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Pourquoi on peut écrire n’importe quoi sur l’agriculture ?
Je suis parti de cet article sur “l’Etat low-cost” qui a attiré mon attention par son n’importquoitisme. Il vante notamment le système de vente de billets de tgv par internet, avec lequel j’ai eu d’amères désillusions.
Je cite cette phrase qui semble d’ailleurs constituer le seul argument que l’auteur ait trouvé :
‘Un seul exemple suffira à montrer qu’il faut tailler dans le mammouth. Il y a une génération, la France comptait plus d’un million d’agriculteurs. Il en reste aujourd’hui la moitié. Pourtant, les effectifs du ministère de l’Agriculture et ceux des DDA (direction départementale de l’agriculture) n’ont pratiquement pas varié! ‘
L’avantage des lieux communs et des idées fausses, c’est qu’elles dispensent de penser, et qu’elles permettent un effet de manche de l’auteur qui ne sait même pas de quoi il parle. Si le ministère de l’agriculture continue de porter ce nom, c’est essentiellement pour des raisons politiques, et pour le symbole. Il y a belle lurette que le mythe d’un ministère censé rassembler toutes les fonctions d’Etat pour une population a disparu. En fait, sur 30 000 agents, plus de 15 000 sont dans l’enseignement agricole, 5000 traient de l’alimentation et de la qualité sanitaire, 3000 sont dans le supérieur (grandes écoles d’agronomie), et le reste traitent de questions d’environnement, d’aménagement, de ruralité, d’affaires sociales. Le nombre d’agriculteurs n’est pas un mesureur de l’activité. Je m’étonne toujours que l’on puisse écrire de telles âneries sans au moins se renseigner avant, et savoir au moins de quoi l’on parle, surtout que c’est le seul argument qu’il a trouvé. Comment les journaux peuvent-ils éditer de tels articles, où il n’y a pas un fait qui tienne debout ? Autre détail : les DDA n’existent plus, la RGPP les a supprimées en les fusionnant avec les DDE. Cela me fait penser à tous ces gens qui devant l’enneigement demandaient que fait la DDE : réponse, rien, ses missions ont été en partie décentralisées, elle n’est plus chargée du sujet.
Et quand notre grand homme parle d’agriculture, voici ce que cela donne.

L’agriculture est à la fois un lieu commun dont tout le monde se permet de parler, et un étalage facile de francité, d’”authenticité”, de retour aux racines et de bon sens, sauf que ce n’est pas cela du tout.
Les candidats se bousculent au salon, pour recueillir un miel qu’ils n’ont pas transpiré.
Comment Sarko a vu l’agriculture
Le prix de l’immobilier en baisse à Argenteuil
Ce matin, promenade du samedi dans Argenteuil, où je prends le pouls de la ville. Je jette un oeil distrait aux vitrines des très nombreuses agences immobilières de la ville, et je me rends compte tout de suite que les prix, notamment pour les maisons individuelles, ont baissé de près de 50 000 €. Les appartements curieusement restent chers, comme si la crise avait touché davantage les pavillons, source d’un plus fort endettement, et d’un surcroit de coûts de transport pour leurs habitants. L’économie nous enseigne dans sa première règle que la courbe de l’offre et de la demande se croisent au niveau du prix ; on a l’impression qu’il n’en est pas ainsi en matière d’immobilier, où la courbe de l’offre ne rencontre plus de demande, mais où l’affichage des prix n’en tirerait pas les conséquences.
Le malaise de la région parisienne, c’est qu’il est bien difficile d’y avoir une unité de vie, on travaille à une heure ou plus du premier logement dont le prix nous est accessible, ce qui éparpille la vie sur un territoire trop important. Socialement, on ne correspond pas à l’endroit qu’on habite, on n’y est rattaché que par les enfants lorsqu’ils vont à l’école, et des commerçants qui vous reconnaissent, mais on y bâtit. sur du sable, Ce n’est pas une fois adulte que l’on peut nouer des liens avec son quartier, que l’on peut y vivre véritablement alors que l’on est ailleurs de 8heures du matin à près de 20 heures, et que la fatigue nous tombe dessus le soir. Mon idéal urbain c’est une ville, pas une zone pavillonnaire, un endroit où l’on peut vivre et travailler, et ce et n’existe pas en région parisienne.J’ai le sentiment que les gens de la classe moyenne restent chez eux, ou habitent un pavillon, c’est comme si leur existence ne se manifestait guère dans la ville, et qu’on ne les aperçoit que pour certaines manifestations. La vraie ville, c’est celle avec laquelle on est en osmose, avant “la destruction du caractère”.

