triton95

un regard sur le monde

Archive for novembre 2013

présentation simpliste d’un problème complexe

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On trouve souvent des caricatures de l’administration, qui sont de ce type.

Je crois que c’est Alfred Sauvy qui décrivait dans un livre, lu voici très longtemps, la situation suivante.

Il évoquait les difficultés d’affectation de l’administration, notamment de la poste.
Le cycliste A habite à X et va travailler à Y. Le cycliste B habite à Y et va travailler à X. Ces deux cyclistes se croisent tous les matins et tous les soirs, mais il leur est impossible d’échanger leur poste, afin de réduire leur temps de trajet, car les procédures de l’administration ne permettaient pas à leur demande d’aboutir. Sauvy prend cet exemple des lourdeurs et des absurdités de l’administration.

C’est une manière simpliste de présenter un problème complexe, de façon à provoquer chez le lecteur une réaction de sens commun, sans prise en compte de la complexité de l’arrière-plan de cette décision.

C’est une présentation d’un problème qui méconnait deux grands principes importants dans la résolution. L’administration se veut un système de transparence et d’égalité dans les décisions touchant au personnel, et doit objectiver les conditions de mutation, en tenant compte de l’ancienneté, de la situation de famille notamment. D’autre part, elle recrute au plan national, ses agents pouvant être affectés partout sur le territoire, refusant en cela un principe de localisme qui voudrait que les reçus au concours travaillent près de chez eux. Telles sont les deux grands principes, l’égalité et le service de la France au plan national.

Pour ces raisons, tout mouvement de mutation doit respecter ces deux principes, et compte tenu du nombre de candidats à la mobilité, il est très difficile pour que, le hasard faisant bien les choses, on ne retrouve que ces deux candidats pour leurs deux postes respectifs. Autre problème, la mobilité vise à permettre de pourvoir des postes vacants, or, aucun de ces deux postes n’est vacant. Cette difficulté est résolue, en mettant à la mobilité d’une part des postes non pourvus, d’autre part des postes susceptibles de vacances, dans la mesure où les deux cyclistes auront fait connaître leur intention de bouger.

La présentation du problème par Sauvy ignore donc délibérément toute la complexité de la question, et oublie complétement les principes à respecter, comme si l’on vivait dans un pur pragmatisme. Ce type d’exemple, souvent donné par les medias est une forme d’escroquerie intellectuelle, parce qu’il présente une question comme accessible au sens commun, en faisant l’économie de toute complexité.

On pourra s’étonner de la bureaucratie nécessaire au maintien de la transparence, de l’égalité, et du principe national, mais il en est ainsi dans beaucoup d’autres domaines. Le néo-libéralisme, par exemple, pour imposer un système de marché, doit avoir recours à une bureaucratie impressionnante, que l’on oublie trop souvent. Faire respecter quelques principes communs imposent une lourde administration, c’est seulement dans un système sans règles, et où seules comptent les connaissances personnelles, que l’on peut se passer de bureaucratie paradoxalement.

deux cyclistes se croisent tous les matins
présentation simpliste problème complexe faussement accessible au sens commun
difficulté de gérer la complexité : égalité, transparence, nécessité d’une approche bureaucratique
de même le marché parfait nécessite beaucoup de bureaucratie

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Written by Le blog de Jean Trito

30 novembre 2013 at 05:22

la banlieue caricaturée au premier degré

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C’est une scène extraite du film « musée haut musée bas », film satirique sur le rapport à la culture, nous montrant des snobs et des blaireaux évoluant dans un immense musée.

Gérard Jugnot y représente la province, à la recherche des toiles impressionnistes, parce qu’elles sont très françaises, et représentent quelque chose de compréhensible et de bucolique.

L’ironie est dans l’opposition entre ce monde idéal et nostalgique des impressionnistes, ce portrait d’une vraie France, et ce que sont devenus ces paysages. Face aux champs de coquelicots et autres Monet peints à Argenteuil, Jugnot s’écrie que ce peintre a bien du mérite d’avoir rendu beau « cette ville pourrie d’Argenteuil ».

Est-ce une caricature du blaireau qui ne comprend rien à la peinture, et recherche la familiarité, la francité, l’authenticité, là où Monet avait au contraire fait éclater les formes de son époque, recherchant le mélange de modernité et de tradition du paysage que représentait Argenteuil en son temps, ou est-ce une critique de la banlieue, si loin et si proche de Paris ?

Je crois que le réalisateur avait du venir s’expliquer à Argenteuil, son humour ayant été peu gouté du maire. Je ne sais comment il s’est tiré de cette situation et a pu expliquer son humour. On peut toujours dire qu’un commentaire méprisant est du second degré, et que mis dans la bouche d’un blaireau, il vise à ridiculiser le dit blaireau. Faut-il y voir alors non une critique de la banlieue, mais une critique du petit blanc vue par l’élite, du provincial vu par le parisien ? Quelque soit la manière dont on tourne l’analyse, elle s’avère périlleuse.

Written by Le blog de Jean Trito

30 novembre 2013 at 04:52

Paris, les illuminations sur les champs Elysées

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Written by Le blog de Jean Trito

27 novembre 2013 at 22:45

Publié dans Paris

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Que de temps passé sur l’écran

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Que de temps passé sur écran, car après 15 ans de net, je me rends compte combien ma vie a changé. Je me lève et je consulte l’actualité, mes sites « marqués », puis je consulte facebook, ma messagerie, et cela plusieurs fois par jour. Je ne regarde plus la télé, le vois youtube, ses films, ses clips, et les émissions sur les chaines de télé. Voici 15 ans j’habitais Paris, et je bougeais davantage, j’étais même hostile au métro, et voyageais à pied. Je me demande souvent si j’apprends des choses, si je ne navigue pas dans le dérisoire, et le bourdonnement de ces anecdotes qui envahissent tout le media.

Le net ne concerne pas que les jeunes, mais toutes les générations : est-ce un bien ou une perte, la perte de rencontres humaines, mais qui, peut-être ne sont pas une perte, parce qu’elles ne se font pas, et que c’est plutôt un vide qui disparait qu’une chose vraiment importante.

A Paris, on trouve des gens qui ne pourraient vivre ailleurs, et la difficulté est lorsque l’on quitte cette ville, de vraiment constater que soi aussi, on ne pouvait vivre ailleurs.

Est-ce vivre d’ailleurs, ? on voit tous ces gens poursuivre un métier alimentaire pour vivre vraiment le soir, dans un autre monde, celui des bistrots, du cinéma, des musées, un monde flottant, d’où tout extirpation donnera l’impression de couler.

Le net est fascinant au sens que l’on ne peut plus le quitter, parce qu’il n’y a plus rien ailleurs. La net est l’instrument idéal d’un gouvernement qui devra occuper une jeunesse à laquelle il ne pourra rien proposer, un peu comme la télé fonctionne en permanence chez les retraités. L’humanité électronique a remplacé l’humanité, mais c’est un autrui idéal et moins fatigant, où tout est positif et renouvelé.

 

 

 

Written by Le blog de Jean Trito

24 novembre 2013 at 11:03

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audience

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je suis toujours étonné de constater l’audience immense et qui passe le temps de certains de mes posts, et de constater que d’autres, plus profonds, ne sont presque jamais lus, ou alors dans le fil de l’actualité, comme si les moteurs de recherche ne ramenaient que des sujets rebattus, ou très quotidiens, comme si cette audience n’était que l’écho d’une résonance produite ailleurs.

Written by Le blog de Jean Trito

24 novembre 2013 at 09:32

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Le loto

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De plus en plus de phrases commencent par « si je gagne au loto.. », comme si l’on avait renoncé à ce que la vie pouvait nous apporter, et que l’on ne pensait plus que le travail permette de réaliser ses rêves, comme si tout ne pouvait arriver que par une sorte d’intervention du hasard pur. C’est peut-être là une marque de manque de confiance dans une société, où l’on pense, contrairement à nos parents, que peu de choses pourront évoluer.

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24 novembre 2013 at 09:29

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Après France -Ukraine

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foot le pen 21112013

Written by Le blog de Jean Trito

21 novembre 2013 at 11:25