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Le grand projet de la ville d’Argenteuil pour son coeur historique

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La mairie organise de loin en loin une visite guidée présentant ses projets. On se rend compte qu’il serait dommage de consacrer du temps à s’informer sur le reste du monde et ne pas savoir ce qui se trame à sa porte. J’ai donc visité l’exposition consacrée aux trésors archéologiques trouvés lors des fouilles de l’abbaye qui abrita jadis Héloïse.

La ville veut remplacer un parking situé rue Laugier (un ancien graveur qui laissa son nom) en une résidence écologique. Il y eut les inévitables qui sont intervenus pour s’inquiéter de leur voiture, où la garer, comment rouler dans ces rues étroites. On leur fit comprendre bien vite que la voiture urbaine avait fait long feu, et que l’on ne pouvait plus réserver autant d’espace public et à profusion à la voiture individuelle. C’est courageux de répondre ainsi, je connais trop de mecs qui ne parlent que de leur voiture, qui est au centre de leur vie manifestement.

Pour le coeur historique, autour de la basilique où la devise républicaine s’affiche au-dessus des statues d’Abélard et Héloïse, il est prévu de refaire le parvis, l’éclairage, de virer le parking qui jure avec le site et d’améliorer l’éclairage.

L’abbaye devrait être enfin accessible au public, une passerelle permettra de surplomber le jardin, la chapelle Saint-Jean sera mise en valeur et le coin fortement piétonisé, la circulation réduite, ce qui est contradictoire avec l’affluence liée au marché, à moins que l’on préserve le coin. La voiture n’est pas en odeur de sainteté, il s’agit d’en réduire la prégnance, elle ne correspond plus au souhait de réhumaniser, d’embellir nos centres-villes. La voiture et la ville de l’avenir, plus agréable, sont incompatibles. Il y a d’une part le poids des thèmes écologiques, et d’autre part la prise de conscience d’une génération pour qui elle représente de plus en plus une nuisance, et une casse des relations sociales, comme la télévision.

La ville va donc mettre en valeur ce qui est irremplaçable, le patrimoine, les racines urbaines. C’est aussi ma conception des choses, il est important de pouvoir se promener dans sa ville, d’y conserver des espaces de beauté, et de détente, des endroits où l’on peut s’arrêter, lire, regarder.

Près de la cave dimière, un restaurant de cuisine française va ouvrir, afin de permettre aux gens « d’aller au restaurant après le spectacle », sauf que le cinéma, le figuier blanc, est quasiment vide. Il affiche plutôt du cinéma d’auteur, et ne propose pas de séance à 22 heures. On entend les commerçants alentour dénoncer l’ouverture d’une boutique qui ne sera pas halal, et se demandent qui donc pourra bien aller y manger.

Il ne faudrait pas que tous ces travaux aboutissent à une ville potemkine, loin de ses habitants, conforme à un idéal de population un peu bobo, mais qui ne viendrait pas l’habiter au final. J’ai lu les objectifs du maire, il souhaite recueillir et attirer des familles chassées de Paris, par le prix de l’immobilier, mais des classes moyennes, qui pourraient tirer la ville vers le haut, et apporter des demandes en termes culturels. Autour de moi j’entendais les gens se plaindre des kebabs, et autres magasins de bas de gamme. Il y a aussi que la ville manque du pouvoir d’achat qui permettrait aux commerces d’un meilleur niveau de devenir rentables. C’est un peu la version de gauche du slogan de l’ancien maire, Georges Mothron, « A Argenteuil, il faut un métissage mais par le haut ».

Aujourd’hui, j’ai aussi admiré le salon du modélisme, que de patience ont ces amateurs pour reconstituer ces bateaux, ces scènes de chantier, ou des machines agricoles à vapeur anciennes.