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Barbe radicale

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barbe radicale09012016

Written by Le blog de Jean Trito

9 janvier 2016 at 18:53

présentation simpliste d’un problème complexe

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On trouve souvent des caricatures de l’administration, qui sont de ce type.

Je crois que c’est Alfred Sauvy qui décrivait dans un livre, lu voici très longtemps, la situation suivante.

Il évoquait les difficultés d’affectation de l’administration, notamment de la poste.
Le cycliste A habite à X et va travailler à Y. Le cycliste B habite à Y et va travailler à X. Ces deux cyclistes se croisent tous les matins et tous les soirs, mais il leur est impossible d’échanger leur poste, afin de réduire leur temps de trajet, car les procédures de l’administration ne permettaient pas à leur demande d’aboutir. Sauvy prend cet exemple des lourdeurs et des absurdités de l’administration.

C’est une manière simpliste de présenter un problème complexe, de façon à provoquer chez le lecteur une réaction de sens commun, sans prise en compte de la complexité de l’arrière-plan de cette décision.

C’est une présentation d’un problème qui méconnait deux grands principes importants dans la résolution. L’administration se veut un système de transparence et d’égalité dans les décisions touchant au personnel, et doit objectiver les conditions de mutation, en tenant compte de l’ancienneté, de la situation de famille notamment. D’autre part, elle recrute au plan national, ses agents pouvant être affectés partout sur le territoire, refusant en cela un principe de localisme qui voudrait que les reçus au concours travaillent près de chez eux. Telles sont les deux grands principes, l’égalité et le service de la France au plan national.

Pour ces raisons, tout mouvement de mutation doit respecter ces deux principes, et compte tenu du nombre de candidats à la mobilité, il est très difficile pour que, le hasard faisant bien les choses, on ne retrouve que ces deux candidats pour leurs deux postes respectifs. Autre problème, la mobilité vise à permettre de pourvoir des postes vacants, or, aucun de ces deux postes n’est vacant. Cette difficulté est résolue, en mettant à la mobilité d’une part des postes non pourvus, d’autre part des postes susceptibles de vacances, dans la mesure où les deux cyclistes auront fait connaître leur intention de bouger.

La présentation du problème par Sauvy ignore donc délibérément toute la complexité de la question, et oublie complétement les principes à respecter, comme si l’on vivait dans un pur pragmatisme. Ce type d’exemple, souvent donné par les medias est une forme d’escroquerie intellectuelle, parce qu’il présente une question comme accessible au sens commun, en faisant l’économie de toute complexité.

On pourra s’étonner de la bureaucratie nécessaire au maintien de la transparence, de l’égalité, et du principe national, mais il en est ainsi dans beaucoup d’autres domaines. Le néo-libéralisme, par exemple, pour imposer un système de marché, doit avoir recours à une bureaucratie impressionnante, que l’on oublie trop souvent. Faire respecter quelques principes communs imposent une lourde administration, c’est seulement dans un système sans règles, et où seules comptent les connaissances personnelles, que l’on peut se passer de bureaucratie paradoxalement.

deux cyclistes se croisent tous les matins
présentation simpliste problème complexe faussement accessible au sens commun
difficulté de gérer la complexité : égalité, transparence, nécessité d’une approche bureaucratique
de même le marché parfait nécessite beaucoup de bureaucratie

Written by Le blog de Jean Trito

30 novembre 2013 at 05:22

du rapprochement des régimes de retraite

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curieusement, ce sont les libéraux qui ont joué le rôle de la pravda, et la cgt qui a fourni des argumentations précises sur le sujet. Il faut dire que la campagne de désinformation a été si ridicule, comparant des carottes et des chaussettes que la ficelle a été trop grosse pour passer cette fois.

Ainsi, on découvre que dans les chiffres de comparaison présentés, on partirait à la retraite à 61 ans chez les fonctionnaires, et à 62 ans dans le privé, mais à condition d’y arriver, car il y est bien plus difficile de terminer sa carrière, et bien des cadres deviennent indésirables après 50 ans. De même, on compare la pension moyenne entre les régimes, sans préciser que l’administration est plutôt une entreprise de cadres, et qu’il, faudrait pour cela rapprocher ses chiffres de ceux d’entreprises comparables en niveau du secteur tertiaire.

De même, et c’est les échos qui le soulignent, le rapprochement public-privé pourrait être favorable aux fonctionnaires, s’il aboutissait à traiter les deux populations de la même manière; En effet, à coté d’une grille à la suédoise, l’administration a ajouté un système dit indemnitaire, moins régulé, et qui a permis d’élever le salaire de ses cadres et ingénieurs. Par contre, il n’est pas intégré dans le calcul de la pension de retraite, ce qui aboutit à des retraites qui représentent 50 % du salaire, sauf pour les enseignants, dont les syndicats dans une préférence pour l’égalitarisme à l’augmentation non linéaire et égalitaire des rémunérations, ont refusé le dispositif.

La presse, dans une campagne orchestrée, a affiché à peu près tout et n’importe quoi, mais l’à peu-près des informations a suscité une puissante et argumentée réaction.

