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un regard sur le monde

Archive for mars 2011

L’extrême-droite des débuts en France (1971)

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Ce document est peu connu, il nous montre l’extrême-droite (Ordre nouveau) à en 1971 lors d’un meeting. Il y a une interview de François Duprat, assassiné en 1978, de façon assez mystérieuse. Une biographie va sortir sur sa vie, mais malgré le temps passé, les archives n’ont pas été ouvertes le concernant. Son discours est un peu étrange, il ressemble plus à celui de Marine Le Pen qu’à celui de son père, avec déjà une critique de l’économie anti-oligarchie.

Après la dissolution d’ordre nouveau en 1973, est créé le front national.

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Written by Le blog de Jean Trito

28 mars 2011 at 22:48

Sarkozy, une gestion à l’africaine ?

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Qu’a fait Sarkozy finalement ? Si l’on lit les commentaires de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques, on constate que la dette de l’Etat provient d’une dépense fiscale (diminution des impôts) de 100 milliards par an. En quelque sorte une partie de la société s’est enrichie par une augmentation de l’endettement. Si l’on veut rétablir la situation financière du pays, il faut donc leur faire rendre ces sommes, dont certaines investies à l’étranger ou placées en Suisse. Cela ne vous rappelle rien, au fond qu’elle est la différence avec la gestion de certains dirigeants de pays africains qui ont transporté une partie du PIB à l’extérieur, pour qu’il soit disponible en cas de fuite. La dette a permis de réduire la pression fiscale sur une partie aisée de la population française.

Que se passera-t-il si notre univers paisible voyait s’effondrer les conditions économiques qui en permettent la douceur, ne verrait-on pas apparaître de nouvelles haines, au long de lignes de fractures sociales, religieuses, ethniques, ou autres . Notre paix est dépendante d’une croissance, ou du moins d’un maintien de notre niveau de vie. Elle ne résisterait pas à une réduction drastique de nos moyens, une renonciation à la société de consommation, surtout en ville où l’on ne peut vivre en autarcie. Peut-être survivraient des groupes isolées dans les campagnes, loin de tout, qui réinventeraient une vie traditionnelle. Nous volerions en éclats comme l’Allemagne des années 30, à la recherche de boucs émissaires.

La tragédie du Japon nous pose ce type de questions, dignes d’un « Malevil » post nucléaire, pourrions nous régresser sans perdre notre âme. Voici quelques mois, Internet était en panne, et donc la télévision, le téléphone, l’ordinateur. Nous nous sommes trouvés mieux, dans le calme et le silence d’un dialogue retrouvé, sortis du chahut infernal de nos nouvelles technologies. Peut-être une baisse de richesses matérielles nous ferait-elle ainsi redécouvrir des valeurs perdues. Sommes-nous vraiment condamnés à ce que les enfants grignotent devant l’ordinateur et la télé, que les gens passent indifférents le téléphone portable collé à l’oreille, et que tout contact humain soit remplacé par Internet ?

Le futur peut-il devenir une forme de cauchemar, comme dans la première adaptation de « I’m a legend » et restée la meilleure à ce jour, une version encore pire que « Malevil », celle d’un monde où nous survivrions seuls ?

 

Written by Le blog de Jean Trito

28 mars 2011 at 21:54

Argenteuil fait basculer le Val d’Oise à droite

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A Argenteuil, c’est le taux d’abstention qui détermine le résultat d’une élection. On l’a vu à la présidentielle, où les quartiers pauvres populaires ont voté massivement pour Ségolène Royal. Sinon, comme lors de cette cantonale, on comprend tout de suite le résultat en regardant le taux d’abstention par quartier. Les quartiers de classes moyennes ont participé à 50%, les autres à 30 %. Au moins quand on pense avoir un intérêt à défendre on se mobilise davantage. Le résultat est mécanique, bien que la gôche se soit ressaisie au 2ème tour. Il y a une angoisse des classes moyennes à laquelle l’UMP locale (pas la nationale) répond mieux. Je note aussi qu’au plan national le FN n’a pas fait illusion, avec 10% des voix seulement. Le territoire est composite, avec des niveaux sociaux différents, mais aussi un taux d’abstention qui varie inversement proportionnellement à la fortune dont on dispose.

Written by Le blog de Jean Trito

28 mars 2011 at 19:36

Le printemps à Paris, VIIème arrondissement, square Samuel Rousseau

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Au fil du temps, je photographie les saisons dans le même square du VIIème arrondissement de Paris, situé devant l’église Sainte-Clotilde, elles se voient à travers les changements dans les jardins. On voit l’opposition entre le végétal, et le monument consacré à César Franck par Alfred Lenoir (1891).

