triton95

un regard sur le monde

séparatisme scolaire

leave a comment »


Dans ma jeunesse, on suivait tous un cursus à l’école publique, et on n’était inscrit dans une école privée que lorsque l’on avait des difficultés. Aujourd’hui, je n’entends plus que les parents, les mères surtout, jurer par l’école privée. On compare les écoles privées, on se renseigne sur leurs possibilités, leur côte, on les compare. Le public a disparu des conversations. « je ne vais pas mettre mon enfant dans le public avec la racaille ». Ce qui était élitiste est devenu une voie de relégation.

Ce livre complexe, qui ne veut pas simplifier les analyses, présente un chapitre sur cette question. L’utilisateur du séparatisme est vu comme un déserteur, parce qu’il quitte le système commun. Il y a des gradations, on peut s’arranger pour aller dans un bon lycée public, et on parait ainsi moins trahir, mais c’est hypocrite, parce qu’on habite un « bon » quartier, ou on peut déserter complétement, en allant dans le privé catholique. Pour les cadres du public, il y a un dilemme, une tension, parce que l’on ne parvient pas à rester fidèle à ses opinions, pour ceux du privé, on accepte beaucoup mieux cette situation, parce qu’on utilise également sans complexe le séparatisme social.

Je n’avais pas lu de telles analyses, sur la différence de mentalité entre les employés du public et du privé, mais elle tient.

Le livre oscille entre analyse raciale et sociale, car il est difficile de séparer les deux, mais il explique que le départ dans le privé scolaire cache souvent une volonté de rester dans l’entre-soi, et que les enfants ne fréquentent pas d’autres milieux, d’autres origines. Sous la question du niveau scolaire, se cache celle de l’ethnicité, du refus de l’autre. Les enfants actuels seraient trop élevés dans le coton pour résister à la pression des autres. Mais cette analyse à charge tient-elle, est-ce qu’il n’y a pas un vrai problème tabou, une certaine objectivité de la part des parents, une lucidité qui leur montre que leurs enfants auront de meilleures chances de réussite ? on va toujours chercher des intentions dans la démarche de l’autre, mais lui est-il possible de pratiquer autrement ? N’y-a-t-il pas objectivement de meilleures chances, n’est-ce pas rationnel ?

Une stratégie pragmatique qui réussit ne peut pas être critiquée pour des questions de principe. Un peu comme les filles se plaignent en primaire de la présence des garçons, dont l’immaturité et la turbulence les perturbent, constat à rebrousse-poil des idéaux des années 60 et 70, n’y a-t-il pas un fond récalcitrant à se plier à ces idées de mixité et de mélange ?

Publicités

Written by Le blog de Jean Trito

19 novembre 2011 à 15:20

Publié dans sociologie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :