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Il n’y a pas de rue de l’abbé Robert Ploton à Saint-Etienne !

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Ce sont les plus vieilles personnes qui s’en souviennent à Saint-etienne, l’arrestation de l’abbé Ploton par les nazis pour des actes de résistance. Son échappée à travers les « traboules », et ses blessures, le sang qui coulait. Elles me font remarquer qu’aucune rue ou monument ne célèbre ce courageux résistant.

abbé ploton

Comment expliquer qu’il a pu échapper à l’histoire stéphanoise, qu’aucun homme politique n’ait pu juger bon de lui attribuer le nom d’une rue ou d’une place. C’est encore une chose qui étonne les plus vieux stéphanois, un oubli de l’histoire locale.

Pourquoi ne pas profiter d’un toilettage nécessaire, de noms de rues attribués à d’illustres inconnus, pour laisser son nom quelque part. Lui qui avait fabriqué des faux papiers au péril de sa vie, mérite maintenant un vrai panneau de mémoire.

PS : en fait, après vérification fouillée, il y a bien une rue du chanoine Ploton, mais il est surtout connu comme abbé dans l’histoire.

Written by Le blog de Jean Trito

28 avril 2013 at 08:03

Enzo Traverso, ce merveilleux historien de l’âge des massacres

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On trouve peu d’informations sur le net à propos de cet historien du XXème siècle et de ses massacres. Je recommande la lecture de ce petit livre, sur historiographie. Il dénonce une histoire écrite par les vainqueurs, et qui renvoie dos-à-dos communisme et nazisme, ou pire, dans le cas de Nolte, induisent le nazisme du socialisme, comme réactionnel. La notion de totalitarisme est suspecte, parce qu’elle met dans le même concept des régimes sans liens entre eux, brouillant davantage les idées qu’elle n’éclaire le fonctionnement de ces régimes. C’est une histoire des vainqueurs et des victimes, plutôt que des vaincus, mais en victimisant, on a appauvri la vie de ces victimes, en leur ôtant ce qui leur était essentiel.

Il dénonce l’histoire de François Furet, qui fait de la révolution un bloc de terreur, sans en voir le fondement, et l’espoir suscité. Pour lui, c’est une histoire apologétique, simpliste. De même, il tient comme un chef d’oeuvre « l’âge des extrêmes » de Hobsbawm qui réhabilite le communisme, livre refusé par Pierre Nora, comme anachronique. Traverso est un historien engagé, qui ne croit pas à la neutralité, et surtout pour le XXème siècle, l’histoire est aussi autobiographique.

L’europe s’est faite sur la base d’un oubli mémoriel, car la seule culture commune de l’Europe a été la division.

La shoah est devenue une religion civile alors qu’il faudrait pouvoir la réintégrer dans l’histoire pour la comprendre vraiment. Ainsi, les pays de l’est l’ignorent alors qu’elle s’est déroulée sur leur territoire. Pour Traverso, la seconde guerre a été une guerre ordinaire à l’ouest, et une guerre d’extermination à l’est.

Ce livre est d’une fantastique érudition, d’un époustouflant niveau de réflexion, en comparaison de ce qu’on peut lire par ailleurs, et loin de tous les lieux communs de notre épqoue. Je n’ai pu en trouver de résumé satisfaisant, j’ai jeté quelques uns de ses thèmes dans cet article, mais on ne peut résumer un livre profond, qui fait part de toute la complexité du monde, sans simplisme. Je n’ai mis en lien que ses entretiens, le reste ne pouvant rendre compte de son œuvre, car les commentaires sont nettement en dessous de son niveau, et donc n’apportent rien.

Je ne peux donc que le recommander à la lecture, il est d’un prix bien modique (12€) en comparaison des médiocres best-sellers à grand tirage. Et je pense que je le relirai d’année en année, comme certains livres de ma vaste bibliothèque.

Written by Le blog de Jean Trito

29 janvier 2012 at 09:59