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après le mariage pour tous, le logement pour tous ?

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sovab08022013

Ce qu’il y a d’indécent dans cette occupation totale du paysage médiatique par un sujet qui reste marginal, même s’il faut pour cela bouleverser juridiquement quelques piliers anthropologiques de notre société, c’est que l’on ne parle plus du tout des autres injustices. Il est vrai que l’on peut calculer une infinité de courbes d’inégalités pour une société donnée, les choix politiques consistant à désigner ceux que l’on veut traiter, et taire ceux que l’on ne réglera pas.

La question de l’accès au logement pour tous sera l’objet du combat d’un autre siècle sans doute, surtout quand la Halde, dans le souci (?) de différencier discrimination et différence, inscrit cette discrimination lourde dans la case du traitement différencié de la différence.

Written by Le blog de Jean Trito

8 février 2013 at 21:31

Il s’appelait Domenico Papagni

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Il s’appelait Domenico Papagni , et je pense encore à lui trente ans après. C’était un italien originaire de Milan, et il avait subi une greffe rein-pancréas à Edouard-Herriot à Lyon. Il détenait le record du monde de durée d’ailleurs, de deux ans et la télévision a même parlé de lui. La maladie avait abimé ses dents et ses jambes, ainsi que sa vue. Il marchait donc difficilement, aux côtés de sa femme, vraie poupée Barbie, dans les couloirs de l’hôpital. Le diabète lui avait pourri la vie, et nous parlions du passé heureux comme s’il était loin, alors qu’il avait 38 ans, et moi 20. Je me souviens que l’on a dû le regreffer, alors que la première greffe était déjà un exploit médical. Nous l’avons accompagné loin dans la nuit, en écoutant Renato Zero chanter Amico, le coeur serré, en pensant qu’il ne reviendrait peut-être plus après l’aube. C’était une veillée tragique pour moi. A l’époque, la greffe du pancréas destinée à régler le problème des grands diabétiques était pratiquement une méthode désespérée, et d’ailleurs financée sur le budget de la recherche et non celui de la sécurité sociale. Nous fumes très heureux qu’ils franchissent cette étape, et qu’il ait pu profiter du temps qui lui restait. Je ne sais si quelqu’un se souvient encore de lui maintenant, car trois décennies c’est un abîme important, même les soignants sont aujourd’hui proches de la retraite, et je ne suis pas certain qu’il reste beaucoup de ses compagnons d’hôpital. Il a été très courageux, tout le long, confiant dans la vie, admirateur de Platini, et ce fut une joie pour lui de savoir que ce joueur allait évoluer en Italie.

 

Written by Le blog de Jean Trito

15 janvier 2011 at 19:14