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Le modèle économique des agences immobilières

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Les agences immobilières offrent une gestion de location pour votre compte. Elle consiste à prendre en charge pour vous la sélection des locataires, à percevoir les loyers et à gérer les problèmes éventuels d’impayés. Et c’est là que le bât blesse.
Le modèle économique de ces agences leur permet d’afficher une devanture commerciale, de prospecter des clients, mais pas de gérer un contentieux avec le locataire qui semble avoir tous les droits, même celui de ne pas payer les loyers.Dans ces cas, elles renoncent à toute action jugées ainsi non rentables. Elles sont en quelque sorte des entreprises Potemkine.
La loi a renforcé la protection des locataires en transférant une « solidarité sociale » sur le propriétaire qui doit assumer sur ses deniers le loyer de son locataire. Notons que l’on n’a pas pensé à impliquer les banques dans le dispositif, lesquelles continuent à percevoir les traites chaque mois, elles.
En banlieue, le modèle n’est plus gérable, sauf par une gestion communautaire, où on loue en interne, mais où l’on fait aussi la police à l’intérieur de la communauté, préférant ne pas miser de fortes sommes sur des procédures jugées par trop aléatoires.

Written by Le blog de Jean Trito

6 janvier 2019 at 13:39

Publié dans économie

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Le prix sans limite du logement n’est-il pas une limite mise à l’ampleur de nos vies ?

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« je n’ai pas demandé à être propriétaire, mais j’ai acheté en banlieue, parce que je ne pouvais plus payer un loyer à Paris ». Ce n’est pas par amour de la propriété que les gens achètent, mais pour s’assurer un logement où qu’il soit. Le logement n’est plus une valeur d’usage, mais un placement, que l’on peut aussi laisser vide pour la plus-value, qu’un éventuel locataire pourrait diminuer en réduisant la liquidité du bien. Une fois que l’on a acheté, on ne bouge plus. L’achat a réduit notre mobilité, et notre capacité de vivre ailleurs, de simplement changer de quartier. Je me rends compte que les relations se font lentement, et par affinités rares, et si elles ne sont pas liées au lieu de vie, elles en dépendent quand même fortement.

Jean Viard disait que l’on « vote là où l’on dort plutôt que là où l’on vit ». Un cadre moyen travaillant à Paris habitait à 20 minutes à pied de son lieu de travail avant les années 80, il en est à une heure et quart en train aujourd’hui. Avec cette transhumance quotidienne, nous avons perdu une unité de vie, un lien lâche entre le lieu de travail et le lieu de vie. Comme le décrit Richard Sennett, dans « le travail sans qualité », c’est que la mobilité professionnelle crée des mutants sans racines, même adventices, car la mobilité forcée vient à bout des liens qui peuvent se créer, et ceux-ci deviennent plus difficiles avec l’avancée en âge. Je crois aussi que les gens mobiles sont ceux qui se sentent le moins bien, qui quelque part, ont des difficultés d’adaptation, qui, ainsi, ont moins à perdre que d’autres. Leur désinvestissement lié à la mobilité est moins important.

Je me rends compte que je soutiens ainsi deux thèses opposées, l’une est que la propriété limite les possibilités, l’autre que la mobilité détruit le caractère. Sont-elles contradictoires ? non, car la propriété fige la vie dans un état de « raison », qui n’était pas forcément celui qui était visé, mais une sorte de choix contraint lié à une rationalité économique, d’un système de logement centrifuge qui nous pousse vers la périphérie de la ville. C’est une sorte de valorisation de cet exil, on accepte d’être propriétaire dans un lieu dont on n’aurait pas voulu être locataire, et on le voit de manière positive. La fluidité du logement nous permettrait de choisir davantage notre lieu de vie, d’en changer tout en restant dans le même monde, et d’accroître la vie. Pouvoir louer facilement rend plus libre par rapport aux problèmes que l’on peut rencontrer dans un quartier, ou une ville, et permet de changer d’horizon.

Pour satisfaire ce besoin de propriété, on a créé ce monstre qu’est le « quartier pavillonnaire », un lieu sans accès, sans commerces et sans vie, qui est présenté comme une promotion sociale. On soigne ses relations professionnelles et d’anciens de la même école, on prête moins d’attention à son voisinage, ce qui montre que le vrai terreau tient davantage à nos lieux de vie, qu’à notre lieu d’habitation.

La grande ville est constituée d’une série de cercles que l’on n’essaie de ne pas franchir, mais que l’instinct de propriété nous permet d’accepter en valorisant le changement de cercle, au-delà de nos aspirations. Nous avons perdu notre place en ville, et habitons des lieux qui ne se définissent plus.

Written by Le blog de Jean Trito

25 septembre 2011 at 11:27