Archiver dans la catégorie ‘sciences’
Richard Dawkins, digne successeur de Stephen Jay Gould
Richard Dawkins est le digne successeur de Stephen Jay Gould, la même passion l’habite pour expliquer l’évolution, et la même admiration pour Charles Darwin. C’est vraiment un grand livre pour les passionnés d’histoire naturelle et de biologie. Comme Gould, il nous montre les bricolages entrainés par une évolution progressive qui n’est pas revenue à la table de travail de l’ingénieur pour tout revoir, et donc sans dessein intelligent, comme ce nerf du cou de la girafe qui décrit un trajet tarabiscoté au fur et à mesure de l’allongement du cou. On apprend des tas d’histoires, comme celle de ce russe exilé par Lyssenko, et qui en sélectionnant les renards avec la plus faible distance de fuite, est parvenu en quelques décennies à produire un renard complétement apprivoisé, et qui avait aussi changé d’aspect physique. Aussi sensible que Gould à l’embryologie, il nous montre que l’on peut reconstituer tous les cranes d’anthropoïdes, en en déformant les proportions, et que l’évolution joue d’abord sur le développement embryonnaire. La seule différence réside dans le rapport avec le religieux, Gould considérait qu’il ne savait pas, lui s’attache davantage à détruire l’hypothèse de Dieu, mais beaucoup moins dans ce livre, comme un assagi.
Ossements de dinosaures à vendre chez Sotheby
Je croyais que les fossiles étaient un bien public inaliénable, mais l’institut de paléontologie humaine fondé par le prince Rainier de Monaco expose ce qui va être vendu chez Sotheby bientôt, des ossements rares.
un zeppelin mesure la radioactivité au-dessus de Paris
Paris mesure sa radioactivité en raison de l’explosion des centrales nucléaires japonaises, suite au tsunami. Une cartographie de la radioactivité sur la capitale est dressée, afin d’en mesurer l’évolution.
Jared Diamond et l’effondrement des sociétés
on peut sous-titrer la conférence dans la langue souhaitée. Une conclusion forte : l’effondrement d’une société suit de peu son pic de richesse, une des causes en est le conflit d’intérêt entre des élites qui raisonnent à court terme, et savent se protéger des conséquences de leurs décisions. Le “monde diplomatique” a ouvert un débat sur ce livre.
Notre vie vue par le darwinisme
Un petit livre idéal pour le métro et les voyages pendulaires quotidiens, qui vous distraira. J’y ai appris que les esquimaux n’avaient pas de myopes, parce qu’ils ne mangeaient pas de sucre, lequel joue défavorablement sur la croissance de l’œil. L’approche génétique nous permet de comprendre combien profonde est l’empreinte de notre nourriture sur notre physique, et combien il est difficile d’en changer. Il y a eu une coévolution des européens du nord avec l’élevage laitier, mais cette adaptation, cette capacité à supporter le lactose du lait est en train de se perdre, et l’on voit de plus en plus d’européens allergiques au lait. Comment le jaune de l’œuf est-il protégé des bactéries, que l’on retrouve sur la coquille ? par le blanc, lequel est très pauvre en fer, ce qui empêche les bactéries de s’y développer, et constitue une barrière. Ainsi, de la même façon, une femme enceinte immunodéprimée légèrement pour ne pas rejeter le fœtus voit son taux de fer dans le sang baisser, ce qui ainsi la protège. Lui donner du fer peut être dangereux. On a ainsi trouvé des peuplades d’Afrique au sang pauvre en fer, comme une protection contre les parasites. Le lait maternel contient du fer très protégé de l’extérieur parce qu’enrobé, mais assimilable par l’enfant. Un bébé ne connaît ainsi pas de carence en fer. La vache doit nourrir un veau qui a besoin de se faire des muscles, le bébé humain a besoin d’un lait très gras, parce que c’est son cerveau qui doit se développer. Ce sont ainsi de nombreuses annotations, aussi simples que surprenantes dont ce livre est émaillé.
Le présent de la science -fiction
L’art de la science-fiction, c’est imaginer les changements psychologiques et sociaux induits par la technique. On voit ainsi surgir du passé des auteurs qui avaient anticipé un autre monde, qui de futuriste à leur époque, devient de plus en plus notre présent. C’est ce cadre d’une société de surveillance, vue par Orwell, qui devient notre quotidien. Cette surveillance ne se réduit pas à traquer la délinquance, mais beaucoup plus l’homme ordinaire qui commettrait une faute contre la pensée conforme. De même, Silverberg envisage la solitude incommensurable de l’homme dans le labyrinthe, qui est désormais possible dans notre monde qui se déshumanise. Ces dystopies sont devenues réelles.