Le culte de l’adresse ou la distinction du pauvre

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Ce qui est surprenant lorsque l’on arrive en région parisienne, c’est que tout le monde se définisse par son adresse postale. Il semble que l’adresse précède l’essence, et qu’elle résume tout de l’individu, ses relations, son origine, son travail, ses études, sa substance. Il est même des gens qui ont tout perdu, sauf l’adresse située dans un immeuble minable, mais d’un quartier présentable, et qui se raccroche à ce seul vestige. Je ne sais s’il s’agit de gens pauvres dans leur tête, et qui ne possèdent plus que ce moyen de classement social, ce tri sélectif qui permet de sélectionner ses connaissances de manière affirmée et sans commettre d’erreur sur la personne. Bourdieu parlait de la distinction, ce moyen exigeant fondé sur une culture bourgeoise difficile et longue à acquérir, qui nécessitait une émergence prolongée dans un milieu instruit, afin d’en acquérir les codes. La culture de l’adresse en est-elle vraiment un raccourci, un moyen commode d’aller plus vite pour juger ? ou n’est-ce que le moyen d’outsiders qui ont fait l’économie de l’acquisition d’une vraie culture, bien plus difficile à obtenir, pour se contenter d’un jugement social approximatif parce qu’ils n’ont pas les moyens d’une vraie culture. Je remarque que plus l’on a de difficultés avec la culture légitime, et plus on utilise l’argument qui peut être acquis avec un peu d’argent, et sans un cheminement douloureux dans la construction d’une culture générale. L’adresse est peut-être la distinction du pauvre.

Written by Le blog de Jean Trito

27 mars 2011 at 09:24

De l’inégalité des territoires

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J’avais été surpris par un sondage bien peu repris et commenté voici quelques années, qui montrait que la décentralisation était impopulaire. Des critiques portent sur le mauvais calibrage du transfert des charges par l’Etat, mais à l’inverse on a vu, en Ile-de-France, la région rebâtir les établissements d’enseignement que l’Etat avait négligé, alors que les crédits correspondaient sans doute objectivement à la dépense, la décentralisation a permis de corriger une anomalie.

Le sentiment général est que l’on a réuni des populations pauvres ayant de forts besoins sociaux dans des territoires qui seront plus pauvres en ressources, malgré les péréquations instaurées par la suite. La décentralisation ajouterait à la ségrégation territoriale qui permettrait aux plus aisés de s’isoler et de fuir leurs responsabilités sociales, en ne participant pas à un effort global sur le territoire national. Entre le Val d’Oise et les Hauts de Seine, il suffit de franchir le fleuve pour bénéficier d’une meilleure indemnisation pour une formation. On dit aussi que les Hauts de Seine recherchent des actions à financer, tant la ressource est inégale une fois que l’on franchit les limites départementales. C’est comme si l’on avait fait de la Seine une sorte de nouveau Rio grande.

Written by Le blog de Jean Trito

26 mars 2011 at 21:29

Au coeur du pouvoir de Bercy

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C’est une grande enquête sur le fonctionnement de Bercy, que j’ai feuilletée, pensant y retrouver certaines choses connues. Je ne me suis pas intéressé aux batailles de ministres dans un ministère coupé en deux, mais aux notations sur l’ambiance générale. On travaille à Bercy, les journées y sont interminables, à un tel point que cela pose un problème de gestion des ressources humaines, les candidats ne sont pas forcément des stakhanovistes désireux de découvrir une « no life », où le travail sera l’essentiel du temps, et où tout le reste sera sacrifié. On peut aussi se demander si tout ce temps passé au travail est vraiment nécessaire ou s’il s’agit d’une posture, d’une manière d’être, d’une culture à laquelle le nouveau venu devra s’assimiler. Cette quantité de travail, donne droit aux meilleures rémunérations de la fonction publique, mais aussi au droit d’être arrogant, y compris avec les ministres que l’on fait patienter longtemps.

Bercy est le temple de l’économie libérale, dont le credo est la concurrence et le libéralisme, mais c’est une sorte de pensée unique, car un économiste universitaire (ils sont rarissimes) se plaignait que la culture économique n’y était formée que de clichés, et de lieux communs, sans vraie réflexion.

Un candidat comparait le bâtiment à l’hôtel du « Shining », et Laurent Wauquiez s’est enfui quand il a découvert l’ambiance. Là on pense à Romain Duris dans « l’auberge espagnole ».

Bercy a une influence énorme sur les décisions économiques, à tel point que l’on apprend que pour mettre fin au projet d’un ministre dont on ne veut pas, il suffit de rajouter un zéro au chiffrage de la mesure, pour la rendre rédhibitoire, et qu’elle ne puisse jamais voir le jour. On appréciera la finesse des prévisions…si l’inflation et le taux de chômage sont estimés de la même manière….