triton95

un regard sur le monde

Archive for mars 11th, 2011

Saint-etienne, ville pauvre et déshéritée de province ?

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Je devrais réaliser un florilège des lieux-communs et des idées toutes faites que l’on entend sur certains lieux. Prenons Saint-Étienne, une ville du massif central près de Lyon. A Lyon, elle est vue comme une ville pauvre et inculte, avec un accent populaire, qui, toutefois, pour ceux qui ont quitté la ville, est proche de l’accent lyonnais. En région parisienne, personne ne parvient à la situer sur une carte de France, les bretons la placent dans le midi, les parisiens près de Marseille. Sur le plan de la culture, on me plaint d’avoir d’avoir dans un lieu si coupé du monde et de toute civilisation, comme si je venais du tiers-monde »,  cela explique bien des choses, sans que l’on ait toutefois l’impression que les gens de la capitale en sachent plus, ni que leur écart de culture paraisse déterminant. Il y a peut-être plus d’accès aux spectacles, mais le spectacle n’est pas toute la culture, on peut réfléchir partout dès lors que l’on y dispose d’une bibliothèque, et que les écoles y enseignent la même chose. Dans mon enfance, on parlait d’une ville noire, huileuse. Pourtant on dévorait le catalogue de Manufrance jusqu’en Afrique et les « verts » sont restés la seule équipe authentiquement populaire, une légende au niveau de Marcel Cerdan. Il existe un provincialisme parisien, dont les parisiens, qui pour la plupart habitent la banlieue, n’ont pas conscience.

Pour en juger, voici quelques images du centre-ville.

Written by Le blog de Jean Trito

11 mars 2011 at 10:00

Daniel Cohen et la prospérité du vice

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Je suis depuis longtemps et avec intérêt les livres de Daniel cohen. Je suis frappé par sa fraicheur, son iconoclasme, bien qu’il souvent qualifié de libéral. Dans la prospérité du vice, il se pose lui aussi des questions qui me taraudent. Ce livre va sortir en poche en avril, et c’est une immense fresque de l’histoire économique depuis 40 siècles.
C’est un constat désabusé, pendant l’essentiel de notre ère, c’est Malthus qui a dominé, les richesses s’accroissaient moins vite que la population, et le XIXème siècle laborieux travaillait 18 heures par jour, pour le même niveau de vie que les chasseurs-cueilleurs qui eux ne s’activaient que deux heures par jour. La sensation de bonheur n’existe que lorsque la croissance est là, donnant un sentiment d’accroissement du bien-être, mais la consommation est une drogue, on s’y habitue vite, et elle ne procure plus de satisfaction, sauf que sa disparition provoque une énorme frustration. Notre mode de vie, la montée du niveau de vie des pays émergents est incompatible avec les capacités limitées de la terre. Il est vrai que c’est un discours que l’on a entendu dans le passé, sans qu’il se vérifie. Seul le devoir, une religion pourrait redonner du sens et nous permettre de vivre sans la richesse.

« lorsque Prométhée a volé le feu aux dieux, c’est-à-dire la richesse, ceux-ci se sont vengés en envoyant à son frère Epiméthée la première femme, inventée pour la circonstance, dénommée Pandora. Au feu volé ils ont répondu par un feu voleur, celui de la femme, perpétuelle insatisfaite, qui empêche l’homme d’être heureux. »

« Lorsque la croissance ralentit ou disparaît, on se sent comme seul au monde, appauvri, il n’y a plus de solidarité qui fonctionne. Les sociétés peuvent complètement se déliter sous le choc d’une récession majeure, on l’a vu en Allemagne dans les années 30. Les sociétés industrielles sont doublement fragiles. Quand cela va mal il n’y a plus de solidarité entre leurs membres et quand ça va bien, c’est presque pire : il y a du surplus social qui peut être mis au service de grands projets collectifs, soit pacifiques comme la sécurité sociale ou la construction européenne, soit guerriers si les vieux problèmes de frontières n’ont pas été réglés. »

Written by Le blog de Jean Trito

11 mars 2011 at 09:14