Archiver dans la catégorie ‘armée’
Boris Vian et Joan Baez à tous les enfants
Je n’avais jamais réussi à trouver une video de cette chanson extraordinaire, et tellement d’actualité avec la guerre d’Irak.
La biographie de Clemenceau de Michel Winock
Une biographie est un moyen de découvrir une époque à travers un personnage qui la traverse. La collection Perrin Tempus offre des livres de grande qualité en matière d’histoire, à un prix très modique. Le regard noir de Clemenceau vous accroche dès la couverture, du haut de ses 29 ans. C’est l’époque où il est le maire de Montmartre, durant la commune de Paris.
C’est un homme belliqueux, qui recourt au duel pour régler ses différends. Je n’ai lu encore qu’un tiers du livre, mais déjà j’ai été plongé dans des épisodes épiques et importants de l’histoire. Son affrontement avec Gambetta qu’il juge trop modéré, puis avec Ferry dont il critique l’intervention au Tonkin, et la politique de colonisation, qu’il attaque pour des raisons économiques, et de civilisation, ne partageant pas l’analyse sur la différence des races, que, déjà, les allemands pratiquent avec les français. On voit comment il soutient d’abord le général Boulanger, avant de le dénoncer, et son intervention pour empêcher Jules Ferry de devenir président de la république, en poussant la candidature de Sadi Carnot.
Il reproche à Jules Ferry sa modération réaliste vis-à-vis des catholiques, même si le pays n’est pas encore mur pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On apprend aussi qu’il fit un long voyage aux Etats-Unis, à l’instar de Tocqueville, d’où il ramena sa femme.
Ce n’est que bien plus tard, à 76 ans qu’il prendra le pouvoir, mais cette traversée de la fin du 19ème siècle est passionnante et érudite. L’art de Michel Winock est de nous faire connaitre de l’intérieur ces grands débats qui ont coupé leur temps en deux, et qui constituent le soubassement de questions politiques actuelles.
le château de Vincennes, un imposant édifice médiéval
L’entrée n’est pas donnée (8 €), mais c’est le plus imposant site médiéval que l’on puisse visiter. Il fait partie de ces sites historiques peu visités, mais importants.
Carnage et culture de Victor Davis Hanson
Hanson est sans doute proche des “néo-conservateurs”, sa thèse est que l’occident a toujours eu une supériorité létale dans le combat, parce qu’il allait au contact, à l’affrontement avec une volonté de carnage, et parce que ses combattants n’étaient pas que des mercenaires, mais des gens possédant aussi leur libre arbitre, présents au combat pour défendre leurs intérêts, et pas seulement pour le compte d’un dirigeant. Il explique notamment que l’on discutait davantage les décisions du côté occidental, qu’il a toujours existe une forme de démocratie même dans l’armée. Mes renvois montrent que cette thèse est discutée, critiquée, mais l’intérêt principal de ce livre est de nous plonger de manière fascinante dans des époques lointaines, notamment antiques, ou lors de la conquête des aztèques par Cotez avec une précision et une foule d’éléments que l’on a l’impression de découvrir avec lui, et dont on a le sentiment qu’ils ne nous ont jamais été dit auparavant. C’est cette narration au coeur de la bataille, et dans un monde oublié qui fait l’intérêt du livre. Je me replonge ainsi parfois dans des ouvrages portant sur des périodes lointaines, parce qu’ils constituent un très grand dépaysement, loin des polémiques actuelles.
Le dernier rivage
Je me retourne parfois vers la science-fiction du passé, bien sur les effets spéciaux sont moins impressionnants, la psychologie des héroïnes souvent un peu nunuche, mais c’est une intéressante vision quand même. J’avais vu le début de ce film, incompréhensible pour moi à la fin des années 60, et le titre m’avait marqué, tellement plus beau que dans l’original -on the beach. La surprise c’est que c’est un film qui conserve une grande puissance, parce que le casting est exceptionnel : Gregory Peck, Ava Gardner, Anthony Perkins, Fred Astaire et parce qu’il n’y a pas d’effet spéciaux. L’hémisphère nord a été détruit par une guerre nucléaire, et les survivants réfugiés en Australie se demandent à quel moment les retombées radioactives vont les atteindre. C’est un film oppressant, dans lequel l’espoir s’éteint, et où ne resteront que les bonheurs que les uns et les autres grappilleront. C’est un film sur la vie, ténue, quotidienne, dont la grandeur tient aux convictions, et à ce que l’on partage, que l’on arrache à la mort qui vient. Il a été jugé extrêmement défaitiste à son époque, et je m’étonne qu’il soit si peu connu, si peu cité. faut-il une réhabilitation, un nouveau bouche à oreille pour que l’on se penche sur ce trésor pour cinéphiles ?
Paris, les invalides
Les invalides méritent la visite. On est impressionné par leur monumentalité, leurs longs corridors, la chapelle austère aux fanions, et les jardins qui les entourent. Un voyage au temps de Napoléon, dont on imagine encore les pas des soldats résonner dans les cours.
Je n’ai pu trouver le tombeau de Liautey avec ses inscriptions en arabe, mais j’ai découvert cet étonnant christ émacié d’après Hans Holbein le jeune.
L’église est sobre, les drapeaux pris à l’ennemi rappellent la vocation militaire, et les orgues sont d’une grande pureté.
La video de Ben Laden, comme dans un roman de Don Delillo ?
Dans un livre de Don DeLillo, “chien galeux” je crois, tout le monde est à la recherche d’une video, la dernière de Hitler dans son bunker. A la fin du livre, on découvre qu’il s’agit d’un film où Hitler imite Charlie Chaplin l’imitant lui-même dans le dictateur. Il est des fois où la réalité rejoint la fiction.
