Triton95's Blog

un regard sur le monde

Qu’est devenu le “Made in France” ?

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L’avantage d’être vieux, c’est que l’on a du recul. Je me souviens que, dans mon enfance, on trouvait encore des produits “Made in France”. Aujourd’hui, je les cherche, dans le meilleur des cas, on a l’indication d’un importateur français, mais pas de lieu de fabrication.

Il m’arrive de me poser la question, mais que fabrique-t-on encore en France ? Se pourrait-il que l’on achète tout à l’étranger, où les salaires sont beaucoup plus faibles, et que notre augmentation de pouvoir d’achat soit liée au fait de ne plus travailler directement. Il se peut aussi que l’on sous-estime la part des importations en raison de leur faible valeur monétaire. Les rétablir à leur valeur en euros, en traduisant les coûts de production en leur équivalent français nous montrerait peut-être l’importance que ces importations représentent et que l’on ne perçoit pas en raison de cet artifice monétaire. Pour Emmanuel Todd, le libre-échange n’est plus porté que par les élites qui en sont les seuls bénéficiaires, et les fonctionnaires qui n’en subissent pas les dommages.  La théorie des échanges comparatifs ne fonctionne qu’avec des pays européens de même niveau, pas avec la Chine. Le phénomène est d’un autre ordre, il rappelle que de nombreux économistes dont Bairoch ont montré que le libre-échange appauvrissait, et qu’il fallait du protectionnisme pour se développer (c’est le sujet de l’illusion économique). Todd note que le problème se posera pour le s classes aisées, dont la descendance ne sera pas certaine de retrouver le niveau social des parents.

Suzanne Berger montre en quoi les délocalisations peuvent induire des coûts supplémentaires non pris en compte, et en quoi elles constituent souvent un phénomène de mode destiné à plaire aux actionnaires, en raison de la montée du cours des actions qu’elles provoquent artificiellement.

Naomi Klein nous explique que la plus-value occidentale est dans la production de la marque, en dépensant l’essentiel de la valeur ajoutée en publicité (des sportifs touchent des fortunes).  Ainsi une chaussure Nile produite pour 10 euros dans des ateliers misérables , et d’où toute marque est absente des frontons, seront vendus 100 euros en occident, la différence provenant des coûts publicitaires liés au matraquage du consommateur, y compris et surtout dans les quartiers pauvres.

Est-ce que ce monde dans lequel une partie du monde consomme et gaspille,  et l’autre produit est durable ? nous buterons fatalement sur les limites des ressources naturelles, notre bonheur est artificiel et provisoire.

voir aussi le blog de gamberge sur le discours d’Emmanuel Todd

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