triton95

un regard sur le monde

Archive for septembre 20th, 2011

Mais quel est le statut des palestiniens ?

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Par suite d’une remarque anodine, concernant un courrier professionnel, qui évoquait un ressortissant palestinien, nous nous sommes demandé, mais quel est le statut des palestiniens ? à cette question simple, personne d’entre nous n’a été capable de répondre, et cette question revenait lancinante et sans réponse. En effet, en droit international, on a les citoyens de différents pays, avec une nationalité. Mais quelle est celle des palestiniens : sont-ils apatrides, israéliens, mais non, cela ne concerne que 700 000 arabes palestiniens, mais pas les autres.

Quel est donc le statut des gens qui habitent Gaza, la Cisjordanie ? sont-ils vraiment apatrides, je ne crois pas, mais sans statut clair à ma connaissance. Ils dépendent d’Israël, mais sans en avoir la nationalité, ni en être citoyens, comme autrefois les habitants des bantoustans, mais ceux-ci étaient sud-africains. Il suffit de poser cette simple question, pour comprendre l’enjeu de leur demande à l’ONU pour ce vendredi. Sont-ils des indigènes, des untermenschen, ou absolument rien en droit international. Ne pas exister, n’avoir aucun statut explicite, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de peuples dans cette situation dans le monde, même les roms sont roumains ou européens. La vacuité qui se révèle à cette simple question appelle un comblement. Un peuple ne peut vivre ainsi dans un non-droit.

Written by Le blog de Jean Trito

20 septembre 2011 at 22:29

la créativité malgré le collectif et les exemples conformistes du commerce culturel

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Le tout est plus que la somme des parties, axiome bien connu, mais l’inverse, tout aussi vrai, est bien moins connu. Il y a dans toute organisation collective un plus, mais aussi un moins pour chacune des parties prenantes, parce que l’on restreint aussi sa capacité de créativité au bénéfice de l’unité collective.

N’est-ce pas un problème de notre temps, d’ailleurs, le sentiment bien partagé de sacrifier une partie de soi-même, de rogner ses capacités, leur expression, pour rester dans la roue. A l’intérieur de n’importe quelle contrainte on se ménage un espace de liberté, de création, même modeste, sans cela, l’on ne pourrait trouver de sens à son activité. Pouvoir exprimer, pouvoir faire du nouveau, pouvoir agencer différemment les choses, c’est une aspiration qui transparait à travers les activités ludiques de notre époque. N’importe qui se rendra compte qu’une partie des romans lui tombent des mains, qu’il a le sentiment de pouvoir faire mieux, moins tout-petit-bourgeois, qu’il a des choses plus essentielles à dire. Est-ce que le roman actuel a pour but d’exprimer ce qui se tient derrière les choses, de les remettre en question, ou de nous enfoncer davantage dans ce qui est la conformité publicitaire.

Tant de gens sans moyens et relations sociales se disent cela, que c’est une part de l’explication du succès des blogs, ces lieux de littérature moderne à taille réduite où l’on peut toucher un public choisi, restreint, et inconnu. Le blog est la vraie littérature de notre temps, un jaillissement plein de divines surprises, de ce que les vrais gens pensent, et qui ne disposait pas d’espace pour exister. Qu’ils sont longs ces trajets de banlieue, où l’on est plus serré qu’il ne serait légal s’il s’agissait de bêtes à cornes, parmi les conversations inutiles au téléphone portable, d’une banalité plus banale que l’essence du concept de banalité lui-même. C’est dans cette ambiance compressée, que l’on songe à laisser son esprit fonctionner à plein, par associations d’idées, par évasion réactive, et que l’on prépare la littérature du pauvre d’aujourd’hui, comme il existe un art pauvre.

L’entassement dérisoire, qui emprisonne le corps, libère l’esprit.

Written by Le blog de Jean Trito

20 septembre 2011 at 22:17

La biographie de Clemenceau de Michel Winock

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Une biographie est un moyen de découvrir une époque à travers un personnage qui la traverse. La collection Perrin Tempus offre des livres de grande qualité en matière d’histoire, à un prix très modique. Le regard noir de Clemenceau vous accroche dès la couverture, du haut de ses 29 ans. C’est l’époque où il est le maire de Montmartre, durant la commune de Paris.

C’est un homme belliqueux, qui recourt au duel pour régler ses différends. Je n’ai lu encore qu’un tiers du livre, mais déjà j’ai été plongé dans des épisodes épiques et importants de l’histoire. Son affrontement avec Gambetta qu’il juge trop modéré, puis avec Ferry dont il critique l’intervention au Tonkin, et la politique de colonisation, qu’il attaque pour des raisons économiques, et de civilisation, ne partageant pas l’analyse sur la différence des races, que, déjà, les allemands pratiquent avec les français. On voit comment il soutient d’abord le général Boulanger, avant de le dénoncer, et son intervention pour empêcher Jules Ferry de devenir président de la république, en poussant la candidature de Sadi Carnot.

Il reproche à Jules Ferry sa modération réaliste vis-à-vis des catholiques, même si le pays n’est pas encore mur pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On apprend aussi qu’il fit un long voyage aux Etats-Unis, à l’instar de Tocqueville, d’où il ramena sa femme.

Ce n’est que bien plus tard, à 76 ans qu’il prendra le pouvoir, mais cette traversée de la fin du 19ème siècle est passionnante et érudite. L’art de Michel Winock est de nous faire connaitre de l’intérieur ces grands débats qui ont coupé leur temps en deux, et qui constituent le soubassement de questions politiques actuelles.