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Le budget équilibré d’hadopi

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Dépenses 2012 : 12 000 000 €
Recettes 2012 : 150 €

« Un homme a été condamné jeudi 13 septembre par le tribunal de police de Belfort à une amende de 150 euros pour « négligence caractérisée » et pour avoir téléchargé illégalement de la musique. Ce quadragénaire devient ainsi le premier internaute connu condamné dans le cadre de cette procédure. »

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13 septembre 2012 at 20:03

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droit d’hauteur des droits

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24 février 2012 at 15:28

Qu’allons-nous devenir sans megaupload ?

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Les américains ne produisent plus que de l’immatériel et des actions de papier qu’ils vendent à prix d’or au reste du monde. L’arrestation des dirigeants de Megaupload comme des gangsters, alors qu’on a laissé les banquiers dévaliser le trésor américain, a quelque chose d’une scène tirée de Orwell. Mais a-t-on bien réfléchi, que vont devenir tous ces gens qui oubliaient la crise devant megaupload, qui suivaient les télénovelas américaines en 20 saisons de 50 épisodes ?

Est-ce bien prudent d’avoir retiré son opium au peuple, de l’empêcher de dormir devant son télécran ? Comment va-t-on occuper une armée de chômeurs, de désœuvrés ? Et s’il se mettaient à réfléchir, à lire, à contester, à réclamer, à protester ? L’Etat a-t-il eu raison d’utiliser les grands moyens pour priver le peuple de son somnifère ? Et si les gens sortaient de leurs séries, de leurs écrans plats, de leur téléphone portable, et se remettaient à parler les uns aux autres, à confronter leurs expériences, à réfléchir : le cerveau, voici le plus dangereux de tous les sites. Avec son cerveau, on peut télécharger des chants révolutionnaires, et les graver dans sa matière grise, on peut les transférer en peer-to-peer par la bouche et les oreilles, et on peut se mettre en marche.

Il ne fallait pas réveiller un peuple anesthésié, sous le prozac des séries à volonté.

 

 

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20 janvier 2012 at 22:30

Seul le Figaro évoque les pressions américaines qui ont imposé HADOPI

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On dit beaucoup de mal du Figaro, je ne suis pas de cet avis, même si on peut le trouver marqué à droite. Je citerai en exemple cet article qui devrait ouvrir les yeux de beaucoup de gens sur la spontanéité de la mise en place d’HADOPI, il s’agit d’un diktat américain, avec des pressions et du chantage, comme le révèle le cas de l’Espagne. Personne n’a apporté d’éléments pour le cas de la France, mais ils ont manifestement été échangés de manière plus feutrée, et sans révélations. On comprend comment certaines décisions sont prises actuellement, que ce soit au niveau européen, ou au niveau de la France. Pour les américains, le droit d’auteur, et sa protection sont fondamentaux, car leur seule production est dans l’immatériel, et la possibilité de le vendre très cher. Pour cela, HADOPI, et le contrôle orwellien des contenus intellectuels sur le net est un point de passage obligé, et le support de tout le dispositif.

Ce qui est surprenant, c’est que le Figaro est le seul journal à révéler cette information et à la mettre en valeur. Les autres, dont le nouvel observateur, qui pourraient au moins relever comment la décision d’instaurer HADOPI a été mise en place, ne pipent mot.

« Des documents officiels révélés par les médias espagnols dévoilent les menaces économiques opérées par les États-Unis pour que Madrid mette en application une loi sanctionnant les sites violant le droit d’auteur. »

« Le contenu de la lettre dévoilée par El Pais ne fait aucun doute quant à l’objectif des officiels américains: faire changer d’avis Zapatero avant que le Parti Populaire de Mariono Rajoy, qui s’était opposé à la loi Sinde afin de finalement la voter, n’accède au pouvoir fin décembre. Pour cela, l’ambassadeur américain a averti le chef du gouvernement espagnol que son pays risquait fort de se retrouver sur la «Priority Watch List» (liste de surveillance prioritaire) des «plus pires violateurs des droits de la propriété intellectuelle», où se trouve déjà la Chine, l’Inde ou la Russie. En clair, l’Espagne risquait de subir de très sérieuses sanctions commerciales de la part des États-Unis pour avoir refusé de mettre en application une législation anti-piratage.

Jose Luis Zapatero n’a pas répondu aux demandes américaines. Mais à peine arrivé au pouvoir, le gouvernement de son successeur, Mariano Rajoy, s’est empressé d’adopter les décrets techniques nécessaires. Les médias espagnols ont révélé que Mariano Rajoy avait reçu quelques heures auparavant une lettre de la Chambre de Commerce américaine en Espagne menaçant le pays de sanctions économiques. »

« Les documents de WikiLeaks montrent que la diplomatie américaine a vanté la Hadopi française auprès des responsables espagnols. L’adoption de la loi française a en effet été suivie de très près par les Américains, si l’on en croit les télégrammes diplomatiques de WikiLeaks.

