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un regard sur le monde

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Portrait inusable

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Avec nos smartphones, nous pouvons réactualiser sans crainte nos photos de profil, parce qu’il est possible de pousser le lissage intégré à l’appareil-photo, et de faire disparaître les ridules qui deviennent des canyons, simplement en augmentant « l’embellification ». Notre profil Facebook devient ainsi une sorte de portrait de Dorian Gray, toujours réactualisé, mais de moins en moins actuel.

Written by Le blog de Jean Trito

27 juillet 2018 at 18:08

Le couple franco-allemand

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Charlie hebdo, faut pas charrier

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L’attentat contre les locaux de Charlie-hebdo a permis au journal de se poser en martyr, et de défendre la liberté d’expression, sans se poser de questions sur ce contenu. Est-ce que Charlie-hebdo est vraiment l’héritier des dessinateurs libertaires des années 70 ? ceux-ci secouaient une société qui ne reconnaissait pas qu’elle avait déjà beaucoup évolué, et dont le discours sur elle-même était déjà en décalage avec sa réalité. Elle pouvait supporter ce regard accru des dessinateurs sur l’absurdité de certains de ses modes de fonctionnement, il exprimaient une forme de progressisme. L’un de ces anciens, d’ailleurs, Siné a quitté le journal. A entendre la tonalité apportée par Val, je me demande si plutôt qu’une caricature, les textes sur l’Islam ne traduisent pas au fond un très grand mépris et une prise de position non avouée.

où s’arrête la caricature, où commence la haine ? Est-ce que Charlie pose des questions pertinentes, ou est-ce qu’il n’est pas devenu un décalque de la caricature des années 30, comme celle-ci ?

N’est-il pas en train de traiter le musulman, comme certains ont caricaturé le juif dans les années 30 ? ne participe-t-il pas d’un même dérapage ?

J’ai grandi dans les années 70, dans une société athée, ou à la rigueur Jésus passait pour un gauchiste. La messe ressemblait à celle que décrit le film, « la vie est un long fleuve tranquille », avec des curés, barbus, chevelus, comme Maxime Le Forestier à son époque, et s’accompagnaient à la guitare comme lui. Les filles et les garçons se sentaient égaux, la pub n’avait pas envahi la télé, on se gaussait de la situation aux USA où l’on osait couper un film pour y insérer une pub, comme d’un sacrilège, et comme d’un pays un peu décadent pour cette raison.On imaginait un futur cool, égalitaire (le néo-libéralisme n’existait pas, et personne n’aurait imaginé qu’il soit l’avenir du monde), avec des techniques qui libéraient des taches fastidieuses. La religion était quasiment un souvenir, une antiquité.

Je ne pense pas que les français de souche aient profondément évolué par rapport à ce temps, et ils ont été surpris sans doute par un retour du religieux, ou plutôt sa métamorphose en un substitut du marxisme, une manière d’affirmer son identité pour les pauvres. Qui aurait imaginé un jour que nos enfants se fassent reprocher de manger du cochon à la cantine, dans la France du XXIème siècle, n’aurait-ce pas été complètement incongru ?

Bien sur la religion musulmane n’accepte pas l’égalité hommes-femmes, mais c’est plutôt une question de culture que de religion, laquelle ne semble rien demander de particulier à ce sujet, et de toute façon, l’interprétation aurait pu suivre l’évolution des temps. Nous devons accepter une nouvelle donne, dont nous espérons qu’elle pourra se dissoudre dans l’identité européenne, s’assouplir, et se rapprocher des relations plutôt formelles que nous avons avec la religion catholique, qui marque les grands évènements, et correspond davantage à une culture partagée, qu’à une croyance fondamentale pour la plupart des gens.

Cette nouvelle donne nécessite que nous acceptions de nous décentrer, d’accepter ce qui nous échappe, et aussi de la respecter, à condition de faire respecter ce qui est notre identité, et sur lequel on ne peut transiger. Il n’est pas possible notamment que le porc puisse être banni de nos cantines scolaires, faire admettre notre culture, est le préalable pour que nous soyons nous-mêmes capables de respect. Mais une fois cela admis, est-il possible de se moquer comme le fait Charlie-hebdo, et ce avec une arrière pensée, qui est une position sur le conflit israelo-palestinien, position respectable, mais qui ne peut s’avancer ainsi masquée sous le voile de la caricature.

Val a dénigré certains livres qui montraient combien les militaires avaient manipulé les islamistes en Algérie, et ce qu’il raconte est donc au moins sujet à caution. Charlie-hebdo dissimule sa position par une défense de la liberté et de l’expression, sans accepter d’être relativisé, comme si la caricature valait vérité. Elle peut grossir le trait, montrer l’écart entre le discours et la réalité, mais elle ne suffit à elle seule à se substituer à l’analyse/

En gros, Charlie nous a présenté des caricatures dignes des années 30, en faisant passer tout cela pour de la liberté d’expression, et du courage. La réalité me semble bien plus nuancée.