La chanson de Jean-Louis Murat sur les agriculteurs
Argenteuil fête les vendanges
Chaque année Argenteuil fête les vendanges sur le carré d'un hectare que la mairie a acquis pour perpétuer cette tradition.
Argenteuil, la campagne reconstituée
Chaque année, la ville d’Argenteuil organise une telle manifestation, d’installation de la campagne à la ville. Cela ne fait pas l’affaire des commerçants, qui se plaignent de la gêne qu’éprouvent leurs clients pour faire leurs emplettes.
La SACEM, HADOPI et les prix agricoles
Dans mon enfance, voici 40 ans, nous chantions sans complexe et un peu faux “adieu monsieur le professeur”, sous le regard larmoyant de l’instituteur barbu qui prenait sa retraite. Aujourd’hui, chaque école primaire qui oserait un tel acte d’insurrection lors d’une fête annuelle, verrait débouler un contrôleur de la SACEM pour verbaliser. Et pourtant nous téléchargions ces chansons par nos oreilles et les gravions sur le disque dur de nos cerveaux sans qu’HADOPI nous passe au détecteur de mensonges.
Il semble que l’on ait érigé une muraille devant nos productions culturelles et immatérielles, et que ce soit devenu un crime que de les utiliser, alors que la culture est échange, détournement, et revitalisation. Il y a une sorte de loi martiale sur les biens culturels pourtant duplicables et reproductibles à l’infini. La “communication” sur ce thème a envahi les medias, les mêmes donnant l’exemple de coupé-collé lorsqu’ils écrivent des livres qu’ils n’ont ni écrits ni même lus.
A l’opposé, la production agricole, si elle est très administrée, ne semble plus connaitre la notion de prix
On est dans un système où le producteur reçoit une rémunération inférieure au coût de sa production, et où les pouvoirs publics lui attribuent une rémunération par subvention. Comme pour le pétrole avant 1974, on a créé un marché de l’alimentaire peu coûteux pour les grandes surfaces, et dont il a permis le développement. En matière culturelle, et de CD/DVD, les prix restent abusivement élevés, de même la VOD, on maintient artificiellement un marché de type “poule aux œufs d’or” auquel les majors souhaitent ne pas renoncer.
Je m’interroge sur ce qui nous pousse à rendre plus coûteux les biens culturels, à mettre en place un système orwellien de surveillance et de répression, et à laisser les prix agricoles sous-évalués. D’autres s’interrogeront un jour sur cet état de notre société, je fais ce rapprochement qui peut sembler incongru, mais que je trouve au contraire plein de significations. Peut-être l’occident pense-t-il naïvement que son avenir est dans l’immatériel, qu’il convient de protéger (acta), et que tout le reste pourra être délocalisé, suivant en cela la logique de la globalisation financière. Mais n’y aura-t-il pas un retour du réel ?
Sans mémoire le présent se vide, de Bruno Le Maire
Bruno Le Maire sort un nouveau livre chez Gallimard.
J’avais apprécié “des hommes d’Etat”, pour son style simple et accessible, qui décrivait le période Villepin, et certains conflits sociaux (cpe, émeutes de 2005), et des conflits personnels (Sarko/Villepin, la fatigue de Chirac).
Il est un pur produit des élites françaises, un tout autre versant que Sarkozy, qu’il a pourtant rallié. Il déclare que le peuple a voté la réforme des retraites, par l’intermédiaire du Parlement,cela me semble un peu excessif, car un gouvernement doit faire ses preuves tous les jours comme le souligne Rosanvallon dans “la légitimité démocratique”. Je crois qu’à travers cette affaire des retraites sur laquelle il a du monter au filet, il a surtout apporté des gages pour sa progression de carrière en politique.
Il raconte son expérience par le haut dans son livre, je la raconte par le bas. Il revient sur la fracture de Vichy, mais pour moi elle fait partie de l’histoire, le futur n’en dépend pas. Elle correspond à une période très particulière, et on ne peut tout à fait tirer des leçons de ce passé pour affronter l’avenir.
Le salon de l’agriculture 2010
J'espère ne pas faire de peine pour ceux et celles qui en auront été privés, voici quelques images du salon de l'agriculture 2010. On y voit de magnifiques animaux, mais le clou ce sont les chevaux, qui attirent d'ailleurs le plus de monde.Bien que la période soit sombre pour l'agriculture, et que Nicolas n'a pu l'éclairer de son soleil. Mais il a promis de grandes mesures à la fin du salon.




