triton95

un regard sur le monde

Thérèse Desqueyroux, de François Mauriac

with one comment


La sortie du film m’a poussé à lire le livre. François Mauriac est un prix nobel un peu oublié, teinté de catholicisme et de provincialisme, du moins c’est comme cela qu’on le présente. Je connaissais le « noeud de vipères », vu sous forme de « dramatique » avec Pierre Dux, et dont la qualité m’avait touché. C’est en pensant ne rien découvrir de bien spécial, qu’un vieux classique poussiéreux et hors d’âge que j’ai lu ce « Thérèse Desqueyroux ». J’ai été surpris par la qualité du style original, qui claque, et nous transmet une psychologie profonde, celle d’une femme, qui est aussi Mauriac que Mme Bovary est Flaubert, inadaptée à son milieu provincial étroit, où un mariage de raison est arrangé. Elle va tenter d’empoisonner son mari, qui sans comprendre le fondement de son geste, va organiser les apparences autour d’elle pour ne pas tacher l’honneur de la famille. C’est un thème que l’on pourrait comprendre d’un bout du monde à l’autre, surtout en notre temps, cette incarcération.

Mauriac disait « Paris est une solitude peuplée, la province un désert sans solitude ». Ce qu’il nous démontre dans ce livre.

Il s’est inspiré d’une histoire vraie, mais on sent qu’il y a surtout projeté ses sentiments les plus cachés. Cette femme, plutôt jalouse des amours de sa belle sœur, et inapte au mariage, finira par se réfugier à Paris, où les gens sont comme les arbres de la lande. Mauriac ne décrit pas une féministe, mais une personne inadaptée au monde qui se présente à elle.

Je ne sais pas ce que vaut le film, mais peut-il traduire toute la complexité d’une telle oeuvre ? je n’en suis pas bien certain, et c’est pour cela que je conseille la lecture de ce véritable chef d’oeuvre, peu connu en fait. Tout comme « la chute » pour Camus, ce n’est pas toujours le livre le plus connu d’un auteur qui m’aura le plus marqué.

9782253004219

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Written by Le blog de Jean Trito

1 novembre 2013 à 12:53

Une Réponse

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  1. Tiens, c’est drôle : je fais le chemin inverse. Je n’avais jamais lu que Thérèse Desqueyroux, qui me laisse un fort souvenir, et je suis en ce moment dans Le nœud de vipères. Bien écrit mais je n’arrive pas à entrer complètement dedans à cause du parti pris de narration et du fait que Mauriac veuille écrire le récit comme si c’était une lettre-testament. Cela donne un côté artificiel car assez rapidement, on voit bien que quelqu’un qui laisserait une telle lettre n’écrirait pas tous ces détails.

    Un Oeil

    3 novembre 2013 at 21:57


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