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Le net peut-il conserver ses créateurs ?

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Je poursuis ma réflexion, peut-on avoir de bonnes surprises sur le net, ou reste-t-on dans le culte de l’amateur, de l’à-peu-près, sans que ce soit une chance de diffusion pour des choses qui pendant des années, faute de possibilités, ont été gardées pour eux par beaucoup de gens, sans que l’on puisse les voir apparaître ?

Michell Serres, qui est un optimiste, constate que c’est la première fois dans l’histoire qu’une petite fille de 9 ans peut rédiger une fiche wikipedia, et ainsi contribuer à la connaissance de l’humanité.

Pourtant, est-ce que les créateurs utilisent vraiment le net pour se faire connaître, ou considérer que le net est leur seul terrain, qu’il n’y en aura pas d’autre, et qu’une diffusion à 100 personnes constitue déjà un public en soi.

A partir de quel lectorat commence un écrivain ? Bien sur, il y a Dan Brown avec ses 300 millions de lecteurs, mais la plupart des blogueurs sont plus lus que bien des écrivains de qualité. Le choix du net permet de toucher tout de suite un plus vaste public que l’édition avec tous ses filtres. En termes de public, l’édition est même rédhibitoire pour l’écrivant moyen, celui qui ne prétend pas à une gloire universelle, mais a seulement des choses à dire, dont il sait qu’elles ne pourront concerner un vaste public.

Après tout, certains hommes d’influence ont un auditoire limité, mais comme chantait Boris Vian, plus que la portée, c’est l’endroit où tombe la bombe qui est important.

Bien sur, nos réflexions auraient pu être partagées avec notre entourage, mais ce n’est pas toujours autour de soi que l’on peut trouver le public réceptif à certaines réflexions, ou à qui ces réflexions pourraient être utiles.

Le net permet de toucher un réseau ad hoc, qui ne se réunira pas, qui ne communiquera que via un texte peut-être, mais une idée se diffusera, comme elle aurait pu le faire à l’oral, si la société fragmentée n’avait mis de tels coupes-feux à tout échange.

Il n’est pas évident que les créateurs du net soient bien repérés par d’autres medias, la transmutation n’est pas évidente pour beaucoup de raisons, dont l’une tient aux réseaux qui sont différents, et aux raisons commerciales, car tout n’est pas bankable du net, on est plus proche de l’invendable Guy Debord que de Marc Levy.

Il est donc possible qu’une grande partie des « graphomanes » du net y reste, parce que le media créé l’artiste, et que la traduction n’est pas garantie. Faut-il donc cesser de penser que le net serait un moyen de repérage d’artistes qui rejoindraient le circuit classique, ou une réserve de créateurs qui ne le quittera pas ?

Written by Le blog de Jean Trito

26 mai 2013 at 11:35

Publié dans Non classé

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Editer ses articles de blog

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Le livre Textes de 2012

Le livre pensées spontanées sur l\'année écoulée

Le livre pensées spontanées sur l\'année écoulée

Me souvenant de Vox, cette plateforme qui avait été supprimée, ce qui avait nécessité une migration difficile vers wordpress, par refus de typepad, à la pauvre présentation, qui était imposé, je fais éditer sur papier mes principaux textes annuels. C’est le seul moyen de les conserver de manière accessible, et de garder un témoignage de ces années passées (perdues ?). J’en suis déjà à mon troisième opus, dont je n’attends rien de spécial que d’exister, et de pouvoir être conservé dans ma bibliothèque.

Thebookedition est plus sympa que d’autres sites, et sérieux. Sans promotion, sans distribution, je ne pense pas que cette opération me permettra d’être lue au-delà du blog. Au contraire, le blog est un meilleur moyen pour être lu que l’édition papier sans présence nulle part, dans aucun media.

J’ai souvent voulu au-delà du blog, écrire une vraie histoire, que je pourrais ainsi vendre, parce qu’elle serait différente de ce fil de l’eau qu’est le blog, mais le temps me manque, l’investissement, et l’absence d’interactivité durant l’écriture peuvent laisser ressentir un sentiment d’isolement.

Je voudrais le faire, quitte à ne laisser qu’un livre, mais la plupart des écrivains ne portent-ils pas, au fond, qu’un seul livre, infiniment réécrit ?

Written by Le blog de Jean Trito

4 janvier 2013 at 19:53

Publié dans blog

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Que font 2 milliards de personnes sur le net

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Comment faisait-on avant ? comment pouvait-on s’exprimer avant le net . Il y a eu bien sur les radio-amateurs et les cibistes, ces amateurs qui disposaient ainsi d’une fenêtre sur le monde, le minitel rose, mais il était extrêmement thématique. Comment une capacité infinie d’expression a-t-elle pu être mise en veilleuse, confinée, alors même que les capacités et le champ s’étendaient à l’infini grâce à une éducation extensive. D’une certaine manière, l’édition réduisait artificiellement la production écrite, une part immense de ce qui ne pouvait pas être publié, ni même écrit, était à peu près au même niveau que ce que les libraires vendaient, sans que cela puisse même exister. Le net a permis l’émergence, n’en déplaise à Duhamel, d’une foule de textes écrits, comme il n’en a jamais existé dans l’histoire de l’humanité.

bien sur, une partie des moyens qui l’ont permis ont une origine commerciale, comme Facebook, qui vise à couvrir tout le champ, en reliant toutes les vies séparées qu’un même individu peut avoir sur le net, afin d’offrir aux publicitaires un public choisi, en attendant qu’un système totalitaire puisse ainsi tout savoir sur tout le monde.

On dénonce l’utilisation et le pièce de ces instruments. Qui sera plus fort de l’utilisateur ou de l’instrument. Ne peut-on montrer que le côté négatif de cet outil, sans montrer en quoi il a régénéré la presse, permis au lecteur de donner un avis souvent opportun et pensé ? les commentaires ont tiré le « monde » du ronron, on a eu enfin le sentiment de donner accès à une expression souvent très pertinente et moins empesée. En termes de citoyenneté, c’est un progrès, parce que cela permet à davantage de gens de participer au débat, de connaître un état réel de l’opinion.

Peut-on considérer que le monde des lettres est une démocratie, que l’accès n’en est pas fermé. Des poètes, des essayistes, des nouvellistes ont pu ainsi offrir leurs textes au public. Le sérail est choqué de cette ouverture, comme tout sérail, hanté par la peur de la démocratisation. On pourrait presque parler de concurrence, en quoi ceux qui n’avaient pas accès à la publication étaient-ils inférieurs en qualité ? Cela ne contribuera pas à enrichir les écrivains, mais le principe est clair, on ne vit pas de sa plume, c’est une passion pour laquelle il faut bien trouver une ressource alimentaire extérieure.

 

 

Written by Le blog de Jean Trito

27 novembre 2010 at 08:50