Pour un peu, on nous aurait diffusé une video de Ben Laden se regardant à travers les guignols de Canal plus.
L’amérique des néo-conservateurs, un nouveau messianisme
Tout n’est pas massif et bien connu des néo-conservateurs américains. Les auteurs Alain Frachon et Daniel Vernet auraient écrit le livre le plus équilibré sur le sujet selon Fukuyama. Les auteurs nous présentent les républicains dont nous avons une vue caricaturale, en nous montrant tout l’arc-en-ciel de leurs opinions. Les néo-conservateurs y sont presque marginaux, ils se distinguent par leur vision universaliste, ouverte, et non isolationniste. Ce sont en fait des intellectuels, parfois venus de la gauche, inspirés par Léo Strauss, et qui rêvent de remodeler le monde. Pour eux, l’Amérique est Athènes de la guerre du Péloponnèse, elle a une mission, et doit remodeler le reste du monde, en apportant la démocratie, y compris chez leurs alliés des pays arabes. La puissance ne peut rester discrète, elle doit d’abord servir. Ils asquirent de l’influence après le 11 septembre, parce qu’ils étaient les seuls à apporter une interprétation de l’évènement, qu’elle soit juste ou fausse. Il est frappant de voir leur analyse de Pearl Harbor, et la nécessite de prévoir l’improbable, ne pas considérer qu’il ne peut survenir. C’est grâce à ce travail historique sur la question de Pearl Harbor qu’ils furent en mesure de présenter une théorie en temps et en heure. Leur objectif d’aller plus loin en Irak, leur reproche à Georges Bush de ne pas être allé au bout en 1991, guidait leur pensée. Ce sont ces raisons intellectuelles, idéalistes, rigides et naïves qui les ont conduit à mener l’Amérique au désastre en Irak. Ils n’avaient aucune vision concrète de l’état du pays, imaginaient qu’ils suffisait de couper une mauvaise tête, pour qu’une administration remarquable puisse prendre le relais, alors que le pays était en ruine après la guerre du Golfe et l’embargo. C’est l’histoire de ce mouvement, et de ses membres que l’on découvre à travers ce livre, aux antipodes de celle que l’on imagine.
le jour où la France dit non à la guerre
Je n’ai pas trouvé beaucoup d’éléments sur l’histoire, vieille de 7 ans, du non de la France et de l’Allemagne à l’accompagnement de la guerre d’Irak. D’une part nous étions logiques avec nous-mêmes, puisque l’ONU n’avait pas validé cette guerre au contraire de 1991, et nous n’y avions pas d’intérêt. Quand on lit ce qu’a écrit Naomi Klein, on voit à quoi on a échappé. D’une certaine manière l’europe politique a cessé d’exister ce jour-là, car cela a mis en évidence qu’il n’existait que deux vrais états en Europe, d’une taille critique leur permettant de dire non, les autres étaient des états-croupions. Les USA voulaient nous imposer le rattachement de la Turquie, qui est une question européenne, et la participation à une opération critiquable. Je ne parviens pas à trouver un récit des évènements, de savoir si la France a entraine l’Allemagne ou l’inverse, et ma mémoire n’est pas claire sur ce point. On a comparé cette attitude avec Munich 1938, mais elle lui est antinomique. Je crois que c’est un des grands évènements de notre histoire après-coup. Je vois quelqu’un comme Romain Goupil expliquer qu’il a soutenu cette action parce qu’il ne pensait pas que cela se terminerait ainsi. Je ne suis pas convaincu de sa sincérité, ce que nous savons des guerres coloniales et de la guerre d’Algérie nous a bien montré qu’il ne pouvait s’agir d’une promenade de santé, et que nous ne pourrions dominer et occuper ce pays.
L’étrange discours de Rumsfeld du 10 septembre 2001
Naomi Klein cite cet étrange discours de Rumsfeld du 10 septembre 2001, dont la signification peut être diversement interprétée :
« The topic today is an adversary that poses a threat, a serious threat, to the security of the United States of America. This adversary is one of the world’s last bastions of central planning. It governs by dictating five-year plans. From a single capital, it attempts to impose its demands across time zones, continents, oceans and beyond. With brutal consistency, it stifles free thought and crushes new ideas. It disrupts the defense of the United States and places the lives of men and women in uniform at risk. » Perhaps this adversary sounds like the former Soviet Union, but that enemy is gone: our foes are more subtle and implacable today. You may think I’m describing one of the last decrepit dictators of the world. But their day, too, is almost past, and they cannot match the strength and size of this adversary. » The adversary’s closer to home. It’s the Pentagon bureaucracy. Not the people, but the processes. Not the civilians, but the systems. Not the men and women in uniform, but the uniformity of thought and action that we too often impose on them. » In this building, despite this era of scarce resources taxed by mounting threats, money disappears into duplicative duties and bloated bureaucracy—not because of greed, but gridlock. Innovation is stifled—not by ill intent but by institutional inertia. »
Savait-il que quelque chose allait se passer ? ou n’était-ce qu’un discours réformateur ordinaire ?
Naomi Klein explique que l’on voulait faire des services publics des coquilles vides, où tout serait transféré au privé, rendant ainsi les guerres juteuses pour certains.
Pour elle, la chûte du mur en 1989 a permis la libération du système. Dans les années 70, on parlait d’un rapprochement des systèmes capitalistes et communistes, ce qui a donné la social-démocratie. Après 89, on est allé vers un système cupide à l’échelle de la planète.
Pourquoi n’y a-t-il pas eu de plan Marshall en faveur de la Russie : parce que le plan Marshall avait été mis en place contre elle, elle ne pouvait donc en bénéficier pour cette raison.