«L’ambassade [américaine à Paris] travaillait en liaison constante avec les grandes associations de l’industrie américaine du show business. Le vote de la loi Hadopi était pour elles une «priorité très importante», d’autant qu’elle pourrait servir d’exemple aux autres pays européens», expliquait en décembre 2010 Le Monde. Ce lobbying américain aura permis l’adoption d’un amendement atténuant un article de la loi «Création et Internet» de 2006 ne plaisant pas à la la BSA (Business Software Alliance). »

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6 janvier 2012 at 20:04

Est-ce que notre jeunesse aurait été transformée par le net ?

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Il est parfois intéressant et captivant de se retourner vers le passé et d’imaginer ce qu’il aurait pu devenir si tel ou tel évènement s’était produit, à la manière d’historiens américains qui examinent d’autres passés possibles, comme si l’histoire pouvait devenir expérimentale.
On est dans un monde d’une connectivité impressionnante, où l’on peut ne perdre personne de vue dès lors que l’on dispose de son nom, de son adresse mèl, ou de son téléphone portable. Je m’en rends compte tardivement, c’est un moyen d’entretenir des liens faibles, de conserver un contact avec des gens perdus de vue, mais que l’on retrouve incidemment sur facebook, ou à qui on envoie un mèl à travers un groupe de destinataires, ou avec qui l’on échange brièvement sur copainsdavant, mais là le temps passé est trop important, et la distance souvent trop grande pour qu’il se produire quoi que ce soit.

Cette arrivée de ces technologies sur le tard de ma vie m’a permis de garder ces liens qui auraient été perdus autrement, et ce n’est pas une mince victoire. Lorsque nous sommes arrivés à Paris, toutes les rencontres étaient sans lendemain, on se perdait très vite de vue, il semblait que les gens y soient glissants comme des anguilles, insaisissables. Les technologies actuelles nous auraient permis de constituer plus rapidement un réseau, d’échanger des infos, même à travers des liens faibles, et de poursuivre les contacts.

Notre génération a souffert d’un anonymat et d’une invisibilité dont la génération actuelle ne connait que l’envers, par les traces qu’elle laisse dès l’enfance sur le net, et qui permettent de la suivre pas-à-pas au cours de sa vie. Notre problème était alors inverse, des anti-Rastignac qui ne conquéraient rien, et ne pouvait retenir plus que du sable les relations qu’ils se faisaient.

Sauf si le gouvernement se met à poursuivre les internautes, et pratiquent une censure à outrance, ou que la recherche d’emplois nécessitent une quasi-clandestinité digne de la résistance des romans orwelliens, le net sera au final plutôt une ouverture vers l’autre, et vers la connaissance. Si l’on ne se perd pas dans un net aseptisé qui ressemblerait à TF1, et s’il peut continuer à se développer, si les versions d’hadopi point x n’en réduisent pas l’intérêt pour des raisons commerciales. Comme le dit un artiste, il est moins grave d’être piraté, que de ne pas être diffusé. Pour 99,99 % des créateurs, c’est l’absence de diffusion et de partage le problème, pas le piratage.

Je n’ai jamais lâché le livre, qui arrive en premier dans mon classement, parce qu’il nécessite une méditation profonde, et de se laisser imprégner par les mots, les idées, les constructions. Seul le livre construit l’esprit, dans la lenteur et le travail, non spectaculairement. Tout le reste peut s’y ajouter sans dommage, comme une extension, mais ne peut s’y substituer.

Ainsi je pense que notre jeunesse déracinée dans la grande ville aurait été plus intense et plus vite construite avec le net, que c’est un moyen d’investir la vie plus rapidement, et de bâtir un réseau pour qui débute de rien. Par ailleurs l’accès à des groupes traitant de préoccupations particulières facilite la vie, en apportant des réponses difficiles à trouver autrement. Disposer de plus de données est une chance. Tout cela ne serait-il pas trop virtuel ? peut-être, un peu comme les commandes sur le net butent sur les difficultés de la poste, il faut aussi qu’il y ait du réel derrière, il ne suffit pas de s’associer virtuellement pour que toutes les structures et le travail nécessités par une association existent pour autant. Dans un deuxième temps, on rencontre donc forcément la question humaine, le net ne fait que faciliter la relation, ensuite, tout demeure comme avant.

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11 décembre 2011 at 20:23

HADOPI, un modèle orwellien pour contrer l’économie sociale ?

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Je remarque souvent que l’on fait désormais moins d’efforts pour assurer la sécurité des personnes que l’on est en train d’en faire pour surveiller le téléchargement. Il semble que les trafics de nos banlieues intéressent moins de gens que le téléchargement de la musique de Justin Bieber. Comment en est-on arrivé là ?
Le sens de l’économie est de tout faire rentrer dans le domaine du marché, en privatisant l’eau, l’air, la santé. Avec le téléchargement, on a assisté au phénomène inverse, car l’échange, le troc, le SEL, se sont substitué à l’économie marchande. Une atteinte à la règle de l’extension du champ du commerce en quelque sorte. Le troc de fichiers sur le net, comme on le ferait dans certaines organisations sociales, où chacun vide son grenier et échange ses objets, s’est avéré plus efficace que les systèmes marchands. Personne n’a réussi à mettre en place un dispositif de VOD aussi efficace que celui du peer-to-peer. D’une part les dispositifs offerts sont peu pratiques, on le voit lorsque l’on essaie de télécharger un documentaire de l’INA,mais en plus le prix élevé montre bien que le marché n’a pas été compris. Il n’est pas possible de maintenir des prix aussi élevés, des systèmes aussi contraignants, alors que la dématérialisation est totale. La plupart des gens visionnent les films sur leur ordinateur, ils ne sont pas prêts à payer un prix aussi élevé qu’au cinéma pour une consommation de plus basse qualité, destinée aux connaisseurs qui visionnent différemment d’un simple spectateur passif. On revient en arrière, on avance, on parcourt, ou alors on ne visualise qu’une partie du film qui nous a marqué. On revoit des vieux films, passés à la télé, mais en en conservant la possibilité de les voir quand on le souhaite. C’est donc la disponibilité, la simplicité, la modicité des prix, la quantité, que l’économie sociale du peer-to-peer permet. La privé ne parvient pas à cette efficacité d’un « marché » qui s’installe spontanément, par le service mutuel. Il y a une sorte d’escroquerie de la part des artistes de croire que la video peut rester un pont d’or, et qu’un système orwellien, destiné à cadrer toute la société, véritable police secrète, va pouvoir être moralement accepté par la jeunesse. Autrefois on se prêtait les livres, les disques que l’on enregistrait sur des cassettes au prix raisonnable. Qui pourrait imaginer que l’on pourrait trouver quelque part le pouvoir d’achat permettant de transformer tout téléchargement en paiement plein pot ? qui peut croire à cette fable ? Il est étonnant de constater la disproportion des moyens utilisés, alors que l’on supprime des enseignants dans le primaire, est-ce vraiment une allocation optimale des finances publiques ? Il y a un choix de société significatif et marquant, que l’on ne manquera pas d’analyser avec recul un jour. On a une ressource abondante comme l’air, on ne pourra obliger les gens à porter un masque. Si l’on ne développe pas une offre adaptée, permettant une large diffusion des œuvres et leur rémunération, je ne pense pas que l’on puisse continuer ainsi avec un tel outil qui consiste à effectuer des écoutes sans couverture légale claire. C’est peut-être aussi le modèle économique de l’œuvre qui n’est pas viable, et qui peut-être ne l’a jamais été sans mécène public ou privé.

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30 janvier 2011 at 17:16

La SACEM, HADOPI et les prix agricoles

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Dans mon enfance, voici 40 ans, nous chantions sans complexe et un peu faux « adieu monsieur le professeur », sous le regard larmoyant de l’instituteur barbu qui prenait sa retraite. Aujourd’hui, chaque école primaire qui oserait un tel acte d’insurrection lors d’une fête annuelle, verrait débouler un contrôleur de la SACEM pour verbaliser. Et pourtant nous téléchargions ces chansons par nos oreilles et les gravions sur le disque dur de nos cerveaux sans qu’HADOPI nous passe au détecteur de mensonges.

Il semble que l’on ait érigé une muraille devant nos productions culturelles et immatérielles, et que ce soit devenu un crime que de les utiliser, alors que la culture est échange, détournement, et revitalisation.  Il y a une sorte de loi martiale sur les biens culturels pourtant duplicables et reproductibles à l’infini. La « communication » sur ce thème a envahi les medias, les mêmes donnant l’exemple de coupé-collé lorsqu’ils écrivent des livres qu’ils n’ont ni écrits ni même lus.

A l’opposé, la production agricole, si elle est très administrée, ne semble plus connaitre la notion de prix
On est dans un système où le producteur reçoit une rémunération inférieure au coût de sa production, et où les pouvoirs publics lui attribuent une rémunération par subvention. Comme pour le pétrole avant 1974, on a créé un marché de l’alimentaire peu coûteux pour les grandes surfaces, et dont il a permis le développement. En matière culturelle, et de CD/DVD, les prix restent abusivement élevés, de même la VOD, on maintient artificiellement un marché de type « poule aux œufs d’or » auquel les majors souhaitent ne pas renoncer.

Je m’interroge sur ce qui nous pousse à rendre plus coûteux les biens culturels, à mettre en place un système orwellien de surveillance et de répression, et à laisser les prix agricoles sous-évalués. D’autres s’interrogeront un jour sur cet état de notre société, je fais ce rapprochement qui peut sembler incongru, mais que je trouve au contraire plein de significations. Peut-être l’occident pense-t-il naïvement que son avenir est dans l’immatériel, qu’il convient de protéger (acta), et que tout le reste pourra être délocalisé, suivant en cela la logique de la globalisation financière. Mais n’y aura-t-il pas un retour du réel ?

Written by Le blog de Jean Trito

9 janvier 2011 at 11:36