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un discours hallucinogène
Il faut quand même le voir pour le croire, à 57 ans, après 5 ans de présidence, Sarkozy vient de découvrir la crise immobilière. Ce serait comique s’il ne fallait en pleurer, et prendre ainsi conscience, comme en un flash, de l’écart qui a séparé le pouvoir de la réalité. Quand on annonce des mesures que l’on ne prendra pas, on n’est plus en situation de pouvoir, mais de campagne électorale. Aurait-il fait ces annonces en début de mandat que j’aurais pu y voir une preuve de courage, de volonté de s’attaquer aux problèmes. A ce stade, l’on s’interroge, n’a-t-il pas enterré les vrais problèmes, pratiqué comme ces maires de grande ville qui se sont endettés à bas taux d’intérêt durant leur mandat, pour laisser des coûts financiers galopants à leur successeur ? A-t-il joué volontairement une politique à courte vue, pour dissimuler les problèmes sous le tapis du futur ? C’est possible, le discours en devient psychédélique et hallucinatoire.
Une preuve de son inculture et de sa méconnaissance de la France, peut-être liée au fait que ses parents étaient des émigrés, et qu’il lui manque une partie de la mémoire du pays, ce que l’on a tant reproché à Eva Joly, c’est cette idée saugrenue d’inviter Angela Merkel en soutien. Obama oui, mais l’Allemagne intervenant dans la présidentielle française est une énorme faute politique. Il ne faut pas imaginer que, parce que l’histoire est ancienne, les braises en sont éteintes. Verrait-t-on le président algérien, dont le fond de commerce est la guerre d’indépendance, se faire soutenir ostensiblement par Paris ?
Il y a toujours un complexe allemand en France, et qu’il n’en ait pas la culture est sidérant. Que la France se rapproche de l’Allemagne est une évidence, depuis De Gaulle, mais l’Allemagne ne peut intervenir dans la politique intérieure, et soutenir des candidats.
Le couple franco-allemand
C’est Montoire !
Comment la postérité jugera-t-elle ce moment, celui où l’Allemagne aidée de la France ont commis ce coup d’Etat, mettant sous le boisseau tous les autres pays, et transformant l’Europe en fiction politique ?
Le transfert des pouvoirs budgétaires à l’Europe, c’est la fin de la souveraineté de ses nations, la crise aura ce double-effet que de mettre tous les pays qui avaient soutenu les Etats-unis dans leur intervention en Irak sous tutelle, et d’instrumentaliser l’Europe pour la transformer en arme de destruction massive des systèmes sociaux.
L’euro s’est transformé en étau pour l’indépendance des autres pays, et le mot discipline sous-entend réduction des dépenses sociales, car personne ne parle plus d’augmenter les impôts dans un dispositif de moins-disance sociale et fiscale.
La réduction d’un fonctionnaire pour deux départs en retraite va continuer tant que ce sera possible politiquement, que rien ne s’y opposera, que des manifestations que l’on peut justement laisser passer. Nous n’avons vu qu’une partie du plan, car les réformes acquises jusqu’ici peuvent à la rigueur se comparer à celles du barrisme ou du fabiusisme, mais un autre quinquennat permettra d’aller beaucoup plus loin, surtout avec un cliquet engagé au niveau européen, vidant tout débat national de sa substance.
On se souvient de l’importance de l’axe Giscard-Schmitt ou Mitterand-Kohl, mais ce qui est revenu au galop semble le dépasser, aller bien au-delà.
L’histoire donne finalement raison aux français, plus clairvoyants que leurs dirigeants, et qui avaient bien vu ce qu’allait donner l’Europe, une vaste perte de pilotage de son destin, une prééminence du système financier sur le système social, comme l’ont montré les très grandes grèves de l’an dernier qui ont poussé le président à rencontrer…. Thierry Henry ce qui était sans doute d’une urgence absolue.
Je me demande quelle va être la réaction des peuples, une fois le dos au mur. Vont-ils se prendre en main comme les valeureux islandais, et poser des questions à leurs dirigeants, ou est-ce que les tensions entre nations vont s’exacerber, ce qui semble bien en germe dans la situation actuelle.
Où est l’Europe ?
on nous parle de l’Europe, faut-il développer le fédéralisme, faut-il remettre les dettes au niveau européen, et l’on constate que l’on ne parle plus que de l’Allemagne et de la France, le naturel est revenu au galop, c’est un euro une voix en fait, la puissance économique ne peut se soumettre à un comptage en voix. Ce qui se passe au niveau national, se passe aussi au niveau européen, en plus visible encore. Cohn-Bendit, et Barroso, prêchent dans le vide.La rentrée prochaine de la Croatie ne donnera pas le liant supplémentaire, au contraire, c’est une manière de délayer et d’étendre ce qui est avant tout un marché, mais ne possédait pas les moyens d’autre chose que d’une gouvernance, c’est à dire un gouvernement technique sans création de sens, et de feed-back démocratique.