John Gribbin, le chaos, la complexité et l’émergence de la vie
Je suis toujours émerveillé lorsqu’un scientifique parvient à nous faire entrevoir des choses insondables. Le fil conducteur du livre, c’est que les systèmes complexes, qu’ils soient cosmogoniques, économiques, biologiques respectent les mêmes règles mathématiques. Leur complexité croit en fonction d’une loi de puissance, et l’on peut mathématiser certaines phases de ces systèmes pour montrer qu’un phénomène correspond à un état théorique. Par exemple, le nombre de cellules différenciées est lié à l’importance de l’ADN d’une espère, et chacune de ces spécialisations correspond à une phase d’équilibre théoriquement prouvée. Il nous montre aussi “l’effet papillon”, où l’évolution d’un système est lié aux conditions initiales, des différences minimes entrainant de grosses différences au final. Ce qui est passionnant, c’est cette sorte d’unification vertigineuse du savoir que nous propose John Gribbin, qui va jusqu’à l’explication de la différence de la taille des zébrures selon les espèces de zébre. Je ne résume pas les livres sur mon blog, je laisse juste quelques annotations, et mes impressions personnelles, mais vous voyez que le contenu de ce livre est impressionnant et accessible.
Le cygne noir de Nassim Nicholas Taleb
Ces deux livres nous racontent la même chose, mais différemment, à savoir que la plupart des prévisions utilisent un modèle de courbe de Gauss -en cloche-alors que la réalité peut nous montrer des exemples extrêmes. Dans son style érudit, Taleb nous raconte une série d’anecdotes, dont beaucoup concernent des penseurs français méconnus, ou antiques. Il nous montre que les experts dans certains domaines n’ont aucune capacité de prévision d’un futur infiniment complexe, de même les historiens ne peuvent expliquer le passé par des causalités. Cet un livre distrayant sans mathématiques. L’ouvrage de Zajdenweber est plus dense et explique en un minimum de pages cette situation des extrêmes, où le gagnant concentre tous les gains, comme en matière pétrolière, de cinéma ou d’édition. Certains métiers ont un revenu non scalable, mais présentent peu de surprises, comme le comptable ou le médecin, d’autres sont scalables, sans limites vers le haut, mais la plupart de leurs membres ont un autre métier alimentaire. Ce sont des livres sur l’impossibilité de planifier le futur, ce que Hayek disait de la planification, impossible selon lui, et plus confiant en la multitude des ajustements individuels. Taleb préconise une méthode par tâtonnements, sans approche “platonicienne” théorique. Notre tendance naturelle est de juger, de prévoir, suspendre cette tendance demande un effort certain. Il montre que l’on ne prévoit pas plus en travaillant plus, ni en disposant de plus d’informations. Il a renoncé à la télévision à la lecture des blogs et à celle des journaux, pour dégager un temps supplémentaire pour la lecture, seule à même de lui permettre de mieux réfléchir à sa recherche.

Je n’ai pas pu trouver de video de lui en français, mais cela semble spectaculaire quand il passe à la télé.
Julien Gracq et Jules Verne
On pourrait s'étonner que Julien Gracq présente un tel plaidoyer en faveur de Jules Verne, ce mal-aimé. Il considère que l'ampleur de son œuvre est aussi grande que celle de Balzac, même s'il reconnait une plus grande valeur littéraire à ce dernier. Jules Verne a été le rêve de son enfance un visionnaire du futur, avec un grand sens du conservatisme social, et une vision victorienne de la société. Il considère que celui-ci était dépassé par son époque lorsque les voitures ont commencé à rouler à 100kms/heure, et qu'il ne pouvait plus écrire alors que la réalité dépassait sa fiction. Il nous restitue son émotion d'enfant lorsqu'il acquit un boomerang décrit dans l'un des romans, et sa déception lorsqu'il ne put le faire revenir vers lui. Il nous raconte aussi qu'à 78 ans, il acheta un autre boomerang, celui-ci profilé par des essais en soufflerie, et après tant d'années, il réussit à faire revenir vers lui cet instrument parfait. Un vieux désir d'enfant était enfin comblé. Je me souviens de M. M, qui nous disait que Jules Verne écrivait comme un pied. Pourtant, pour Julien Gracq, des années après, il lui trouvait toujours un charme extraordinaire, et une ampleur inégalée. Ce sont les plus grands écrivains qui conservent le moins de préjugés : il nous explique aussi le choc que fut pour lui "le seigneur des anneaux " un grand roman, une des meilleurs surprises des dernières années (il a été écrit par Tolkien dans les années 50). De la littérature actuelle, rien ne lui semble émerger par contre. .
Les dinosaures au grand palais (palais de la découverte)
Je ne sais ce que fera le gouvernement du palais de la découverte, mais c'est un merveilleux endroit pour initier les enfants à la science. A Saint-Etienne, le planétarium revient 20 €/visiteur à la ville, et le musée des arts et métiers, 30€/visiteur. La culture a vraiment un coût.