Written by Le blog de Jean Trito

5 novembre 2011 at 19:59

Dessin d’actualité

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Written by Le blog de Jean Trito

4 septembre 2011 at 14:55

Campagne pour le don d’organe, quand l’humour tombe à plat

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Il est certes difficile de faire de l’humour avec des choses graves, bien que Reiser ou Desproges, atteints d’un cancer, se soient moqués de la maladie. Mais leur humour n’a pas visé à ridiculiser une question grave, simplement à s’en moquer pour ne pas être sous son emprise. Sans faire inutilement de l’esprit positif auquel personne n’aurait cru, ils ont visé à hausser leur humanité au-dessus de la maladie qui les détruisaient. La campagne lancée par une série d’associations me désole, son humour est à peine digne du comique troupier, et tente une dédramatisation ratée du don d’organe, au lieu de grandir le don, elle le rapetisse. C’est un humour digne d’une pub pour des bandages herniaires pour personnes âgées.

L’humour est difficile, il faut, comme pour le chant, que chaque note soit juste, même si c’est dur comme du Reiser ou du Desproges. Là on passe à côté, on ne dédramatise rien, on tourne en dérision le donneur et non la maladie, et on a l’impression qu’elle a été conçue par des gens qui n’en avaient rien à faire, qui n’étaient pas touchés par le problème, et voyaient la maladie comme un truc qui ne touche que des blaireaux et des bidochons. Je vais passer pour un bonnet de nuit, un brise-fête, mais je crois que je m’y connais en finesse humoristique, et là je suis déçu. C’est une société de communication, l’agence BETC qui l’a réalisée gracieusement. C’est une agence qui vante sa publicité et sa manière de prendre le client à contre-pied. Je ne crois pas qu’elle ait marqué un penalty sur contre-pied cette fois, elle a pris à contre-pied son propre gardien. D’abord, elle sous-estime la greffe, qui n’est pas une continuation, mais un nouveau départ, risqué, avec beaucoup de déçus et des effets secondaires. Ensuite, elle sous-estime le donneur qui ne permettrait que la poursuite d’un quotidien qui semble bien chiant et bien gris, alors que pour lui, pour le receveur, rien ne sera plus jamais comme avant, en bien ou en mal. Sous-estimer les choses n’est pas une preuve d’humour, au contraire, l’humour serait de révéler ce qui est derrière les choses ou d’en permettre une nouvelle compréhension, accrue et plus fine. Je ne vois pas qui on peut sensibiliser avec un pareil message, pas le grand public qui croit que changer un organe est comme changer une pièce dans une automobile, et pas les familles de malades qui vont percevoir tout le ridicule de cette campagne. Le danger de l’humour qui ne fonctionne pas, c’est d’aller à l’encontre d’un plus de lucidité et de clairvoyance, c’est de se transformer en langue de bois.

La dialyse coûte cher, et en raison de la baisse du nombre d’accidents, et du refus fréquent des familles, il est plus difficile de réaliser des greffes. Une partie des médecins, sous la pression économique, et du système social, préconise le don familial, comme c’est le cas dans certains pays. Il se peut que l’argument économique soit même le premier, et que les associations de malades ne fassent que relayer ce message. bien sur, il y a de très belles réussites avec un rein familial, mais ce type de message est loin d’informer sur tous les risques. Barbara Ehrenreich, qui dénonce l’esprit positif américain, parce qu’il conduit à surestimer les chances, et à ne pas prévoir l’échec, montre que les gens pessimistes vivent plus longtemps parce que plus prudents, et que l’optimisme est une catastrophe pour les américains. je suis ce type d’esprit pessimiste.

Written by Le blog de Jean Trito

26 juin 2011 at 22:33

La leçon de management

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Je me suis inspiré de clips américains sur RSA animate, qui illustrent des conférences de sciences humaines et de management avec des cartoons, ce qui rappelle un peu une très vieille émission d'humour française, du tac au tac. J'ai pris un de mes dessins humoristiques qui décrit une question concernant les grandes organisations, même si ce que j'ai fait est un peu modeste en moyens.

leçon de management

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Written by Le blog de Jean Trito

15 juillet 2010 at 19:49

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Mes vieux crobards

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Parfois, je retrouve de vieux crobards que je n'ai pas développés, et peaufinés. Ils sont restés à l'état de simple idée juste ébauchée. Comme je préfère souvent le trait vivant du dessin au tableau fini et léché, je redécouvre ces esquisses avec émotion ce temps où je notais des idées sur des cahiers de brouillon.

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Written by Le blog de Jean Trito

3 janvier 2010 at 08:45

Publié dans vagabondages

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