Terrorisme allemand
Les fils ont ils voulu expier les fautes des pères, pourquoi a-t-on au au tournant des années 70 autant de groupes d’extrême-gauche allemands, dont la violence s’est tournée contre le capitalisme. Peut-être était-on dans un contexte de guerre froide, et ces groupes trouvaient-ils facilement un appui et une instrumentalisation à l’est. En cours d’allemand, je me souviens d’un texte où une phrase revenait en boucle, la question d’un fils à son père “warum haben sie nichts dagegen unternommen ?”, pourquoi n’avez-vous rien fait contre cela (le nazisme). On n’imaginerait pas aujourd’hui d’actions si violentes sous prétexte de lutter contre le système, on aurait plutôt des organisations qui mettraient l’accent sur la non-violence, et protesteraient ou “s’indigneraient”. Il semble que le monde était alors si en noir et blanc, que l’on s’attaquait aux instruments du système, sans en voir peut-être les ressorts. J’ai vu Carlos d’Assayas, que l’on peut découvrir en 5 heures sur ARTE en ce moment, dans lequel le réalisateur montre le passage de l’action idéaliste à une action plus mercenaire, et la bande à Baader, et je retrouve un peu de l’esprit de certains écrits d’il y a trente ans.
La guerre d’Irak et la sortie de l’Europe
Ce qui m’a frappé au moment de la guerre d’Irak, en 2003, c’est le comportement dual de l’Europe. La France et l’Allemagne ont refusé de participer à cette guerre, tous les autres, comme de véritables états-croupions, l’ont soutenue. Cette fracture persiste aujourd’hui, et l’on se rend compte que l’on passe de l’Europe à l’intergouvernemental, et que la résolution de la crise repose là encore sur la France et l’Allemagne. C’est comme s’il n’y avait plus que deux états en Europe, deux états seulement à peser au plan international. La guerre d’Irak nous aura donc dessillé les yeux sur l’avenir d’une illusion.
Freakonomics : les toilettes payantes chez Mac Donald
J’ai été assez surpris de découvrir que les toilettes chez Mac Donald prenaient l’allure d’un coffre-fort, avec un dispositif de paiement par pièce. En gestion, il n’y a pas d’économies négligeables, et un détail aussi insignifiant que le passage aux toilettes payantes a surement été murement étudié par cette chaîne de fast-food. En effet, tous les frais sont surveillés et tirés au maximum, pourquoi ne pas limiter d’une part cet accès, d’autre part considérer que c’est une consommation comme une autre. Il me semblait que la loi faisait obligation à un restaurateur ou tenancier de bar d’offrir une telle commodité à ses clients, mais exclut-elle de faire payer la prestation ?
C’est une part de frais non négligeable, il y a souvent des détériorations, des problèmes mécaniques dus à l’usage, et la nécessité de rémunérer des agents pour leur entretien. Par ailleurs, en raison du manque du service public équivalent dans la rue, Mac Donald se retrouvait à pratiquer sinon de la philanthropie, du moins une participation à un service public en raison des entrées liées à la recherche de ce type de service, indisponible par ailleurs. En France, la question des toilettes publiques est taboue, elles sont absentes du mobilier urbain au contraire d’autres pays comme l’Allemagne, ou le Japon qui en pourvoit ses stations de métro.
C’est un équipement qui n’est pas valorisé, la question est ignorée, et le coût lié à leur entretien ne semble pas mériter cet effort. Il semble difficile d’abaisser semble-t-il des personnes à travailler dans ce secteur, bien qu’en Finlande on peut être surpris par la beauté des belles blondes, qui chez nous seraient mannequins, et là-bas travaillent dans ce service.
Comme pour d’autres métiers peu valorisés, on a essayé de remplacer l’élément humain par la machine, et ce furent les sanisettes, discréditées dès leurs débuts en raison d’accidents mortels à l’usage.
La disparition de ce service est une vraie question de thèse, il a précédé et annoncé la réduction d’autres services publics, car il en présentait tous les inconvénients : coût public, nécessité de recruter, de gérer des agents, voire de faire appel à l’émigration, non-valorisation pour les élus. La gestion privée se pose également les mêmes questions, est-ce qu’un lobby prépare la fin de l’obligation d’offrir des commodités pour les restaurateurs, dans le souci de réduire les frais de gestion ? et en arguant que cela doit relever du public qui ne fera rien ?
Ce n’est pas parce qu’un sujet parait trivial et insignifiant qu’il ne contient pas beaucoup d’enseignements. Mais certains consommateurs pressent dans l’autre sens, j’ai vu qu’il existait un groupe sur Facebook.
Sarkozy, une gestion à l’africaine ?
