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Archiver dans la catégorie ‘urbanisme

beaubourg, les mangas et Nikki de Saint-Phalle

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Beaubourg présente les choses les plus hétéroclites, du spectacle et de la fresque de rue, à l’expo branchée sur le japon, ainsi que la fameuse fontaine conçue par Nikki de Saint-Phalle.

Rédigé par Le blog de Jean Trito

4 mars 2012 à 07:47

Les portillons à Argenteuil, un véritable mur d’Israel ?

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C’est curieux, mais nous sommes parfois plusieurs à avoir la même idée en même temps. Pas toujours très nombreux, mais le net permet de repérer d’autres analyses qui confluent avec la nôtre. J’ai été frappé par l’installation de portillons pour le train de banlieue à la gare principale d’Argenteuil, qui non seulement coupent la ville en deux, mais constituent une forme de bio-pouvoir sélectif exercé sur les habitants du lieu. Ainsi l’auteur de cet époustouflant article, qui dit beaucoup mieux que je ne le ferais moi-même, ce qu’est ce dispositif, constate que selon le niveau de richesse des habitants, le dispositif est plus ou moins filtrant. A l’extrême, on peut se retrouver dans une situation où l’on ne peut plus sortir de la gare si l’on a perdu son billet.

“Je reviens à mes portillons automatiques.
J’avais déjà évoqué leur brutalité, j’avais raconté comment ils menaçaient de couper la ville d’Argenteuil en deux, et enfin, comment leur implantation dans ma ville avait totalement modifié le rapport des usagers à leur gare. J’ai aussi évoqué tous ces sujets dans un article paru le mois dernier dans le Monde Diplomatique1. Mais il y a du neuf. Je découvre que les portillons-automates peuvent être réglés différemment selon le niveau social des gens dont ils régulent le flux.”

Jean-Noël Lafargue est journaliste au Monde diplomatique, et il sait analyser cette situation où nous nous retrouvons face à des machines agressives, instruments d’un biopouvoir.

Ces portillons portent en eux un vrai concept de gestion de la population, et semblent ainsi préserver l’accès à la capitale, ou à d’autres villes de banlieue comme un véritable mur d’Israël, destiné à contenir certaines populations. Cela doit être efficace, et doit mettre fin à cette tolérance que les jeunes désargentés de la ville accédaient facilement à l’hypercentre le week-end, ou le soir. On pourra dire qu’il ne s’agit que d’un instrument technique, destiné à lutter contre la fraude, mais ne retrouve-t-on pas des problématiques dignes du téléchargement, et de son contrôle, que la répression y semble bien pire que le mal que l’on soigne ?

Je note aussi que les commentaires qui suivent cet article sont intéressants et non affligeants, comme sur trop d’articles.

“Il est clair comme le montre Mike Davis dans ce formidable essai que l’urbanisme est au coeur des enjeux démocratiques contemporains. Et ceci pour tout l’Occident. Sachant que la tendance lourde est la gentrification du centre ville, voir sa « muséification » (Rome, Paris, Londres et la mise en parcelle de l’habitat, organisé sur la séparation des classes sociales. Alors que le prolétatariat a disparu comme classe sociale organisé, atomisé par les promesses de la consommation et les nouvelles organisations du travail. On constitue un tissus urbain éparse et sociologiquement filtré. La mixité sociale disparaissant, la possibilité de la démocratie s’efface au profit de la dictature des logiques technocratiques. C’est amusant Hebert Marcuse l’avait décrit, Jurgen Habermas en a étudié les logiques, Fredric Jameson et Mike Davis on prolongé et actualisé l’analyse. JG Ballard en a fait des récits. Et rien ne se fait. Comme si cette fragmentation du corps social était inéductable et qu’Euro Disney reste le modèle à venir. Aucun politique n’ose s’aventurer dans l’urbanisme, probablement que le sujet reste trop compliqué, ou que toute décision est bien trop dangereuse pour un avenir électoral favorable. Notre débat est né à partir des difficultés du transport francilien, s’intéressant aux limites, frontières et inéquités… Tout cela est de la violence sociale et cela oblitère toute énergie sincérement démocratique. Et je ne crois pas que cela puisse s’arranger à court terme. Les pouvoirs locaux sont trop isolés et les villes les plus pauvres sont abandonnés à leurs sorts.”

Rédigé par Le blog de Jean Trito

25 février 2012 à 15:00

Argenteuil, la polémique de la place Jean Eurieult

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Le centre ancien d’Argenteuil est en pleine restauration. Ainsi, le parvis de la basilique Saint-Denis, qui conserve la tunique du Christ, est en chantier. Une polémique est née concernant l’abattage des arbres, qui vont pourtant être remplacés par de jeunes pousses.

Tout argument est bon en politique, même de jouer sur le syndrome d’Idefix, sur l’affectif, mais la gestion ne peut s’arrêter aux idées d’Idefix. Il me semble qu’il suffisait de consulter le projet pour savoir que ces arbres allaient être abattus, on ressert froid ce que l’on n’a pas vu chaud en quelque sorte.

