triton95

un regard sur le monde

L’horreur économique de Viviane Forrester, 1996

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A la lecture d’un article sur wordpress, d’un commentaire du livre de Pierre-Noël Giraud, je repense soudainement à un grand succès de librairie, un livre d’économie écrit par une littéraire sous un jet de pierres, spécialiste de Van Gogh, Viviane Forrester, et dont les mots cognent encore plus fort aujourd’hui :

 

L’horreur économique, Viviane Forrester, 1996
 » Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance : des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’Histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. Nous découvrons qu’au-delà de l’exploitation des hommes, il y avait pire, et que, devant le fait de n’être plus même exploitable, la foule des hommes tenus pour superflus peut trembler, et chaque homme dans cette foule. De l’exploitation à l’exclusion, de l’exclusion à l’élimination… ?  »

 

Written by Le blog de Jean Trito

16 janvier 2011 à 08:31

3 Réponses

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  1. Ce livre est totalement absurde et plus je le lis, plus son absurdité m’impressionne : l’exploitation de la main d’oeuvre a « déménagé » mais elle n’a pas disparu ! …
    1. En France, le scandale de l’exploitation :Cf les offres d’embauche pour les jeunes : Bac + 5 15000€/an !
    2. Dans le monde 250 millions d’enfants au travail Cf OIT ! … Dans toute l’Asie orientale et extrême orientale. Dans toute l’Amérique Latine et les Caraïbes,dans tous les pays d’Afrique.Cf, le cas de la Chine où le droit du travail chinois est à faire dresser les cheveux sur la tête : il n’y a pas que dans les prisons que les droits humains ne sont pas respectés.
    A l’époque où ce livre a été écrit, flottait dans les airs l’idée fausse qu’il était possible pour les entreprises, de gagner de l’argent juste avec de l’argent, sans avoir besoin de main-d’oeuvre : c’est juste qu’on n’était à peine devenu conscient que le capitalisme européen, comme au temps du mouvement de colonisation au début du XIXème siècle, était allé chercher de la main d’oeuvre non organisée ailleurs.

    Je te mets le texte de la Balade de Joe Hill, syndicaliste de l’Industrial Workers of the World, exécuté en 1915 : auteur inconnu, sans doute ses copains,musique un inconnu nommé Robinson, interprétation lumineuse : Joan Bez :

    I dreamed I saw Joe Hill last night,
    Alive as you or me
    Says I, « But Joe, you’re ten years dead, »
    « I never died, » says he
    « I never died, » says he
    « In Salt Lake, Joe, » says I to him,
    Him standing by my bed,
    « They framed you on a murder charge, »
    Says Joe, « But I ain’t dead, »
    Says Joe, « But I ain’t dead. »
    « The copper bosses killed you, Joe,
    They shot you, Joe, » says I.
    « Takes more than guns to kill a man, »
    Says Joe, « I didn’t die, »
    Says Joe, « I didn’t die. »
    And standing there as big as life
    And smiling with his eyes
    Joe says, « What they forgot to kill
    Went on to organize,
    Went on to organize. »
    « Joe Hill ain’t dead, » he says to me,
    « Joe Hill ain’t never died.
    Where working men are out on strike
    Joe Hill is at their side,
    Joe Hill is at their side. »
    « From San Diego up to Maine,
    In every mine and mill,
    Where workers strike and organize, »
    Says he, « You’ll find Joe Hill, »
    Says he, « You’ll find Joe Hill. »
    I dreamed I saw Joe Hill last night,
    Alive as you or me
    Says I, « But Joe, you’re ten years dead, »
    « I never died, » says he
    « I never died, » says he

    Amicalement

    ladyapolline

    16 janvier 2011 at 11:12

  2. Merci Apolline pour cet enrichissement de mon article.
    on a reproché à ce livre d’être l’œuvre d’un littéraire inculte en économie. Il n’a pas été pris au sérieux pour cette raison. Toutefois, et notamment pour l’occident, on se rend compte que l’on produit de moins en moins ce que l’on consomme, et qu’une part de la population se sent inutile et désœuvrée. En ce qui concerne les diplômés, est-ce qu’un bac +5 bénéficie de la rareté relative que détenait le brevet du temps de nos parents, ce n’est pas certain. Il faut savoir que les concours de catégorie B de la fonction publique sont trustés par les bac + 5 aujourd’hui.

    Je cite un blog concernant les hommes inutiles, un résumé fait par yanigroth d’un livre de PN Giraud
    « Jean-Noël Giraud propose aussi un autre scénario – beaucoup moins moral – celui de « l’homme inutile » : la mondialisation peut très bien fonctionner en ignorant le milliard d’en bas (d’après l’expression The Bottom Billion, proposée en 2007 par Paul Collier). « Les capitalismes pourraient fort bien, sur leurs propres territoires et dans les territoires délaissés par la mondialisation, parquer, contrôler et ignorer des masses considérables d’ ‘hommes inutiles’ « , écrit l’auteur. Et cela semble plus probable qu’on le souhaiterait… »
    http://yannigroth.wordpress.com/2010/05/27/mondialisation-emergences-fragmentations-pierre-noel-giraud-sciences-humaines/

    Le blog de Jean Trito

    16 janvier 2011 at 12:00

    • J’ai perdu, en le prêtant, un livre incroyable qui démontrait l’inanité de l’extraordinaire taux de croissance vantée à l’époque de la publication du livre, de … l’Iran ! …

      Ce livre démontrait que le taux de croissance de l’Iran était le résultat :

      1. de la spéculation sur le prix brut du baril de pétrole

      2. sur l’hypertrophie des budgets de l’armée et de la police

      3. de l’inflation immobilière.

      Il criait au secours sur le défaut d’investissements productifs (parmi lesquels ceux de l’éducation et d’une industrie de production et non de « montage »)et l’immense misère de la population, sur le « drainage » des (faibles) ressources populaires dans des consommations non durables.

      Ce livre avait pour titre « Pétrole et Violence » et était signé par … Abol Hassan Banisadr et Sadegh Gobtzadeh Asfaani (torturé et fusillé par Khomeini en septembre 1982).

      Je vais lire le blog que tu m’indiques. Amicalement

      ladyapolline

      16 janvier 2011 at 13:25


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