Qu’a fait Sarkozy finalement ? Si l’on lit les commentaires de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques, on constate que la dette de l’Etat provient d’une dépense fiscale (diminution des impôts) de 100 milliards par an. En quelque sorte une partie de la société s’est enrichie par une augmentation de l’endettement. Si l’on veut rétablir la situation financière du pays, il faut donc leur faire rendre ces sommes, dont certaines investies à l’étranger ou placées en Suisse. Cela ne vous rappelle rien, au fond qu’elle est la différence avec la gestion de certains dirigeants de pays africains qui ont transporté une partie du PIB à l’extérieur, pour qu’il soit disponible en cas de fuite. La dette a permis de réduire la pression fiscale sur une partie aisée de la population française.
Que se passera-t-il si notre univers paisible voyait s’effondrer les conditions économiques qui en permettent la douceur, ne verrait-on pas apparaître de nouvelles haines, au long de lignes de fractures sociales, religieuses, ethniques, ou autres . Notre paix est dépendante d’une croissance, ou du moins d’un maintien de notre niveau de vie. Elle ne résisterait pas à une réduction drastique de nos moyens, une renonciation à la société de consommation, surtout en ville où l’on ne peut vivre en autarcie. Peut-être survivraient des groupes isolées dans les campagnes, loin de tout, qui réinventeraient une vie traditionnelle. Nous volerions en éclats comme l’Allemagne des années 30, à la recherche de boucs émissaires.
La tragédie du Japon nous pose ce type de questions, dignes d’un “Malevil” post nucléaire, pourrions nous régresser sans perdre notre âme. Voici quelques mois, Internet était en panne, et donc la télévision, le téléphone, l’ordinateur. Nous nous sommes trouvés mieux, dans le calme et le silence d’un dialogue retrouvé, sortis du chahut infernal de nos nouvelles technologies. Peut-être une baisse de richesses matérielles nous ferait-elle ainsi redécouvrir des valeurs perdues. Sommes-nous vraiment condamnés à ce que les enfants grignotent devant l’ordinateur et la télé, que les gens passent indifférents le téléphone portable collé à l’oreille, et que tout contact humain soit remplacé par Internet ?
Le futur peut-il devenir une forme de cauchemar, comme dans la première adaptation de “I’m a legend” et restée la meilleure à ce jour, une version encore pire que “Malevil”, celle d’un monde où nous survivrions seuls ?
Le travail des femmes sera-t-il encore possible demain
Le travail des femmes a émergé avec la désindustrialisation, l’arrivée d’une société de service et les gains de productivité liées à l’électro-ménager. Toutefois, on constate que lorsqu’une profession se féminise, elle perd en rémunération. Comme si l’employeur prenait en compte la rémunération supposée du mari, où que la lutte se concentre moins sur le monétaire du fait que les femmes sont davantage aidées que les hommes sur le plan social, et que cela réduit la pression sur leurs salaires. C’est en même temps un phénomène général de baisse du pouvoir salarial, de la perte de ses moyens de pression antérieurs qui explique cette situation.
Une femme qui travaille consacre une grande part de son revenu à payer quelqu’un au même tarif horaire pour faire ce qu’elle ne fait plus. Le seul à disposer d’un revenu final est donc l’aide ménagère ou la nounou, comme si l’argent ne faisait que transiter dans les mains de celle qui choisit de travailler et de sous-traiter ce qu’elle faisait. Demain, avec le transfert de la charge de la dépendance vers les familles, ne verra-t-on pas ce travail féminin devenir davantage un luxe, et ne sera-t-il pas de plus en plus coûteux à perpétuer ? est-ce que la financiarisation des taches domestiques ne va pas atteindre sa limite et buter sur la baisse des rémunérations du travail salarié. Aura-t-on encore les moyens de libérer les femmes de ce travail ancestral ? ce n’est pas une question passéiste, chaque fois que l’on nous a servi un modèle de pays à faible chômage, comme la Hollande, l’Allemagne, un regard plus poussé a montré que c’était par l’élimination du travail féminin que l’on était parvenu à ce résultat? En France, la possibilité du travail féminin serait à l’origine de la forte natalité, mais cette émancipation correspond aussi à un taux de divorce élevé, est-ce que le mariage est encore un marché équilibré et attractif ? on peut dire qu’il correspond davantage à un idéal théorique, mais est-ce qu’un idéal théorique, plus juste dans l’absolu est plus facile à vivre ?
La hausse de l’immobilier rend l’économie moins performante
Au détour d’un article, on découvre que la modération du prix du logement en Allemagne pourrait être une des raisons de son dynamisme économique. On le remarque avec les villes chères, comme Nice, où personne ne veut aller pour cette raison, et qui ont du mal à recruter les fonctionnaires et employés dont elles auraient besoin. De même, l’accès à la propriété freine les possibilités de mobilité, ne serait-ce qu’en région parisienne. Une fois propriétaire, il est plus difficile de déménager, et de perdre à nouveau les frais d’installation investis. Les débuts dans la vie sont difficiles non seulement en raison du travail, mais aussi des difficultés à trouver un logement décent, et pas trop éloigné du lieu de travail. Un logement meilleur marché dynamiserait la société.