Pour le moment, on touche au flux des partants en retraite, en réduisant leurs droits au moment du passage sous ces fourches caudines, mais il faudra nécessairement toucher aussi au stock, car il est impensable d’avoir dans le même pays des retraités riches et des travailleurs pauvres, bien que le gouvernement hésite, car les anciens participent au vote, au contraire des jeunes, appartenant aussi en cela à une génération plus civique.

Written by Le blog de Jean Trito

12 juin 2013 at 20:57

Où allons-nous ?

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Parmi toutes ces mesures prises à un rythme accéléré, il y en a une qui devrait amener les gens à davantage s’interroger. Il s’agit de la suppression des emplois publics. La bonne question à poser est : jusqu’où ? Tant la notion même d’objectif ou de butoir est absente du discours. Je crois que la vraie réponse est « tant que ce sera politiquement possible ». Seule la rue arrêtera la mise en place du néo-libéralisme en France, et la perte de nos droits sociaux. Je crois que s’il n’y a pas de réaction populaire, la descente sera sans fin. Il suffit d’écouter Fillon, et le mépris qu’il marque pour l’idée d’emploi durable, pour comprendre. Fillon est un Sarkozy présentable, tout comme Strauss-Kahn. Le plus grotesque est encore cet article sur la retraite des femmes où des membres du gouvernement expliquent que le problème se résoudra de lui-même, puisque le gouvernement va égaliser les salaires entre femmes et hommes. J’ai bien peur que ce ne soit pas le bas. Cette utopie est irréalisable, on conservera fatalement la notion de couple avec un partage des taches qui n’en permettra la réalisation que dans des milieux aisés. Pour le reste, la contrainte liée à l’élevage des enfants ne le permettra pas, sauf à imaginer une société où le nombre d’enfants diminuerait, ce qui nous conduirait rapidement à l’inexistence, mais c’est peut-être le but. Les enfants sont ce qui coûte cher, en termes d’infrastructures, d’écoles, et de logement.
Ce gouvernement, dis-je, expose clairement des réformes sans fin qui ne pourront être arrêtées que par la rue, tout en expliquant que ce n’est pas la vraie démocratie, qu’il est seul à incarner. On dit que dès le premier incident grave en banlieue, l’armée pourrait intervenir, voire des milices privatisées. On comprend aujourd’hui à quoi on a échappé en 2005, pourquoi Villepin a retiré le dossier banlieues à Sarkozy à l’époque. Un incident permettra de mettre le feu aux poudres, et de traiter militairement les problèmes sociaux. Sarkozy me rappelle Martin Sheen dans « Dead Zone ». Peut-être l’a t-on sous-estimé, peut-être est-il vraiment dangereux.

L’enjeu idéologique des sciences économiques à l’école

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Il est une querelle portant sur l’enseignement des sciences économiques au lycée, portée par le ministre de l’Education nationale, qui nous a semblé venir de nulle part. Elle reprochait à l’enseignement de l’économie au lycée d’être trop critique, de ne pas valoriser l’entreprise, et les questions micro-économiques. Vous avez pu penser que c’était un courant surgi de nulle part, une « réflexion » d’un ministre à ses heures perdues, une pression du medef.

Je viens de me rendre compte que cette vient en fait de très loin, et qu’elle fait l’objet d’une propagande plus pensée que l’actualité ne le laisse deviner. C’est Von Mises et Von Hayek, les penseurs du néo-libéralisme qui l’on pensée dans les années 60, car une très grande part de leur réflexion sur le néo-libéralisme a porté sur l’école, et le moyen de développer la propagation de cette idéologie du marché. Pour eux l’école était fondamentale dans le processus. Ils ont conçu le néo-libéralisme comme un marché très fortement soutenu, encadré et développé par l’Etat, au contraire du vieux-libéralisme et du laisser-faire, qui avait connu l’échec. C’est donc un système complet de pensée qui a inspiré les interventions, et non une réflexion spontanée. Le soutien ultime du nouveau marché, c’est l’Etat, ce qui explique que personne n’a vu de contradiction à cette intervention massive des états au soutien des banques. De même, le soutien à cette idéologie est soutenu par une propagande de tous les instants par les journaux proches des milieux financiers, et par des essayistes qui préparent le terrain. Souvenez-vous de ce livre, au début des années 80, au moment où la gauche a pris « le tournant de la rigueur en 1983 », et qui a préparé les esprits. On a moins vu François de Closet ensuite, peut-être parce qu’il a compris à quoi il avait été utilisé, et que d’autres ont pu venir, plus redoutables. Le terrain a ainsi été préparé lentement, par une inondation massive des medias avec ces idées, un mouvement extrêmement orchestré par quelques groupes financiers qui demandaient un monde à leur mesure.

Le manifeste des économistes atterrés

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C’est un groupe d’économistes atterrés par les fables que l’on nous raconte sur le marché, la dette, le rôle de l’Etat. Ils ont diffusé ce manifeste que tout le monde s’arrache, une déconstruction du néo-libéralisme.

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