triton95

un regard sur le monde

La perte de la voix naturelle

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Ce qui reste dans nos mémoires, c’est la voix naturelle de ceux qui nous ont quittés. Ce qu’ils nous racontaient autour de la table familiale, du temps où ni la télé, ni les smartphones ne venaient interrompre notre attention toutes les quelques secondes. Les enfants s’ennuyaient beaucoup plus qu’aujourd’hui, où les stimulations sont incessantes, mais conservaient plus d’attention pour ce qui pouvaient les intéresser. Il faut imaginer que, pour la génération précédente, on n’utilisait le téléphone que pour annoncer que quelqu’un était mort.

toute l’information provenait de discussions avec les autres, du récit d’expériences de première main, on lisait peu, on écoutait un peu la radio, mais tout se faisait en transmission directe, en face à face.

Nous sommes passés de cette situation d’expression en direct, à une situation où tout est médiatisé par des écrans.

Dans les années 70, à l’hôpital, les gens se retrouvaient à quatre par chambre, sans télé, et échangeaient leurs expériences, parfois contribuaient ainsi à leur survie prolongée en se donnant des trucs utiles. Aujourd’hui, on se retrouve seul face au mur et à la télé. On a dénigré les grandes salles communes, mais est-ce que cette solitude est plus humaine, ou peut-être que la société partage moins de choses, que la culture est moins commune qu’en ce temps, et que la communication serait plus difficile.

Je ne suis pas certain que cette génération aura ces voix dans sa mémoire, et autre chose que des stimuli électroniques.

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Written by Le blog de Jean Trito

23 juillet 2016 à 07:24

Publié dans réflexions

3 Réponses

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  1. https://trainsurtrainghv.com/2014/04/09/mutation/ Voici que votre billet me rapelle le mien sur le sujet.Evidemment que sont porteurs d’interrogation nos nouveaux modes de « communication »! Celui de cet échange aussi.Cordialement.GHV

    trainsurtrainghv

    23 juillet 2016 at 09:07

  2. Ce temps d’ennui est celui qui nous permettait de développer un imaginaire, un centre d’intérêt ou une pratique, celle du dessin par exemple. Je me demande souvent, quand je vois le temps que je perds aujourd’hui à lire ou regarder des vidéos, certes intéressantes mais dont il ne reste rien de concret après, si j’aurais développé ces choses en ayant grandi avec l’internet illimité et toutes ses sollicitations.

    Un Oeil

    23 juillet 2016 at 13:21

    • oui, je me pose la même question : mes relations avec mes amis auraient -elles été les mêmes ? On avait un rendez-vous, on était obligé de s’y tenir, car on ne pouvait prévenir de sa non-venue, aujourd’hui, on annule plus facilement. Je regrette par contre de ne pas avoir eu le net pour diffuser mes dessins, mes textes, mais le constat, c’est aussi que leur impact est limité par l’organisation du système, et qu’il y a moins d’émerveillement qu’en 1999 par exemple, à écouter une autre voix par ce media. Sans le grain de la voix, le poids de ce que l’on raconte est moins grand, et en tant que simple texte, il est plus difficile d’émerger.

      Le blog de Jean Trito

      23 juillet 2016 at 19:08


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