triton95

un regard sur le monde

Posts Tagged ‘juifs

Dieu et la trinité du vote

leave a comment »


Atlantico est en train de baisser dans mon estime. Ce pure-player m’a intéressé par sa capacité à mélanger différents genres d’opinion, dans des articles de niveau inégal, mais toujours avec un côté spontané, brouillon et amateur qui en fait le charme. En ce moment, il est en train de battre le record des articles stupides de soutien à Sarkozy, dont le dernier en date explique que, pour un groupe de réflexion chrétien, Sarkozy est le candidat idéal par rapport à Hollande. Si je me réfère aux avis religieux compétents, le Dieu des chrétiens vote à droite, selon le CRIF, le Dieu des juifs vote aussi à droite, mais il parait que le dieu des musulmans vote à gauche selon les 700 mosquées. Or, ces religions partagent le même dieu, donc il existe un mystère de la trinité en matière de vote de Dieu, un seul Dieu, mais trois votes différents.

Written by Le blog de Jean Trito

5 mai 2012 at 19:15

Lire Giorgio Bassani

with 4 comments


Je ne sais si j’aurais autant apprécié ce livre, s’il ne m’avait couté autant d’efforts pour le lire en italien avec l’assistance de la traduction en vis-à-vis. Peut-être que le vrai effort à déployer, quand on est un grand lecteur n’est pas de se soigner, mais de lire plus lentement certains livres. L’institution scolaire nous a laissé certaines connaissances, et certain capital en friche, dont celui des langues. Je pense que beaucoup de gens, tout comme moi, n’ont su quoi faire de leurs heures passées à apprendre les langues dans le second degré, et n’ont guère voyagé dans les pays où on les parle.

Ce qui ne m’a pas servi s’est transformé en une sorte de jeu, je tiens sur ma table de nuit des éditions bilingues diverses. Je croyais avoir tout oublié de l’allemand, je me suis rendu compte qu’à la fois je n’en savais plus rien, et tout ce qu’il fallait pour pouvoir le lire avec l’aide d’une traduction, déchiffrer ses constructions complexes, où l’on cherche le verbe, et pouvoir ainsi me l’approprier. Bernard Schlink est plus touchant dans sa langue originelle, même si j’ai apprécié plusieurs de ses livres en français. Il y a quelque chose de plus direct, sans médiation. De même, après avoir étudié l’italien par moi-même avec des cassettes, j’ai lu Pavese, le bel été, le livre préféré de Annie Ernaux, et les lunettes d’or de Giorgio Bassani.

C’est une lecture lente, à raison d’une page par jour, mais qui permet d’arriver au bout de romans courts dans un temps raisonnable. Comme une goutte qui creuse la pierre, on peut ainsi découvrir, et dans leur langue, 4 écrivains par an, ce qui est considérable compte tenu des capacités de lecture réelles de mes contemporains.

Bassani, c’est un peu Proust, mais il est moins « précieux » et son style est quand même plus simple. Les lunettes d’or, c’est l’histoire d’un vieil homosexuel, le docteur Fadigati, dont le célibat interroge la société ferraraise, avant qu’il ne finisse par être complétement rejeté, et connaisse une issue tragique. Contrairement à l’adaptation cinématographique avec Philippe Noiret, l’homosexualité de Fadigati n’est pas le vrai sujet principal, elle sert de contrepoint au traitement des juifs dans la société fasciste, et le narrateur fustige ses parents de ne pas voir venir les lois raciales, le rejet dont ils vont faire l’objet. Bassani présente cet aveuglement et ce manque de lucidité. Bassani, tout comme Proust, a côtoyé les milieux culturels, il fut ami de Pasolini et d’Antonioni. Son univers est celui de Ferrare, décrite tellement en détail, et dans tous ses quartiers, que l’on a le sentiment d’y avoir vécu un moment après avoir fermé le livre. Il reprend des éléments de biographie personnelle, comme le voyage du soir en train, qu’il effectua dans sa jeunesse pour suivre des études. Fadigati est inspiré par l’un de ses enseignants d’histoire de l’art. C’est un monde bourgeois, dont la quintessence est représentée par les Finzi-contini, repliés dans leur palais viscontien. La grande cassure pour Bassani, ce fut le fascisme, contre lequel il s’est engagé, et qui est en arrière-plan de son oeuvre. On le dit bien oublié, mais à le lire, je considère que si c’est vrai, c’est injuste, et qu’il est au contraire l’un des plus grands écrivains italiens.

Le trafic de drogue à Argenteuil

with 2 comments


Les gens se posent des questions à Argenteuil, on ferme des commissariats et le trafic de drogue dans nos rues se développe. Il provoque même des embouteillages de voitures immatriculés dans le 92 (hauts de seine) qui viennent s’approvisionner à Argenteuil, après avoir franchi le « rio grande » (la Seine). Est-ce une volonté de fixer le problème ici, dans cette ville, ce département, pour qu’il ne soit pas dans le 92 ? Les riverains se plaignent du comportement agressif de certains dealers ou consommateurs défoncés. Un candidat social-démocrate évoque les groupes de vigilance entre voisins, puisque la police semble ne pas vouloir agir. Je ne pense pas que les riverains accepteront encore longtemps que la situation se dégrade, soit ils quitteront la ville, soit ils agiront. Je le vois bien, les gens des classes moyennes sont les plus susceptibles de faire changer les choses, les autres sont complètement résignés.
Martine Aubry et Laurent Fabius se sont retirés de la pétition du nouvel observateur parce que Tariq Ramadam y figurait : pourtant la tentative me semblait juste, les musulmans sont en train de récupérer la fonction de bouc émissaires des juifs des années 30, et il me semblait plutôt sensé de dénoncer un ostracisme. Il n’y a pas de rapport entre la mosquée d’Argenteuil, et le trafic de drogue. Ce ne sont pas des choses que l’on peut relier. L’amalgame, c’est de tout confondre, le niveau social, religieux, ethnique, et un problème de consommation de stupéfiants qui concerne les gens d’un département riche et voisin.

Written by Le blog de Jean Trito

25 mars 2011 at 22:13