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un regard sur le monde

La SACEM, HADOPI et les prix agricoles

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Dans mon enfance, voici 40 ans, nous chantions sans complexe et un peu faux « adieu monsieur le professeur », sous le regard larmoyant de l’instituteur barbu qui prenait sa retraite. Aujourd’hui, chaque école primaire qui oserait un tel acte d’insurrection lors d’une fête annuelle, verrait débouler un contrôleur de la SACEM pour verbaliser. Et pourtant nous téléchargions ces chansons par nos oreilles et les gravions sur le disque dur de nos cerveaux sans qu’HADOPI nous passe au détecteur de mensonges.

Il semble que l’on ait érigé une muraille devant nos productions culturelles et immatérielles, et que ce soit devenu un crime que de les utiliser, alors que la culture est échange, détournement, et revitalisation.  Il y a une sorte de loi martiale sur les biens culturels pourtant duplicables et reproductibles à l’infini. La « communication » sur ce thème a envahi les medias, les mêmes donnant l’exemple de coupé-collé lorsqu’ils écrivent des livres qu’ils n’ont ni écrits ni même lus.

A l’opposé, la production agricole, si elle est très administrée, ne semble plus connaitre la notion de prix
On est dans un système où le producteur reçoit une rémunération inférieure au coût de sa production, et où les pouvoirs publics lui attribuent une rémunération par subvention. Comme pour le pétrole avant 1974, on a créé un marché de l’alimentaire peu coûteux pour les grandes surfaces, et dont il a permis le développement. En matière culturelle, et de CD/DVD, les prix restent abusivement élevés, de même la VOD, on maintient artificiellement un marché de type « poule aux œufs d’or » auquel les majors souhaitent ne pas renoncer.

Je m’interroge sur ce qui nous pousse à rendre plus coûteux les biens culturels, à mettre en place un système orwellien de surveillance et de répression, et à laisser les prix agricoles sous-évalués. D’autres s’interrogeront un jour sur cet état de notre société, je fais ce rapprochement qui peut sembler incongru, mais que je trouve au contraire plein de significations. Peut-être l’occident pense-t-il naïvement que son avenir est dans l’immatériel, qu’il convient de protéger (acta), et que tout le reste pourra être délocalisé, suivant en cela la logique de la globalisation financière. Mais n’y aura-t-il pas un retour du réel ?

Written by Le blog de Jean Trito

9 janvier 2011 à 11:36

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