se glisser dans un sac et leur optique soignée en fait de bons camescopes. On retrouve le rêve d’une camera stylo chère à Godard.

Written by Le blog de Jean Trito

21 mai 2011 at 21:35