Rédigé par Le blog de Jean Trito

11 février 2012 à 12:55

Le grand projet de la ville d’Argenteuil pour son coeur historique

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La mairie organise de loin en loin une visite guidée présentant ses projets. On se rend compte qu’il serait dommage de consacrer du temps à s’informer sur le reste du monde et ne pas savoir ce qui se trame à sa porte. J’ai donc visité l’exposition consacrée aux trésors archéologiques trouvés lors des fouilles de l’abbaye qui abrita jadis Héloïse.

La ville veut remplacer un parking situé rue Laugier (un ancien graveur qui laissa son nom) en une résidence écologique. Il y eut les inévitables qui sont intervenus pour s’inquiéter de leur voiture, où la garer, comment rouler dans ces rues étroites. On leur fit comprendre bien vite que la voiture urbaine avait fait long feu, et que l’on ne pouvait plus réserver autant d’espace public et à profusion à la voiture individuelle. C’est courageux de répondre ainsi, je connais trop de mecs qui ne parlent que de leur voiture, qui est au centre de leur vie manifestement.

Pour le coeur historique, autour de la basilique où la devise républicaine s’affiche au-dessus des statues d’Abélard et Héloïse, il est prévu de refaire le parvis, l’éclairage, de virer le parking qui jure avec le site et d’améliorer l’éclairage.

L’abbaye devrait être enfin accessible au public, une passerelle permettra de surplomber le jardin, la chapelle Saint-Jean sera mise en valeur et le coin fortement piétonisé, la circulation réduite, ce qui est contradictoire avec l’affluence liée au marché, à moins que l’on préserve le coin. La voiture n’est pas en odeur de sainteté, il s’agit d’en réduire la prégnance, elle ne correspond plus au souhait de réhumaniser, d’embellir nos centres-villes. La voiture et la ville de l’avenir, plus agréable, sont incompatibles. Il y a d’une part le poids des thèmes écologiques, et d’autre part la prise de conscience d’une génération pour qui elle représente de plus en plus une nuisance, et une casse des relations sociales, comme la télévision.

La ville va donc mettre en valeur ce qui est irremplaçable, le patrimoine, les racines urbaines. C’est aussi ma conception des choses, il est important de pouvoir se promener dans sa ville, d’y conserver des espaces de beauté, et de détente, des endroits où l’on peut s’arrêter, lire, regarder.

Près de la cave dimière, un restaurant de cuisine française va ouvrir, afin de permettre aux gens “d’aller au restaurant après le spectacle”, sauf que le cinéma, le figuier blanc, est quasiment vide. Il affiche plutôt du cinéma d’auteur, et ne propose pas de séance à 22 heures. On entend les commerçants alentour dénoncer l’ouverture d’une boutique qui ne sera pas halal, et se demandent qui donc pourra bien aller y manger.

Il ne faudrait pas que tous ces travaux aboutissent à une ville potemkine, loin de ses habitants, conforme à un idéal de population un peu bobo, mais qui ne viendrait pas l’habiter au final. J’ai lu les objectifs du maire, il souhaite recueillir et attirer des familles chassées de Paris, par le prix de l’immobilier, mais des classes moyennes, qui pourraient tirer la ville vers le haut, et apporter des demandes en termes culturels. Autour de moi j’entendais les gens se plaindre des kebabs, et autres magasins de bas de gamme. Il y a aussi que la ville manque du pouvoir d’achat qui permettrait aux commerces d’un meilleur niveau de devenir rentables. C’est un peu la version de gauche du slogan de l’ancien maire, Georges Mothron, “A Argenteuil, il faut un métissage mais par le haut”.

Aujourd’hui, j’ai aussi admiré le salon du modélisme, que de patience ont ces amateurs pour reconstituer ces bateaux, ces scènes de chantier, ou des machines agricoles à vapeur anciennes.

Réinventer une ville vivable, malgré les temps de transport qui s’accroissent

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Il est devenu pratiquement impossible d’habiter Paris, quelque soit le revenu. L’accès à la propriété est valorisé, ce qui permet de positiver l’éloignement de l’adresse et du lieu de travail, car cet accès se fait avec un surcroit de transport quotidien. Notre vrai problème est celui de l’étalement urbain, entre des barres de béton, et des lotissements sans vie.

Il faut réinventer la ville, ne pas croire que l’on va augmenter la population de Paris en construisant des tours, et en conservant le périphérique. Non, il faut désenclaver la ville de son anneau gastrique, et concevoir de la ville plus dense mais avec des parcs. Je ne peux pas croire que l’on vive vraiment bien dans une banlieue pavillonnaire, où il faut prendre sa voiture pour aller acheter le pain. D’une certaine manière, le centre d’Argenteuil tente cette expérience, en se densifiant en commerces d’une vraie utilité, et en envisageant de restituer à Monet ses paysages de bord de Seine, dans un projet qui tarde à se concrétiser. Les 35 heures ne sont plus une conquête sociale, mais une obligation compte tenu du temps passé dans les transports.

Rédigé par Le blog de Jean Trito

13 octobre 2011 à 20:50

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