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Vers la fin de la parenthèse Sarkozy ?

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Sarkozy sera-t-il plus seul dans une semaine, que Strauss-Kahn aujourd’hui ? Allons-nous fermer cette parenthèse, cette dérive effrayante de fin de mandat, où le leader semble pédaler à perdre haleine vers l’abîme ? Même les réformes de l’Etat, que l’on pourrait mettre à son crédit, semblent avoir apporté plus de confusion et de coûts induits que d’apports. A un point tel, que cet article essaie de défendre Sarkozy sur la réforme de l’Etat, en attribuant les réformes administratives ..à la nouvelle gauche. Aujourd’hui, on peut se demander si la RGPP (revue générale des politiques publiques), qui a abouti à supprimer un certain nombre de services, et à les regrouper, en touchant en priorité le monde rural, où le service public, en habitat clairsemé, est par définition moins rentable, n’y a pas dopé le vote du front national.

Ce « courage » salué dans de nombreux journaux économiques n’est-il pas apparu comme le coup du mépris envers ces territoire, que le « casse-toi- pauvre-con » du salon de l’agriculture a conforté. Le vote front national est aussi un vote anti-établissement, il est indépendant de la population émigrée : Argenteuil n’a pas dépassé 15% de vote pour le front national, et des zones éloignées des grandes métropoles ont massivement voté pour lui.

Les banlieues sont moins coupées du monde, mieux desservies, mieux pourvues en services publics, alors que le pavillon est une forme d’enfermement volontaire, une accumulation de difficultés sociales et économiques, un lieu fermé de drames secrets.

Written by Le blog de Jean Trito

1 mai 2012 at 08:57

Le prix sans limite du logement n’est-il pas une limite mise à l’ampleur de nos vies ?

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« je n’ai pas demandé à être propriétaire, mais j’ai acheté en banlieue, parce que je ne pouvais plus payer un loyer à Paris ». Ce n’est pas par amour de la propriété que les gens achètent, mais pour s’assurer un logement où qu’il soit. Le logement n’est plus une valeur d’usage, mais un placement, que l’on peut aussi laisser vide pour la plus-value, qu’un éventuel locataire pourrait diminuer en réduisant la liquidité du bien. Une fois que l’on a acheté, on ne bouge plus. L’achat a réduit notre mobilité, et notre capacité de vivre ailleurs, de simplement changer de quartier. Je me rends compte que les relations se font lentement, et par affinités rares, et si elles ne sont pas liées au lieu de vie, elles en dépendent quand même fortement.

Jean Viard disait que l’on « vote là où l’on dort plutôt que là où l’on vit ». Un cadre moyen travaillant à Paris habitait à 20 minutes à pied de son lieu de travail avant les années 80, il en est à une heure et quart en train aujourd’hui. Avec cette transhumance quotidienne, nous avons perdu une unité de vie, un lien lâche entre le lieu de travail et le lieu de vie. Comme le décrit Richard Sennett, dans « le travail sans qualité », c’est que la mobilité professionnelle crée des mutants sans racines, même adventices, car la mobilité forcée vient à bout des liens qui peuvent se créer, et ceux-ci deviennent plus difficiles avec l’avancée en âge. Je crois aussi que les gens mobiles sont ceux qui se sentent le moins bien, qui quelque part, ont des difficultés d’adaptation, qui, ainsi, ont moins à perdre que d’autres. Leur désinvestissement lié à la mobilité est moins important.

Je me rends compte que je soutiens ainsi deux thèses opposées, l’une est que la propriété limite les possibilités, l’autre que la mobilité détruit le caractère. Sont-elles contradictoires ? non, car la propriété fige la vie dans un état de « raison », qui n’était pas forcément celui qui était visé, mais une sorte de choix contraint lié à une rationalité économique, d’un système de logement centrifuge qui nous pousse vers la périphérie de la ville. C’est une sorte de valorisation de cet exil, on accepte d’être propriétaire dans un lieu dont on n’aurait pas voulu être locataire, et on le voit de manière positive. La fluidité du logement nous permettrait de choisir davantage notre lieu de vie, d’en changer tout en restant dans le même monde, et d’accroître la vie. Pouvoir louer facilement rend plus libre par rapport aux problèmes que l’on peut rencontrer dans un quartier, ou une ville, et permet de changer d’horizon.

Pour satisfaire ce besoin de propriété, on a créé ce monstre qu’est le « quartier pavillonnaire », un lieu sans accès, sans commerces et sans vie, qui est présenté comme une promotion sociale. On soigne ses relations professionnelles et d’anciens de la même école, on prête moins d’attention à son voisinage, ce qui montre que le vrai terreau tient davantage à nos lieux de vie, qu’à notre lieu d’habitation.

La grande ville est constituée d’une série de cercles que l’on n’essaie de ne pas franchir, mais que l’instinct de propriété nous permet d’accepter en valorisant le changement de cercle, au-delà de nos aspirations. Nous avons perdu notre place en ville, et habitons des lieux qui ne se définissent plus.

Written by Le blog de Jean Trito

25 septembre 2011 at 11:27