Le blogueur, ce corniaud
Le blogueur c’est ce corniaud qui écrit, sans légitimité, sans autorisation, sans l’appui du tout-littéraire. Il ne vient de nulle part, et si le “phénomène blog” est un marronnier, ce qu’il écrit n’intéresse personne. Personne ne l’attendait, ne le demandait, et il se fait tout seul auprès d’un public qu’il ne voit pas. Le blogueur, ce corniaud, est snobé par tous ceux qui font le même métier que lui, et il est à la rigueur accepté comme homme-sandwich, lorsqu’il peut porter une pub, améliorer le “brand” d’une marque, ou rédiger gratuitement des articles pour certains pure players, la “notoriété”, sous-entendue inespérée, étant sa seule rémunération. Comme support publicitaire, oui, mais pas au-delà.
La première caractéristique de la “création” est d’être verrouillée, on n’y accède que par certains réseaux, après un passage initiatique d’exception qui justifie la règle. Le show-bizz pourrait disparaître du jour au lendemain, qu’il serait déjà remplacé entièrement dès le lendemain. Sa présence, sur la long terme, est son capital. Sa valeur n’est pas intrinsèque, il est le positionnement d’un système d’accès.
Donc le corniaud n’a pas à avoir de complexe, sa place est tout aussi méritée que celle de n’importe qui, même si le net lui donne une chance qui n’existait pas voici dix ans. C’est le media qui crée l’artiste en somme.



